Syrie : répression dans le sang dans le Sud, la contestation s'étend

le 25 mars 2011 à 12h50 , mis à jour le 26 mars 2011 à 12h27

Des milliers d'opposants ont manifesté vendredi à Damas, à Hama plus au nord, et une nouvelle fois dans la région de Deraa, au sud, où la répression de la contestation du régime du président Assad aurait fait plus de 10 morts ce vendredi.

[Expiré] syrie-damas © AFP

"La répression a fait la contestation", analyse le spécialiste Gilles Kepel. Plusieurs manifestants ont été tués vendredi lors de protestations qui se sont étendues à plusieurs villes de Syrie, malgré l'annonce par les autorités de mesures sans précédent de démocratisation, selon des militants des droits de l'Homme et des témoins. L'annonce du pouvoir prévoyant une possible annulation de l'état d'urgence, des mesures anti-corruption, des libérations d'opposants ainsi qu'une augmentation des salaires des fonctionnaires, ne semble pas avoir calmé la contestation populaire du régime autoritaire en place depuis 40 ans. En outre, vendredi soir, les autorités syriennes ont libéré plus de 200 détenus politiques, en grande majorité des islamistes, selon le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme installé à Londres.
  • La Syrie lève l'état d'urgence... trop tard ?

    Face à la contestation qui s'amplifie un peu partout dans le pays, Bachar al-Assad a lâché du lest ce mardi en acceptant de mettre fin à l'état d'urgence, en vigueur depuis 1963 et l'arrivée du parti Baas au pouvoir. Il s'agissait de la principale revendication des manifestants.

    Publié le 19/04/2011 La Syrie lève l'état d'urgence... trop tard ?
  • Syrie : "un scénario 'à la tunisienne' semble improbable"

    <b> Décryptage -</b> Pourquoi la Syrie manifeste-t-elle à son tour contre le président Bachar al-Assad ? Quelle peut être la suite de la contestation ? Les réponses de TF1 News avec Stéphane Valter, maître de conférences en langue et civilisation arabes à l'Université du Havre.

    Publié le 29/03/2011 Syrie : "un scénario 'à la tunisienne' semble improbable"
  • Syrie : Assad ne lâche rien et dénonce un "complot"

    Alors que son discours, le premier depuis le début de la contestation, avait été présenté comme l'occasion de notamment annoncer la fin de l'état d'urgence en vigueur depuis 1963, le président syrien est resté ferme ce mercredi. Il n'a fait aucune concession pour atténuer l'oppression politique et le règne du parti Baas.

    Publié le 30/03/2011 Syrie : Assad ne lâche rien et dénonce un "complot"
  • Syrie : vers l'abrogation de l'état d'urgence en vigueur depuis 1963

    Au pouvoir depuis 2000, à la suite de son père, le président syrien a promis de s'adresser "très bientôt" à son peuple, alors que le pays est secoué par une contestation sans précédent, réprimée dans le sang. Il aurait décidé d'abroger la loi d'urgence qui impose de nombreuses restrictions de libertés.

    Publié le 27/03/2011 Syrie : vers l'abrogation de l'état d'urgence en vigueur depuis 1963
  • Répression meurtrière en Syrie : au moins 15 morts

    Au moins quinze personnes ont été tuées mercredi à Deraa dans le sud de la Syrie, théâtre de manifestations sans précédent contre le pouvoir. Le gouverneur de cette ville a quant à lui été limogé. Les Etats-Unis se déclarent préoccupés.

    Publié le 23/03/2011 Répression meurtrière en Syrie : au moins 15 morts
  • Syrie : face à la répression, la protestation se renforce

    Les forces de l'ordre auraient tué dimanche par balle un manifestant lors de la 3e journée de protestation à Deraa pour réclamer la levée de l'état d'urgence en vigueur depuis 48 ans. Des manifestants ont ensuite incendié le siège du parti Baas au pouvoir.

    Publié le 20/03/2011 Syrie : face à la répression, la protestation se renforce
  • Syrie : des funérailles tournent à la manifestation

    Des milliers de Syriens ont participé samedi aux funérailles de 2 manifestants tués la veille, scandant des appels en faveur de la liberté. Les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogène pour les disperser. Il y aurait plusieurs blessés.

    Publié le 19/03/2011 Syrie : des funérailles tournent à la manifestation
  • Répression sanglante au Yémen et en Syrie

    Le Yémen a décrété vendredi l'état d'urgence après la mort de 52 personnes dans une manifestation de l'opposition. 4 manifestants ont été tués et des centaines blessés vendredi par les forces de l'ordre en Syrie. A Bahreïn, les autorités ont détruit le monument symbolique de la contestation.

    Publié le 18/03/2011 Répression sanglante au Yémen et en Syrie
  • Syrie : les images amateurs des manifestations meurtrières

    La ville de Deraa, épicentre de la contestation contre le régime syrien, a connu un vendredi meurtrier, alors que des dizaine de milliers de personnes ont défilé dans d'autres cités du pays. On compterait 22 morts parmi les manifestants, 19 du côté des forces de l'ordre.

    Publié le 08/04/2011 Syrie : les images amateurs des manifestations meurtrières
  • Syrie : la contestation s'étend, répression sanglante

    Plusieurs manifestants ont été tués vendredi lors de manifestations qui se sont étendues à plusieurs villes de Syrie, malgré l'annonce par les autorités de mesures de démocratisation.

    Publié le 25/03/2011 Syrie : la contestation s'étend, répression sanglante
Plus d'infos

Les protestations ont continué à Deraa, épicentre de la contestation où des dizaines de personnes ont été tuées depuis le 18 mars, ont gagné Sanamein, Daael (sud), Damas, Douma, Banias et Hama où une révolte des Frères musulmans fut réprimée dans le sang dans les années 1980, selon des militants des droits de l'Homme et des correspondants de l'AFP. Des vidéos sur Youtube ont montré aussi des manifestations à Homs (nord-est) où des photos de Hafez al-Assad ont été déchirées, et à Lattaquieh, alors que des opposants ont fait état de protestations à Deir el-Zor et à Raqa (nord-est). Dix personnes ont été tuées (20 selon un témoin) à Sanamein lors d'affrontements avec les forces de sécurité, a affirmé un haut responsable sous couvert de l'anonymat. Un témoin a raconté que les protestataires avaient lancé des pierres sur le QG de la Sécurité militaire et les militaires avaient riposté en ouvrant le feu. Des heurts ont également éclaté à Deraa, a indiqué un témoin en faisant état de quatre morts et au moins 20 blessés. Selon un militant des droits de l'homme et un témoin, les forces de sécurité ont ouvert le feu lorsque les manifestants ont déboulonné la statue de l'ancien président Hafez al-Assad, père de l'actuel président Bachar al-Assad, et l'ont brûlée. Ils ont aussi arraché un portrait de Bachar el-Assad.

Pro et anti défilent à Damas

Les militants des droits de l'Homme ont fait état de 100 morts mercredi lors des manifestations à Deraa, une ville agricole de 75.000 habitants. Mais selon l'organisation Amnesty International, au moins 55 personnes ont été tuées durant la semaine de protestation dans et autour de Deraa.

Pour cette "Journée de la dignité" lancée sur Facebook, des centaines de personnes ont aussi manifesté à Damas après la prière à la mosquée des Omeyyades. Ils ont défilé en criant "Deraa, c'est la Syrie", "Dieu, la Syrie, la liberté et c'est tout". Mais des contre-manifestations ont éclaté, et des milliers de partisans du pouvoir sont descendus dans la rue à Damas pour exprimer leur allégeance au président Assad.

Le président français Nicolas Sarkozy a appelé vendredi à l'arrêt des violences, jugeant qu'aucune démocratie ne pouvait accepter des tirs contre des  protestataires pacifiques. "Nous disons notre plus grande préoccupation sur la montée de la violence" en Syrie, a dit M. Sarkozy au cours d'un sommet des dirigeants de l'UE à Bruxelles.

Jordanie : premiers heurts violents, un tué

En Jordanie, de violents heurts ont opposé à Amman des manifestants réclamant des réformes à des partisans du régime et aux forces de l'ordre, faisant un tué et plus de 130 blessés, selon des sources médicales. La gendarmerie a dispersé les manifestants avec des canons à eau et a démonté le camp installé par les protestataires dans le centre de la capitale. Le Premier ministre jordanien Maarouf Bakhit a accusé vendredi dans des déclarations à la télévision jordanienne "les Frères musulmans de recevoir des instructions de l'Egypte et de la Syrie pour exécuter des plans contre la Jordanie".

Au Yémen, le parti au pouvoir à Sanaa a exclu un départ du président Ali Abdallah Saleh, déterminé à "résister" à ses adversaires qui réclament un changement de régime. "Le pouvoir ne sera remis qu'à celui que choisira le peuple à travers des  élections, le seul moyen pour une transition pacifique du pouvoir", a déclaré samedi à l'AFP Tarek al-Chami, le porte-parole du parti présidentiel, le Congrès populaire général (CPG). Le bureau politique du CPG, qui s'est réuni vendredi soir à Sanaa sous la présidence de M. Saleh, a passé "en revue les positions obstinées du parti Al-Islah et de ses alliés (...) qui ont fermé la porte du dialogue et cherché l'escalade". Parmi ces alliés, le bureau politique a cité les partis de l'opposition parlementaire, la rébellion chiite du nord du Yémen et le réseau Al-Qaïda. La manifestation de soutien au président Saleh, organisée vendredi à Sanaa parallèlement à celle des protestataires, exprime "l'attachement (du peuple) à la légalité constitutionnelle", a estimé le bureau politique. Dans le Sud, par ailleurs, six membres présumés d'Al-Qaïda ont été tués samedi dans un accrochage avec l'armée dans la province d'Abyane, un bastion du réseau extrémiste.

En Egypte, plus de 2.000 personnes ont manifesté vendredi en divers endroits du Caire pour réclamer des réformes politiques, notamment l'organisation rapide d'un procès de l'ancien président Hosni Moubarak, a rapporté l'agence de presse Mena.
 
Bahreïn : la police a dispersé à coups de grenades lacrymogènes des protestataires qui ont manifesté vendredi dans plusieurs villages chiites proches de Manama, ont indiqué des témoins. Les manifestations se sont produites en dépit d'un déploiement massif des forces de sécurité dans ces villages situés au sud et à l'ouest de la capitale, ont précisé ces témoins. Les rassemblements sont interdits en vertu de l'état d'urgence, décrété le 15 mars par le roi, Hamad Ben Issa Al-Khalifa, pour une période de trois mois.

le 25 mars 2011 à 12:50
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

7 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • humanoide56, le 26/03/2011 à 14h53

    C'est un régime féodal de droite !

  • makiawell, le 26/03/2011 à 11h34

    La Syrie est sérieusement armée, et lors de la derniere guerre contre l'Irak, tout le monde était contents qu'elle reste neutre. Les griefs internationaux contre son Boss ne sont pas non plus aussi serieux que ceux du Guide.

  • 1piquouzesinon2, le 26/03/2011 à 11h19

    Il n'y a pas assez de pétrole la bas pour perturber les cours mondiaux et y aller c'est mettre directement les pieds dans le conflit israelo-palestinien, le liban, etc.

  • ouzouz31, le 26/03/2011 à 07h36

    Pourquoi on n'intervient pas en Syrie,ou la repression fait autant de morts qu'en Libye.

  • chaoshumain, le 25/03/2011 à 20h50

    Inévitable ! Souhaitons des réformes et l'arrêt des répressions !

  • nezdegoret, le 25/03/2011 à 20h50

    Bientôt ils pourront le boire leur pétrole! on ne pourra plus se le payer!!!!

  • botnet, le 25/03/2011 à 15h43

    On va bien rigole quand il y aura des manif en arabie saoudi les prix du petrole vont depasse le 150dollars

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience