Syrie : Paris propose des "corridors humanitaires"

le 23 novembre 2011 à 22h05 , mis à jour le 24 novembre 2011 à 10h05

Dossier : Révolte en Syrie

La France a avancé mercredi pour la première fois l'idée de "corridors humanitaires" en Syrie, soumise à ses partenaires européens et américains. Paris a également fait un pas supplémentaire vers la reconnaissance de l'opposition, considérée comme "l'interlocuteur légitime".

La France durcit le ton face au régime syrien. A l'issue d'une réunion avec Burhan Ghalioun, le chef du Conseil national syrien - l'opposition - mercredi, Alain Juppé a annoncé qu'il demanderait à ses partenaires européens que soient mis à l'ordre du jour la mise en place de corridors humanitaires dans le pays. "S'il peut y avoir une dimension humanitaire, des zones qui pourraient être sécurisées, protéger des populations, c'est une question qu'il faut étudier" avec l'UE et la Ligue arabe, a ajouté le ministre devant la presse.

  • La Syrie va accueillir des observateurs arabes d'ici trois jours

    Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères a signé, lundi au Caire, le document qui autorise le déploiement d'observateurs arabes dans le pays. Selon la Ligue arabe, les premiers devraient arriver "sous 72h". L'opposition parle d'une "tromperie" pour "couvrir l'échec" d'Assad.

    Publié le 19/12/2011 La Syrie va accueillir des observateurs arabes d'ici trois jours
  • Syrie : Assad se dit étranger à la répression

    Dans une interview à la chaîne américaine ABC, le président syrien assure qu'il n'est pas responsable des violences commises par les forces de sécurité du pays. "Ce ne sont pas mes forces", affirme-t-il.

    Publié le 07/12/2011 Syrie : Assad se dit étranger à la répression
  • Syrie : l'ONU accuse, l'UE serre la vis

    L'armée et les forces de sécurité syriennes ont commis des meurtres, des actes de torture et des viols, rapporte lundi une commission d'enquête de l'ONU. L'UE va durcir son régime de mesures destinées à couper les sources de financement du régime syrien.

    Publié le 28/11/2011 Syrie : l'ONU accuse, l'UE serre la vis
  • Syrie : Assad ferme face aux occidentaux

    Dans un entretien au Sunday Times, le président syrien affirme que l'ultimatum de la Ligue arabe sommant le régime de cesser la répression a été lancé pour "fournir aux pays occidentaux un prétexte pour mener une intervention militaire contre la Syrie".

    Publié le 20/11/2011 Syrie : Assad ferme face aux occidentaux
  • Syrie : l'ultimatum s'achève dans un bain de sang

    La Ligue arabe avait donné trois jours à la Syrie pour appliquer son plan de sortie de crise. L'ultimatum s'achève ; la répression se durcit. Des voix de plus en plus nombreuses - dont celle d'Hillary Clinton - évoquent un risque de guerre civile.

    Publié le 19/11/2011 Syrie : l'ultimatum s'achève dans un bain de sang
  • Syrie : "Les sanctions arabes, un geste fort contre Assad"

    DECRYPTAGE - Quelle est la portée de la suspension de la Syrie par la Ligue arabe ? Quelle peut être la réponse du président syrien face aux sanctions économiques ? Réponses avec Jean-Yves Moisseron, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement et spécialiste du monde arabe.

    Publié le 17/11/2011 Syrie : "Les sanctions arabes, un geste fort contre Assad"
  • Syrie : la Ligue arabe donne trois jours à Damas pour stopper la violence

    La Ligue arabe a donné à la Syrie un nouveau délai mercredi soir pour stopper la répression, faute de quoi des "sanctions économiques" seront adoptées contre le régime de Damas.

    Publié le 16/11/2011 Syrie : la Ligue arabe donne trois jours à Damas pour stopper la violence
  • La Syrie au ban des nations arabes

    La Syrie sera effectivement écartée des travaux de la Ligue arabe dès ce mercredi en guise de sanction contre un régime réprimant dans le sang les mouvements d'opposition. Sur le terrain, l'"Armée syrienne libre", le bras armé de l'opposition, aurait mené un coup d'éclat en attaquant une caserne des services secrets.

    Publié le 16/11/2011 La Syrie au ban des nations arabes
  • Syrie : Assad de plus en plus isolé, sauf de son parrain russe

    "Conseil amical" du roi de Jordanie pour qu'il quitte le pouvoir, demande de la Chine pour qu'il applique le plan arabe, nouvelles sanctions européennes à son encontre : le président syrien se retrouve de plus en plus isolé. Mais continue de miser sur la Russie pour tenir.

    Publié le 14/11/2011 Syrie : Assad de plus en plus isolé, sauf de son parrain russe
  • Syrie : la révolte tourne à la guerre civile

    Malgré l'ultimatum de la Ligue arabe qui prend fin vendredi, la répression se poursuit en Syrie. Les opérations de ratissage, les arrestations et les perquisitions se multiplient. De son coté l'armée syrienne libre accentue sa pression.

    Publié le 18/11/2011 Syrie : la révolte tourne à la guerre civile
  • L'oncle de Bachar Al-Assad souhaite "qu'il accélère son départ"

    INTERVIEW EXCLUSIVE LCI- Rifaat Al-Assad, oncle du président syrien, appelle son neveu à quitter le pouvoir. "On se dirige vers une guerre civile," a-t-il déclaré sur LCI.

    Publié le 18/11/2011 L'oncle de Bachar Al-Assad souhaite "qu'il accélère son départ"
  • Les déserteurs syriens tentent de s'organiser

    Alors que la Ligue arabe donne trois jours au régime de Bachar Al Assad pour faire cesser les violences contre sa population, sur le terrain, des militaires, déserteurs, commencent à se retourner contre le régime.

    Publié le 17/11/2011 Les déserteurs syriens tentent de s'organiser
Plus d'infos

Selon Paris, le ministre a également évoqué cette question avec la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, lors d'un entretien téléphonique. Les deux ministres sont "convenus de travailler ensemble et avec leurs partenaires sur la possibilité de corridors humanitaires", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero. Ils se sont inquiétés de "la détérioration de la situation humanitaire en Syrie, et tout particulièrement dans la ville de Homs, littéralement assiégée par les forces du régime", a ajouté le porte-parole.
  
Le ministre et les responsables n'ont à ce stade donné aucun détail sur la manière dont pourraient être mis en place de tels corridors. Alain Juppé a  toutefois de nouveau écarté le recours à "une option militaire" qui, a-t-il dit, "n'est pas à l'ordre du jour". Cette analyse vaut également, selon lui, pour la possibilité d'établir une zone tampon, à l'intérieur de la Syrie, à la frontière avec la Turquie, qui a été envisagée dans les médias turcs pour protéger les populations civiles.

Interrogé sur France Inter jeudi matin, Alain Juppé a admis que la mise en oeuvre de "corridors humanitaires" nécessite que soient remplies plusieurs conditions. "Cela suppose deux configurations possibles : la première c'est que la communauté internationale, les Nations unies, la Ligue arabe, puissent obtenir  du régime qu'il autorise ces corridors humanitaires et ça s'est fait ailleurs", a-t-il expliqué.  "Si ce n'était pas le cas, il faudrait envisager d'autres solutions. Il est possible de protéger (militairement) des convois humanitaires mais nous n'en sommes pas là", a-t-il précisé. Cette protection "par des observateurs internationaux" s'est déjà faite en Libye, a fait valoir le ministre.

Reconnaissance de l'opposition ?
 La France a également avancé mercredi vers la reconnaissance de l'opposition. "Le Conseil national syrien est l'interlocuteur légitime avec lequel nous allons continuer à travailler", a déclaré Alain Juppé. Soulignant la nécessité que le CNS soit "inclusif", c'est-à-dire regroupe le maximum de tendances, le ministre français a ajouté qu'une reconnaissance formelle viendrait plus tard. "Nous travaillons (à) la reconnaissance plus formelle avec la Ligue arabe et l'ensemble de nos alliés", a-t-il affirmé.

De son côté, Burhan Ghalioun a appelé à une "meilleure coordination internationale face à un régime qui va vers la fuite en avant". "Nous avons discuté de notre feuille de route vers une transition démocratique et pacifique (pour) éviter à la Syrie la guerre civile et l'intervention militaire que tout le monde veut éviter", a-t-il ajouté. Né fin août à Istanbul, le CNS apparaît comme le plus large et le plus représentatif des mouvements d'opposition, avec la participation de représentants d'opposants en exil et d'opposants de l'intérieur du pays.

Plusieurs morts mercredi


Sur le terrain, quatre civils sont tombés mercredi sous les balles des forces de sécurité à Hama et Homs, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), au lendemain de la mort d'au moins 34 personnes, dont six enfants et cinq déserteurs. Face à cette répression qui ne faiblit pas, les ministres arabes des Affaires étrangères tiennent jeudi au Caire une nouvelle réunion sur la situation en Syrie, sous la présidence du Qatar. L'ultimatum de la Ligue pressant Damas de cesser la répression a pris fin samedi à minuit, exposant désormais la Syrie à des sanctions économiques arabes. L'Algérie, longtemps allié de Damas, a pressé mercredi la Syrie de préserver les chances de parvenir à une "solution arabo-arabe" afin d'éviter "une internationalisation de la crise". A Londres, le président turc Abdullah Gül a affirmé que la Syrie était "arrivée à un point de non-retour" et qu'il redoutait des troubles et un "bain de sang" dans l'ensemble de la région.

le 23 novembre 2011 à 22:05
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

16 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • lattaquie, le 28/11/2011 à 07h22

    Je ne trouve pas le commentaire que j'ai écrite hier, pouiez-vous le mette s.v.p c'est mon premier commentaire. Merci

  • truth_seeker, le 24/11/2011 à 15h24

    Je ne vois pas comment établir une zone tampon, à l'intérieur de la Syrie, à la frontière avec la Turquie, sans déclencher une vaste guerre régionale

  • doch69, le 24/11/2011 à 13h14

    C'est au moins une proposition pour ces pauvres gens qui subissent cette tyrannie même si celle-ci est perfectible. nous n'avons pas entendu beaucoup de pays en émettre pour arrêter cette tuerie. Et oui, nous avons des problèmes dans notre pays mais cela ne nous empêche pas de fermer les yeux sur ce qui se passent autour dans le monde.

  • ovation1, le 24/11/2011 à 10h14

    Des corridors jusqu'en france terre d'accueil

  • raghnar47, le 24/11/2011 à 10h10

    Mr Juppé ferait mieux de s'occuper des préoccupations des Français................

  • roucoucou17, le 24/11/2011 à 10h06

    Vas y bisoudours21 que fais tu devant ton ordi..............

  • roucoucou17, le 24/11/2011 à 10h05

    Oui et on nous demande pas notre avis...............

  • kikigigi44, le 24/11/2011 à 09h48

    Et pour lui bientôt un placard dans un corridor !!!!

  • alain76600, le 24/11/2011 à 09h41

    Mr JUPE, la TUNISIE c'est un loupé, la LYBIE vous avez vu ?, l'EGYPTE ca se passe mal - Mais arrêtez le "VA EN GUERRE", occupez vous de vos affaires car ca va vous retomber sur le coin de la figure et sur nous aussi et bientôt ca va être le MAROC qui va passé Islamiste - Alors STOP restons chez nous.

  • rold, le 24/11/2011 à 08h52

    Roland37 Bien d'acord avec "provence023", nous ferions mieux de nous occuper des problêmes francofrançais. Un corridor humanitaire, si l'on ne veut pas le voir se transformer en bain de sang, doit être militairement protégé. Notre présence militaire dans la zone nous fera mettre un doigt dans l'engrenage de l'intervention et dans l'enlisement. Nous n'en avons pas besoin.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience