Les rebelles syriens l'affirment : la "bataille pour la libération" de Damas est lancée. Ces dernières heures, de violents combats ont eu lieu dans la capitale syrienne, avec l'entrée en action pour la première fois des hélicoptères de l'armée. Un responsable militaire a néanmoins affirmé que l'armée "contrôlait la situation et pourchassait les terroristes réfugiés dans des appartements et des mosquées" dans Damas Depuis dimanche, les combats dans la capitale, qualifiés par l'opposition de "tournant" dans la révolte, se déroulent dans plusieurs quartiers. Des hélicoptères sont entrés mardi pour la première fois en action, mitraillant de quartiers hostiles au régime.
Les combats touchent le quartier de Midane, près du centre-ville, où, selon une source militaire, l'armée est entrée et a donné un ultimatum aux habitants de quitter les lieux avant un assaut imminent. Les soldats sont aussi entrés à Tadamoun (sud), où restent encore "quelques poches de résistance". "Le régime (d'Assad) qui s'effondre devient fou", a assuré un militant posté à Midane, se présentant sous le nom Abou Moussab. "Ils tirent sur tout et viennent de détruire la mosquée Ghazwat Badr". Dans le quartier de Qaboun (est), "où se trouvent le gros des rebelles", les "combats ont fait rage", a ajouté la source militaire, en assurant que "33 terroristes ont été tués, 15 blessés et 145 arrêtés", en référence aux rebelles, le régime se refusant à reconnaître le mouvement de contestation. D'autre part, un attentat suicide "terroriste" a visé mercredi matin le bâtiment de la Sécurité nationale à Damas, a annoncé la télévision officielle syrienne.
A Moscou où il tente de relancer son plan de paix moribond, le médiateur international Kofi Annan a estimé que la situation en Syrie avait atteint un "point critique", après que la Croix-Rouge internationale eut parlé de "guerre civile". Vladimir Poutine. a assuré en retour que la Russie, principale alliée du régime Assad, allait "tout faire" pour soutenir ses efforts en vue d'une sortie de crise. Moscou bloque toute résolution à l'ONU condamnant la répression.
La diplomatie dans l'impasse
A New York, les négociations sur le renouvellement du mandat des observateurs en Syrie sont dans l'impasse, les Occidentaux insistant pour assortir la résolution d'une menace de sanctions et Moscou menaçant d'y opposer dans ce cas son veto. Il n'y a "pas de raisons" de ne pas parvenir à un consensus sur une résolution, a néanmoins déclaré le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. A Paris, le président Hollande a appelé Moscou à agir pour aider à mettre un terme aux tueries quotidiennes "insupportables" et intolérables". "Les Russes doivent comprendre qu'ils ne peuvent pas être regardés comme les seuls ou presque à empêcher la recherche d'une solution". Et le patron de l'ONU Ban Ki-moon, qui doit avoir des entretiens mercredi à Pékin, a aussi exhorté la Russie à renforcer la pression sur son allié syrien. Enfin, le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé son inquiétude sur "l'impact" du conflit syrien sur le Liban voisin, en citant "les pressions sur la frontière libanaise, les incursions et les tirs par-dessus la frontière".
Après sa défection début juillet, le général Manaf Tlass, un proche du président Bachar Al-Assad et plus haut gradé ayant lâché le régime depuis le début de la révolte en mars 2011, a annoncé de Paris souhaiter une "phase de transition constructive" en Syrie et exprimé sa "colère" vis-à-vis de l'armée. Le président français François Hollande a confirmé, mardi soir, la présence à Paris du général Tlass. Lancée en mars 2011, la révolte populaire réprimée dans le sang par le régime a dégénéré en conflit armé sanglant entre soldats et rebelles. Plus de 17.000 personnes ont péri dans le pays en 16 mois, selon l'OSDH.








