Syrie : "Les sanctions arabes, un geste fort contre Assad"

Par , le 17 novembre 2011 à 15h22 , mis à jour le 18 novembre 2011 à 10h02

Dossier : Révolte en Syrie

DECRYPTAGE - Quelle est la portée de la suspension de la Syrie par la Ligue arabe ? Quelle peut être la réponse du président syrien face aux sanctions économiques ? Réponses avec Jean-Yves Moisseron, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement et spécialiste du monde arabe.

Bachar al-Assad SyrieBachar al-Assad à la télévision d'Etat lundi 20 juin 2011 © DR

Jean-Yves Moisseron est chercheur à l'Institut de recherche pour le développement (IRD). Il dirige la revue Maghreb-Machrek.

  • Syrie : l'ONU accuse, l'UE serre la vis

    L'armée et les forces de sécurité syriennes ont commis des meurtres, des actes de torture et des viols, rapporte lundi une commission d'enquête de l'ONU. L'UE va durcir son régime de mesures destinées à couper les sources de financement du régime syrien.

    Publié le 28/11/2011 Syrie : l'ONU accuse, l'UE serre la vis
  • La Ligue arabe adopte des sanctions économiques contre la Syrie

    La Ligue arabe a adopté dimanche à l'issue d'un conseil extraordinaire des ministres arabes au Caire des sanctions économiques sans précédent contre Damas pour contraindre le régime à faire cesser la répression. En Syrie, les violences se poursuivent : on dénombre 15 morts dimanche.

    Publié le 27/11/2011 La Ligue arabe adopte des sanctions économiques contre la Syrie
  • La Ligue arabe élabore une série de sanctions contre la Syrie

    La Ligue arabe a élaboré samedi une série de sanctions contre la Syrie, en particulier un gel des comptes du gouvernement et une interdiction de voyager dans les pays arabes pour des responsables. Cette résolution doit être approuvée par vote. Sur place, 16 civils ont été tués samedi.

    Publié le 26/11/2011 La Ligue arabe élabore une série de sanctions contre la Syrie
  • Syrie : Paris propose des "corridors humanitaires"

    La France a avancé mercredi pour la première fois l'idée de "corridors humanitaires" en Syrie, soumise à ses partenaires européens et américains. Paris a également fait un pas supplémentaire vers la reconnaissance de l'opposition, considérée comme "l'interlocuteur légitime".

    Publié le 23/11/2011 Syrie : Paris propose des "corridors humanitaires"
  • Syrie : la Ligue arabe donne trois jours à Damas pour stopper la violence

    La Ligue arabe a donné à la Syrie un nouveau délai mercredi soir pour stopper la répression, faute de quoi des "sanctions économiques" seront adoptées contre le régime de Damas.

    Publié le 16/11/2011 Syrie : la Ligue arabe donne trois jours à Damas pour stopper la violence
  • La Syrie au ban des nations arabes

    La Syrie sera effectivement écartée des travaux de la Ligue arabe dès ce mercredi en guise de sanction contre un régime réprimant dans le sang les mouvements d'opposition. Sur le terrain, l'"Armée syrienne libre", le bras armé de l'opposition, aurait mené un coup d'éclat en attaquant une caserne des services secrets.

    Publié le 16/11/2011 La Syrie au ban des nations arabes
  • Syrie : Assad de plus en plus isolé, sauf de son parrain russe

    "Conseil amical" du roi de Jordanie pour qu'il quitte le pouvoir, demande de la Chine pour qu'il applique le plan arabe, nouvelles sanctions européennes à son encontre : le président syrien se retrouve de plus en plus isolé. Mais continue de miser sur la Russie pour tenir.

    Publié le 14/11/2011 Syrie : Assad de plus en plus isolé, sauf de son parrain russe
  • Syrie : la révolte tourne à la guerre civile

    Malgré l'ultimatum de la Ligue arabe qui prend fin vendredi, la répression se poursuit en Syrie. Les opérations de ratissage, les arrestations et les perquisitions se multiplient. De son coté l'armée syrienne libre accentue sa pression.

    Publié le 18/11/2011 Syrie : la révolte tourne à la guerre civile
  • L'oncle de Bachar Al-Assad souhaite "qu'il accélère son départ"

    INTERVIEW EXCLUSIVE LCI- Rifaat Al-Assad, oncle du président syrien, appelle son neveu à quitter le pouvoir. "On se dirige vers une guerre civile," a-t-il déclaré sur LCI.

    Publié le 18/11/2011 L'oncle de Bachar Al-Assad souhaite "qu'il accélère son départ"
  • Les déserteurs syriens tentent de s'organiser

    Alors que la Ligue arabe donne trois jours au régime de Bachar Al Assad pour faire cesser les violences contre sa population, sur le terrain, des militaires, déserteurs, commencent à se retourner contre le régime.

    Publié le 17/11/2011 Les déserteurs syriens tentent de s'organiser
Plus d'infos

TF1 News : Quel poids a concrètement la Ligue arabe dans le monde arabe ?
Jean-Yves Moisseron :
Il s'agit avant tout d'un poids symbolique, mais très important.  La Ligue arabe est en effet traditionnellement une organisation prudente puisqu'elle est composée d'Etats qui n'ont pas les mêmes intérêts et qui s'opposent parfois dans des systèmes d'alliance. Certains Etats étant aussi très autoritaires, ils étaient aussi réticents à critiquer la Syrie par crainte de répercussions intérieures et extérieures. D'où la difficulté de trouver un consensus sur le sujet.

TF1 News : Pourtant, la Ligue arabe s'était opposée assez rapidement à Mouammar Kadhafi.
J.-Y. M. :
Pour la Libye, c'était très facile car Kadhafi s'était lui-même marginalisé de l'organisation bien avant le début de la révolte. Pour Bachar Al-Assad, c'est très différent car il a une autre envergure et un autre poids politique. Le sanctionner est donc un geste fort, aussi bien symboliquement qu'historiquement. Cela marque un réel changement d'attitude des Arabes. Ils montrent là qu'ils veulent faire quelque chose.

exergue "Assad est allé trop loin pour lancer maintenant des réformes"

TF1 News : Les sanctions économiques annoncées pour la fin de la semaine pèseraient-elles réellement sur Damas ?
J.-Y. M. :
 L'aspect économique n'est pas négligeable. Néanmoins, la Ligue arabe, même si elle en a la volonté, n'a pas vraiment de moyens de mettre en place un embargo. L'impact du commerce international est aussi limité pour la Syrie.  L'aspect politique de la décision arabe, qui isole encore plus Bachar al-Assad, est donc beaucoup plus important, notamment à cet instant. Il est aujourd'hui acculé. Il est allé trop loin dans la répression pour lancer des réformes. La fenêtre d'opportunité dont il disposait au printemps s'est refermée. Aujourd'hui, soit il reste en poursuivant la répression, soit il s'en va.

TF1 News : Justement, imaginons qu'Assad parte. Y-a-t-il une solution de rechange immédiate puisque même Alain Juppé a souligné jeudi matin que le Conseil national syrien (CNS), la principale instance d'une opposition elle-même divisée, devait s'organiser.
J.-Y. M. :
  D'un côté, il est vrai que l'opposition ne possède aujourd'hui qu'un embryon de représentation, n'a pas de légitimité intérieure et ne provient pas de la volonté populaire. De l'autre, elle repose aussi sur des manifestants qui ont un poids sur les décisions du CNS. Surtout, le mouvement populaire forme déjà les bases d'une organisation de transition et de mutation du régime. La société civile syrienne, composée de gens brillants et éduqués, dispose en son sein des ferments de cette capacité de transformation politique.

Cela suppose un départ négocié d'Assad et que les alaouites (ndlr : la branche du chiisme, minoritaire en Syrie, dont est issu Assad) acceptent d'abandonner leurs privilèges. Pour l'instant, on en est très loin.  Mais si face à la détermination du régime, l'option pacifique de la révolte est abandonnée pour la force, la contestation aboutira à une guerre civile, avec tous les risques que cela engendre (mobilisation religieuse, manipulation...).

Les Frères musulmans pour  une intervention turque

Le leader en exil des Frères musulmans syriens, Mohammad Riad Shakfa, a affirmé jeudi à Istanbul que les Syriens seraient prêts à accepter une "intervention venant de la Turquie, plutôt que de l'Occident", pour protéger la population des violences commises par le régime.  "Nous pouvons avoir besoin de demander davantage de la Turquie car c'est un voisin", explique-t-il, sans s'étendre sur la nature de l'intervention que la confrérie pourrait considérer comme acceptable.

Le quotidien pro-gouvernemental Sabah a rapporté jeudi que le Conseil national syrien avait demandé à la Turquie qu'elle établisse une zone d'interdiction de vol le long de sa frontière, côté syrien, pour protéger la population syrienne.

 

Par Fabrice Aubert le 17 novembre 2011 à 15:22
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

3 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • barbac56, le 18/11/2011 à 09h40

    "alors pourquoi il y a en tant chez nous" MDR bien vu !

  • ovation1, le 18/11/2011 à 08h22

    Alors pourquoi il y a en tant chez nous !

  • mynadir, le 18/11/2011 à 05h01

    Contre la révolution en Algérie: L'Algérie est la fierté des pays Africaine ; derrière son histoire il y'avait des vrais hommes avec un grand H qui veillent sur le patrimoine De notre chère pays, nos parents nous on transmit la loyauté et le nationalisme pour que (lamana) sera toujours conservée de génération en génération. les diables humaines qui veulent déclenches une révolution en Algérie sont complètement en hors jeux, car Le peuple algérien est très intelligent,conscient de la manipulation etrangaire en plus ils aiment le drapeau et leur président en l'occurrence mr bouteflika .

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience