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DOSSIER : Révolte en Syrie

Syrie : Treimsa, ville martyre


le 13 juillet 2012 à 07h17 , mis à jour le 13 juillet 2012 à 10h46.
Temps de lecture
5min
Rebelles syriens armés de lance-roquettes, région d'Idleb, 22/2/12

Rebelles syriens armés de lance-roquettes, région d'Idleb, 22/2/12 / Crédits : AFP/BULENT KILIC

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Moyen-orientPlus de 150 personnes selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, et plus de 200 selon un chef rebelle syrien, ont été tuées jeudi dans l'attaque de cette localité par des chars et des hélicoptères des forces gouvernementales. Pendant qu'à l'ONU, c'est la paralysie.

"Considérant la petite taille de la ville, c'est peut-être le plus grand massacre commis depuis le début de la révolution". Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH (l'Observatoire syrien des droits de l'Homme), groupe d'opposants syriens qui fournit régulièrement des bilans des exactions des troupes syriennes contre la population, affirme que pas moins de 150 personnes ont été tuées dans la seule localité de Treimsa, ville du centre de la Syrie prise jeudi sous le feu des chars et des hélicoptères des forces gouvernementales. Un chef rebelle, Abou Mohamad de son nom de guerre, commandant d'un groupe de combattants rebelles basé non loin de là, plus au nord, fournit un bilan encore plus élevé (et tout aussi invérifiable) en affirmant que l'attaque a fait "plus de 200 morts".

Selon un militant vivant dans la province, le bilan est particulièrement lourd car les forces gouvernementales ont pilonné une mosquée où de nombreux habitants avaient cherché refuge. Treimsa "est vide maintenant. Tout le monde est mort ou a fui", a-t-il affirmé par e-mail. "Une trentaine de véhicules de l'armée ont totalement encerclé le village. Il n'y avait aucune possibilité de sortir. Quiconque essayait de fuir à travers les champs était abattu", a raconté un autre. "Après le bombardement, l'armée est entrée (dans Treimsa) avec des armes légères et les (miliciens pro-régime) Shabiha suivaient avec des couteaux". Si ces informations se vérifiaient, il s'agirait véritablement du pire massacre commis en une journée en Syrie. Soixante dix-huit personnes avaient déjà été tuées le 6 juin par des miliciens alaouites à Mazraat al Kabir et 108, dont une majorité de femmes et d'enfants, ont été massacrées à Houla le 25 mai. La télévision publique signale quant à elle la mort de trois membres des forces de l'ordre dans des combats à Treimsa et parle d'un massacre commis par des "terroristes armés".

ONU : la Russie inflexible

Quelques heures avant l'annonce du martyre de Treimsa, l'ambassadeur de Syrie à Bagdad Nawaf Farès avait fait défection pour dénoncer la répression du soulèvement contre le président Bachar al-Assad. Dans une vidéo diffusée sur le réseau social Facebook, il déclare "rejoindre les rangs de la révolution" et appelle les membres de l'armée à "tourner leurs armes" contre les "criminels" au pouvoir à Damas. Nawaf Farès, qui était étroitement lié à l'appareil de sécurité syrien, est le premier diplomate de haut rang à faire défection. Le geste de ce musulman sunnite au sein d'un appareil d'Etat dominé par la minorité alaouite à laquelle appartiennent Bachar al-Assad, porte un coup dur au chef de l'Etat, au pouvoir depuis 2000. La semaine dernière, le général Manaf Tlass, qui a été un ami proche président, s'était enfuit en France.

Damas semble toutefois pouvoir compter sur la fidélité de la Russie, qui reste décidée à s'opposer à tout projet de résolution du Conseil de sécurité invoquant le chapitre VII de la charte des Nations unies, qui autorise le recours à la force. Avec l'appui de la France, le Royaume-Uni a fait circuler mercredi soir un texte en ce sens pour faire appliquer le plan de paix élaboré par Kofi Annan, émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie. "Nous sommes absolument contre le chapitre VII. Tout peut être négocié, mais pas ça. C'est une ligne blanche", a martelé Alexandre Pankine, numéro deux de la délégation russe à l'ONU.

Evoquant le massacre signalé jeudi, l'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant a estimé que le Conseil de sécurité devait désormais faire pression sur les parties en présence en les menaçant de "sérieuses conséquences" en cas de non respect de ses décisions. Kofi Annan avait lui-même invité mercredi les Etats-membres du Conseil de sécurité à expliquer "clairement" au gouvernement syrien et à l'opposition qu'ils s'exposeraient à des "conséquences" s'ils n'appliquent pas son plan de sortie de crise. Le projet britannique menace notamment le gouvernement syrien de sanctions s'il ne met pas un terme à l'emploi d'armes lourdes et ne retire pas ses troupes des villes dans les dix jours suivant l'adoption de la résolution. Le vote est pour le moment prévu mercredi prochain.

L'opposition syrienne en appelle à l'ONU

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a parlé du plus "infâme des génocides commis par le régime syrien" et pressé le Conseil de sécurité de l'ONU d'adopter une résolution contraignante "urgente" sous le chapitre VII pour "arrêter cette folie meurtrière qui menace l'entité de la Syrie, la paix et la sécurité dans la région et dans le monde".

Les Frères musulmans de Syrie, membres influents du CNS, se sont déchaînés en particulier contre l'émissaire international Kofi Annan, mais aussi l'Iran et la Russie, et les ont accusés d'être "responsables" de cette tuerie, par leur inaction. Cette tuerie est semblable, selon la confrérie, aux "grands massacres du siècle", citant entre autres ceux de Sabra et Chatila au Liban 1982 et de Srebrenica (Bosnie) en 1995.

Commenter cet article

  • boubounico : Le chaos c'est maintenant! Le peuple syrien se meurt il faut agir!

    Le 13/07/2012 à 19h29
  • skip1414 : Hollande: "Le risque c'est le chaos" - Il devrait se réveiller ce Mr Hollande !! C'est bon sortez de votre niche PS et assumez vos résponsabilités !!

    Le 13/07/2012 à 13h46
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