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DOSSIER : Révolte en Syrie

Syrie : le massacre de Houla perpétré par des milices pro-régime ?


le 29 mai 2012 à 20h01 , mis à jour le 29 mai 2012 à 20h48.
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5min
Syrie : observateurs de l'Onu sur les lieux du massacre de Houla, 29/5/12 (photographie fournie par l'opposition)

Syrie : observateurs de l'Onu sur les lieux du massacre de Houla, 29/5/12 (photographie fournie par l'opposition) / Crédits : AFP PHOTO / HO / SHAAM NEWS NETWORK

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Moyen-orientUn haut responsable de l'ONU a affirmé mardi avoir de "forts soupçons" sur l'implication des miliciens à la solde d'al-Assad dans le massacre de Houla. Dans la journée, plusieurs pays, dont la France, ont décidé d'expulser les ambassadeurs syriens en poste. Le point sur la situation.

Les milices pro-régime responsables du massacre ?
C'est la thèse défendue par un haut responsable de l'Onu : le massacre perpétré à Houla,  où 108 personnes sont mortes ce week-end, dont 80 exécutées froidement selon l'Onu (voir ci-dessous), est le fait de milices proches du régime de Bachar al-Assad. Pour Le secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix Hervé Ladsous, "une partie" des 108 personnes tuées à Houla l'ont été par des éclats d'obus et, "parce qu'ils ont été tués par des armes lourdes, le gouvernement (syrien) est sans aucun doute responsable". "Seul le gouvernement syrien a l'usage de blindés, de canons et de mortiers", a-t-il souligné au cours d'une conférence de presse.

D'autres victimes ont été tuées à l'arme blanche, a-t-il ajouté, "ce qui désigne probablement les chabbiba" (miliciens pro-régime, ndlr). "Il y a de forts soupçons que les chabbiba soient impliqués dans cette tragédie à Houla et de fortes rumeurs qu'il soient impliqués dans d'autres cas" de violences en Syrie. "Je ne vois pas de raison de croire qu'une troisième partie soit impliquée" dans le massacre, a-t-il conclu. Il a cependant souligné que les observateurs de l'ONU sur place ne menaient "pas une enquête au sens formel" car ils ne disposent pas de spécialistes de médecine légale.

Expulsion des ambassadeurs
Le massacre d'Houla, est-il le massacre de trop ? Plusieurs pays occidentaux ont en tout cas agi de concert mardi en annonçant, quasiment simultanément, l'expulsion des ambassadeurs de Syrie en poste dans leur capitale.

C'est notamment le cas de la France. "C'est une décision non pas unilatérale de la France, mais concertée avec nos partenaires", a expliqué François Hollande, qui a lui-même révélé l'action. Lamia Chakkour devra donc quitter Paris au plus tard d'ici mercredi. Un peu plus tard, le chef de l'Etat a ajouté qu'il fallait "marquer le coup" après Houla.

Ecoutez la déclaration de François Hollande ci-dessous :


L'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, la Bulgarie, l'Australie et le Canada ont  pris la même mesure, dont l'objectif est clairement d'"exercer des pressions" sur Bachar al-Assad, selon le chef de l'Etat. Au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, en l'absence d'ambassadeur,  ce sont les chargés d'affaires qui ont été expulsés. D'autres pays pourraient annoncer des décisions identiques dans les heures qui viennent. Même la Suisse, pourtant généralement en retrait sur ce genre de questions, a déclaré l'ambassadeur syrien -qui est également Lamia Chakkour comme en France- "non grata".

Réunion des "amis de la Syrie" à Paris en juillet
François Hollande a également fait savoir que le groupe des pays "amis de la Syrie" se réunirait une nouvelle fois "début juillet" à Paris.

Pour Fabius, Assad est l"assassin de son peuple"
Pour sa première grande interview depuis sa prise de fonctions, le nouveau ministre des Affaires étrangères a traité dans Le Monde le président syrien d'"assassin de son peuple". "Il doit quitter le pouvoir", a-t-il lancé, en rappelant que la France est favorable à la saisine de la Cour pénale internationale (CPI). Le chef de la diplomatie estime que le massacre "épouvantable" de Houla "peut avoir comme conséquence que des pays jusque-là réticents évoluent" sur le dossier.

Ce discours virulent rejoint en partie celui de son précédecesseur, sans aller jusqu'au recours à la force, évoqué par Alain Juppé début mai.

En recevant Annan, Assad accuse les "terroristes"
Sur le terrain, le médiateur international Kofi Annan a rencontré mardi à Damas le président syrien (lire notre article >Annan rencontre Assad pour plaider la cause de la paix en Syrie), alors que selon les premiers résultats d'une enquête de l'Onu la majorité des victimes du massacre de Houla ont été "exécutées".

"J'ai besoin que le président Assad agisse maintenant, et que les autres parties fassent leur part du travail. Je l'ai appelé à prendre des mesures courageuses maintenant -pas demain, maintenant- pour créer les conditions nécessaires à la mise en oeuvre du plan de sortie de crise", a indiqué Kofi Annan lors d'une conférence de presse. De son côté, Bachar al-Assad a répondu que le plan "dépendait de la fin du terrorisme", ajoutant que les pays qui "financent, arment et abritent les terroristes" devaient eux aussi respecter le plan Annan.

La Russie veut une "enquête" impartiale sur Houla
Vivement critiquée pour son soutien au régime syrien, la Russie souhaite désormais une "enquête objective et impartiale" de l'Onu sur le massacre. Pour l'instant, les Nations unies penchent donc pour une "exécution" d'au moins 80 personnes sur les 108 tuées.

L'opposition demande une intervention militaire
Le Conseil national syrien (CNS), principale force de l'opposition politique en exeil, a appelé mardi le Conseil de sécurité de l'Onu à adopter une résolution autorisant le recours à la force. Pour autant, dans la soirée, Washington a jugé qu'une intervention militaire ne résoudrait pas la crise.

Nouvelles victimes mardi
La trêve instaurée théoriquement le 12 avril en vertu du plan Annan semble de plus en plus caduque avec 19 nouveaux morts mardi dans la répression et de violents combats entre rebelles et soldats.

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  • truth_seeker : Un véritable scénario de « mission impossible » : comment prendre le contrôle d'un pays par la force, alors que la communauté internationale, les Nations Unies en l'occurrence, ne donne pas le feu vert pour couvrir l'intervention des belligérants? Dans le cas de la Libye, le « cuisinage » de l'opinion publique et la manipulation des membres du Conseil de sécurité avaient été rapides et particulièrement efficaces par rapport à ce qui se passe en Syrie. Dans le cas de cette dernière, l'opinion publique demeure plus sceptique à l'endroit de ces apôtres « humanitaires » qui ont laissé la Libye sous des décombres et avec des dizaines de milliers de morts. Certains parlent même de plus de 120 000 morts. Ces « humanitaires» sont repartis après avoir mis la main sur les milliards de dollars du peuple syrien et s'être assuré du contrôle des richesses pétrolières. Par rapport à ces comportements peu humanitaires, la Russie et la Chine s'opposent maintenant à ce qu'une opération semblable se réalise en Syrie. Que faire alors pour se débarrasser du président Bachar Al-Assad et prendre le contrôle de la Syrie? Il y a tout de même un certain décorum à respecter de la part du prix Nobel de la paix 2009 : entamer une guerre sans l'accord du Conseil de sécurité des Nations Unies serait mal vu par l'opinion publique internationale. Par contre, faire appel à des mercenaires qui n'ont pas de permissions spéciales à demander au Conseil de sécurité devient une alternative intéressante. Il suffit de les armer, de les payer, de leur apporter un soutien technique et logistique. Pendant qu'eux feront la vie dure à Bachar Al-Assad et au peuple syrien, « les humanitaires » s'assureront que les médias répercutent leur violence et leurs crimes comme résultats des interventions de l'armée syrienne. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), mis en place à Londres par leur propre service d'intelligence, recevra les photos des victimes ensanglantées alors que des spécialistes rédigeront des textes démontrant la cruauté du régime de Bachar Al-Assad. Les grandes agences occidentales et leurs satellites régionaux n'auront plus qu'à diffuser le scandale d'autant de crimes horribles commis par le gouvernement syrien. Cette première étape de la guérilla n'a pas donné les résultats escomptés. Le référendum sur la nouvelle constitution a pu se réaliser tel que convenu et la participation a dépassé les 58 % de l'électorat syrien et elle fut acceptée avec plus de 50 % de ce même électorat. Il en fut de même pour les élections législatives du début de mois de mai. En dépit des actions terroristes, ces élections ont pu se réaliser dans le cadre de la nouvelle constitution et permettre à 9 partis politiques de faire leur entrée à l'Assemblée législative. S'ajoute le fait que la présence de groupes terroristes et de mercenaires à la solde de pays étrangers est de plus en plus évoqué par les observateurs de la mission de paix et par certains pays, dont la Russie et la Chine, opposées à une intervention militaire de pays étrangers. Même le Secrétaire général des Nations Unies qu'on ne peut accuser d'être en faveur du régime syrien a dû reconnaître qu'il y avait des groupes terroristes dans le pays et que la violence provenait de diverses sources. Le gouvernement n'en avait pas seul le monopole. Le temps était donc venu, pour les pays belligérants, de frapper un grand coup. Selon diverses sources, des affrontements ont été provoqués, entrainant la mort de sold

    Le 30/05/2012 à 18h38
  • esparta : Une intervention militaire ne resoudrait pas la crise!!

    Le 29/05/2012 à 22h27
      Nous suivre :
      Impressionnantes éruptions à la surface du soleil

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