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DOSSIER : Révolte en Syrie

Syrie : pour Fabius, "Assad ne mériterait pas d'être sur la terre"


le 17 août 2012 à 14h58 , mis à jour le 17 août 2012 à 21h11.
Temps de lecture
3min
Laurent Fabius visite un camp de réfugiés syriens
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Moyen-orientLaurent Fabius, qui a visité jeudi un camps de réfugiés syriens à la frontière turque, a déclaré que "le régime syrien devait être abattu et rapidement", dénonçant "les exactions" de Damas contre les populations civiles.

Depuis le début des violences en Syrie, la Turquie, pays voisin mais très critique envers le régime de Damas, a accueilli sur son sol près de 70.000 réfugiés syriens. Et l'exode ne fait que s'accélérer avec une répression de plus en plus féroce. Ce sont quelques-uns de ces réfugiés que Laurent Fabius a rencontrés jeudi dans un camp de conteneurs turcs abritant 12.000 personnes, non loin de la frontière avec la Syrie. Le chef de la diplomatie française achevait en effet en Turquie une tournée régionale qui l'avait mené auparavant au Liban et en Jordanie, et axée sur la crise syrienne et le flot de réfugiés qu'elle a engendré sur les pays limitrophes.
 
La rencontre avec ces réfugiés a poussé le ministre des Affaires étrangères à dénoncer avec une vigueur inédite "les exactions" de Damas contre les populations civiles. "Le régime syrien doit être abattu et rapidement", a-t-il lancé devant les journalistes qui l'accompagnaient. "Après avoir entendu les témoignages bouleversants des personnes ici (...) quand on entend ça et je suis conscient de la force de ce que je suis en train de dire : M. Bachar al-Assad ne mériterait pas d'être sur la Terre". Laurent Fabius a aussi expliqué que les réfugiés avaient demandé l'aide de la France pour mettre un terme à la répression du régime syrien, réclamant notamment que l'on livre des armes aux rebelles. Il ne s'est pas engagé sur ce dernier point mais a affirmé qu'"on ne pouvait pas accepter que Bachar, même s'il avait beaucoup reculé et perdu du terrain, continue ses exactions".
 
La crainte d'un "phénomène à l'irakienne"
 
Quelques heures plus tôt, depuis Beyrouth, le chef de la diplomatie française avait décrit un régime syrien en déliquescence, en rappelant les cas d'officiels ou de hauts gradés de l'armée qui ont fui Damas - notamment le Premier ministre Riad Hijab, un ancien fidèle du régime, et le général Manaf Tlass, le plus haut gradé syrien ayant fait dissidence et ami d'enfance du président Bachar al-Assad. "D'après les informations que nous avons, mais nous verrons si cela est confirmé dans les jours qui viennent, il y a d'autres défections spectaculaires qui se produisent", avait-il affirmé.
 
Selon lui, Bachar al-Assad est "un homme qui se retrouve de plus en plus seul" et "nous voulons hâter au maximum le moment où il sera remplacé". Mais, avait-il toutefois prévenu, la chute du régime ne doit pas se traduire "par une montée de l'extrémisme. Pour cela, il faut à la fois que le régime soit changé, mais que les institutions continuent d'exister solidement sinon on risque d'avoir un phénomène à l'irakienne". Les pays occidentaux sont en effet réticents à l'idée d'armer les rebelles, arguant que l'arsenal pourrait tomber entre les mains de groupes extrémistes. Ils ne penchent pas non plus pour une intervention militaire comme en Libye ou même l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne.
 
Dans ce contexte, les raisons invoquées notamment par la Russie pour justifier son soutien à la Syrie semblent de plus en plus fragiles. "L'un des arguments développés souvent par les Russes est que 'Bachar al-Assad, ce n'est pas vraiment ce que nous souhaitons mais au moins lui assure l'ordre'. Ce n'est pas vrai, c'est devenu non seulement une crise internationale mais un désordre absolu", avait assuré Laurent Fabius. Il avait indiqué par ailleurs que l'Europe apporte d'ores et déjà plus de 90 millions d'euros en aide humanitaire aux Syriens et la France près de 15 millions d'euros.

Commenter cet article

  • bidou2012 : Laurent Fabius est-il Dieu ?

    Le 28/08/2012 à 14h21
  • simails : Laurent Fabius a raison. Un dictateur et qui extermine son propre peuple ne mérite pas de vivre. Il faut respecter la vie car elle est précieuse. Allez voir les réfugiés et bléssés syriens, je suis sur que vous changerai d'avis.

    Le 25/08/2012 à 10h19
  • mondolino : C'est quand même incroyable de dire une chose pareil en tant que membre du gouvernement. Il devrait tourner 7 fois sa langue avant de parler lui.

    Le 18/08/2012 à 11h38
  • tousamis : Comment un ministre peut il dire des choses pareilles ? Fabius a t' il les pouvoirs pour juger qu' untel est digne de vivre ? Il faudrait qu' il fasse son autocritique avant de dire cela !!!!!

    Le 18/08/2012 à 10h23
  • ovation1 : Lui ne mériterait pas d'être ministre

    Le 18/08/2012 à 09h01
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