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DOSSIER : Révolte en Syrie

Syrie : une rencontre Obama - Poutine glaciale, mais fructueuse


le 19 juin 2012 à 15h48 , mis à jour le 19 juin 2012 à 16h04.
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4min
Rencontre Barack Obama - Vladimir Poutine sur la Syrie au Mexique, en marge du G20 (18 juin 2012)

Rencontre Barack Obama - Vladimir Poutine sur la Syrie au Mexique, en marge du G20 (18 juin 2012) / Crédits : AFP / J. Samad

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Moyen-orientLes deux chefs d'Etat se sont retrouvés au Mexique, en marge du G20, pour évoquer le dossier syrien. Une rencontre tendue, à l'issue de laquelle le président américain et son homologue russe ont tout de même trouvé un terrain d'entente. Ils ont "appelé à un arrêt immédiat de la violence".

Le sujet de la Syrie empoisonne depuis des mois les relations russo-américaines. La rencontre, lundi, entre Barack Obama et Vladimir Poutine au Mexique, en marge du G20, s'annonçait donc tendue. Elle l'a été - tous les journalistes présents ont pu en témoigner, et les photographes ont diffusé des clichés sans ambiguïté. Les deux hommes y apparaissent dans des postures montrant leur malaise, avec des mimiques ou des grimaces expressives figées par les clichés, de rares sourires bien peu complices, une poignée de mains très formelle et rien moins que chaleureuse... Alors qu'Obama et Medvedev s'adressaient l'un à l'autre par leur prénom, à Los Cabos, Obama et Poutine se sont donné du "Monsieur le président".

Le président russe et son homologue américain ont même fait le bonheur des amateurs de langage corporel, obligeant la Maison Blanche à rassurer la presse sur l'ambiance de la rencontre. Lorsque Poutine a studieusement fixé le sol, est-ce qu'il voulait exprimer son désaccord avec les pressions d'Obama sur la Syrie ? Lorsqu'Obama a froncé les sourcils, est-ce que ça voulait dire que l'adjectif "sérieuses" utilisé par Poutine pour qualifier leurs discussions était en fait un euphémisme pour décrire un échange bien plus animé ? Et ce mince sourire arboré par Poutine lorsqu'il a invité Obama à Moscou, fallait-il y voir un indice d'un réchauffement entre les deux hommes ?

Un appel commun à la fin des violences

La délégation américaine a eu fort à faire ensuite pour répondre aux questions de la presse sur le manque d'"alchimie" entre les deux hommes. "Ce n'est pas la première fois qu'il y a un 'gestuelle-Gate' avec les Russes", s'est exclamé Ben Rhodes, un responsable du Conseil à la sécurité nationale, en référence au Watergate ayant coûté la présidence à Richard Nixon. Il faisait référence à une rencontre avec Medvedev l'an dernier en France, qui avait conduit la Maison Blanche à démentir toute friction avec Moscou. Et l'ambassadeur des Etats-Unis à Moscou, Mike McFaul, a recommandé aux journalistes d'étudier la gestuelle habituelle de Poutine, qui reflète généralement sa personnalité abrupte.

Reste pourtant l'essentiel : cette rencontre, si froide qu'elle ait pu apparaître, n'en a pas moins été constructive. Dans un communiqué commun publié à l'issue de deux heures de discussions, les deux chefs d'Etat ont "appelé à un arrêt immédiat de la violence". Ils se sont dits "unis dans l'idée que le peuple syrien devrait pouvoir choisir son avenir de façon indépendante et démocratique". Alors que Washington reproche à Moscou d'empêcher un renforcement des sanctions contre le régime de Bachar al-Assad, Barack Obama a indiqué être parvenu à un accord avec Vladimir Poutine sur la nécessité d'un "processus politique" en Syrie. Et Vladimir Poutine a assuré avoir trouvé avec son homologue américain "de nombreux points d'accord".

Rapprochement timide sur un dossier syrien qui reste, pour les deux chefs d'Etat, un terrain miné ; mais rapprochement tout de même. Il faut dire que le président américain considère la "relance" des relations avec la Russie, lancée du temps de l'ex-président Dmitri Medvedev, comme un de ses succès diplomatiques. Mais il n'a guère été aidé en cela par les récents affrontements verbaux au sujet de la Syrie, ni par le ton acerbe de Vladimir Poutine, ni par les turbulences politiques à Moscou et Washington. La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a ainsi récemment accusé Moscou de fournir des hélicoptères d'attaque à Assad. Furieuse, la Russie a répliqué qu'elle n'avait fait que réparer des appareils syriens. Et Vladimir Poutine, qui défend jalousement le statut de "grande puissance" de la Russie, ne fait pas secret de sa méfiance à l'égard de Washington, qu'il accuse d'avoir organisé des manifestations d'opposants à Moscou.

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