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DOSSIER : Révolte en Syrie

Syrie : que préparent les Etats-Unis contre Assad ?


le 21 juillet 2012 à 11h52 , mis à jour le 21 juillet 2012 à 11h54.
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3min
Membres de l'Armée Syrienne Libre, opposants à Bachar al-Assad (juillet 2012)

Membres de l'Armée Syrienne Libre, opposants à Bachar al-Assad (juillet 2012) / Crédits : AFP

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Moyen-orientAprès le veto de la Russie et de la Chine à l'ONU sur la Syrie, les Etats-Unis pourraient renforcer leur soutien aux rebelles en-dehors du cadre des nations-unies. Pourraient-ils aller jusqu'à une intervention militaire ?

Malgré l'intensification du conflit en Syrie, Moscou et Pékin ont opposé jeudi, pour la troisième fois, leur veto à une résolution du Conseil de sécurité menaçant Damas de sanctions. Courroucé, Washington a promis d'agir désormais "en dehors" des Nations unies pour appuyer les forces de l'opposition et tenter de mettre fin à la guerre civile. Ce qui laisse supposer un soutien aux rebelles syriens pour contourner l'obstacle que constitue ce blocage du Conseil de sécurité. Washington s'est dit maintes fois hostile à des livraisons d'armes aux rebelles syriens et à une intervention militaire unilatérale. L'opposition reçoit en revanche déjà des armements légers de pays arabes, notamment d'Arabie saoudite et du Qatar.

Jusqu'où les Etats-Unis peuvent-ils aller ? Le président russe Vladimir Poutine a averti que toute tentative d'action hors du Conseil de sécurité serait "inefficace". De toutes façons, le président de la Commission internationale de l'ONU sur la Syrie, Paulo Sergio Pinheiro, "ne croit pas à une initiative hors du cadre de l'ONU par l'Otan ou par n'importe quel pays". Et à trois mois et demi de la présidentielle américaine, "je ne crois pas que le président (Barack) Obama souhaite un renforcement militaire de l'opposition", dit ce diplomate brésilien, pour qui "une intervention militaire étrangère serait une catastrophe pour la Syrie et ses voisins".

La CIA déjà impliquée

Pourtant, aux yeux de Salman Shaikh, spécialiste de la Syrie au centre de réflexion Brookings, les Etats-Unis "doivent prendre maintenant une décision très claire : soutenez-vous (les rebelles) ou allez-vous les laisser être mis en déroute? Nous sommes dans une phase extrêmement dangereuse: le régime va déverser toute sa puissance de feu, notamment à Damas et à Alep, et une longue bataille s'annonce". Cependant, pour éviter toute intervention trop directe dans le conflit, selon lui, "les Etats-Unis ne vont peut-être pas s'embarquer dans des fournitures d'armes. Mais ils peuvent faire beaucoup plus en termes d'assistance, avec des moyens de communication et de renseignement".

Interrogé sur la stratégie américaine en Syrie après l'échec à l'ONU, le porte-parole du département d'Etat, Patrick Ventrell, a d'ailleurs répondu que les Etats-Unis "poursuivraient leur soutien (à l'opposition) via une assistance non létale, humanitaire, avec des moyens de communication et d'organisation". Des médias américains se font aussi l'écho de l'implication de la CIA qui s'assurerait que des armes légères transitant par des voisins de la Syrie tombent bien entre les mains de l'opposition et non de groupes extrémistes.

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