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DOSSIER : Révolte en Syrie

Syrie : une nouvelle réunion pour rien à Paris contre Assad ?

Edité par
le 06 juillet 2012 à 05h45
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3min
Le président syrien Bachar al-Assad.

Le président syrien Bachar al-Assad. / Crédits : AFP

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Moyen-orientLa France organise ce vendredi la troisième rencontre des "Amis de la Syrie", en présence d'une centaine de pays occidentaux et arabes exigeant le départ du président syrien. Problème : la Russie, son allié principal, boycotte le rendez-vous.

Pour la troisième fois après Tunis en février et Istanbul en avril, les "Amis de la Syrie" se réunissent ce vendredi, cette fois  à Paris. Hôte de la réunion, c'est François Hollande qui ouvrira la réunion avec un objectif clair : acculer Damas à appliquer le plan de Genève de l'émissaire international Kofi Annan sur une transition politique et un cessez-le-feu jamais respecté.  "Il faut exercer toute la pression possible sur le régime meurtrier de  Bachar al-Assad, ce qui pourrait passer par une extension des sanctions", a ainsi lancé mercredi Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française -c'est lui qui prendra la parole pour conclure les débats.

Problème : comme les deux premières fois, et malgré une situation désormais de guerre civile où le bilan meurtrier s'aggrave de jour en jour, la rencontre pourrait faire "pschitt".  "Il y a le sentiment qu'il y a beaucoup trop de discussions dans des beaux hôtels, dans d'agréables réunions alors que l'on agit trop peu pour aller de l'avant et arrêter la violence", s'est même énervé mercredi à Damas le chef des observateurs des Nations unies, le général Robert Mood. 

Le départ d'Assad pas explicite

Pour faire pression sur Damas, les pays occidentaux et arabes avaient espéré arriver à Paris avec un consensus englobant la Russie et la Chine. Mais ils ne peuvent s'en prévaloir puisque l'accord obtenu samedi dernier à Genève par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni et France) suscite des divergences radicales d'interprétation (lire notre article : "Un accord trouvé à Genève sur la transition en Syrie").

Ces pays se sont entendus sur le principe d'une transition avec un nouveau gouvernement comprenant des représentants du régime et de l'opposition. Problème : le document n'évoque pas explicitement le départ de Bachar al-Assad. Résultat : Vladimir Poutine, le président russe, refuse un départ forcé et répète qu'il revient aux Syriens de déterminer leur avenir. Et, sans surprise, elle ne participera pas aux discussions de vendredi.

L'opposition à Assad divisée
 
De son côté, le Conseil national syrien, qui rassemble la majorité des courants d'une opposition qui s'illustrée cette semaine par ses divisions, a répété qu'il n'accepterait aucune initiative "sans qu'elle appelle clairement au départ de Bachar al-Assad". Il demande donc que la réunion de Paris "prenne une décision plus décisive".

Il réclame notamment une résolution coercitive de l'Onu sous chapitre VII pour obliger le régime à appliquer le plan Annan et la création d'enclaves protégées par une zone d'exclusion aérienne. Paris et Washington sont favorables à une telle résolution sous chapitre VII -qui inclut un possible recours à la force. Mais Moscou y est bien sûr opposé.

La France optimiste malgré tout
 
Dans ces conditions, cette troisième réunion des "Amis de la Syrie" sert-elle vraiment à quelque chose ?  Oui, insiste-on à Paris, où l'on se rassure avec la présence d'une centaine de délégations et par le fait que la mobilisation contre Bachar al-Assad marque des points.

Pourtant, à part une petite poignée de chefs de gouvernement, les participants ne sont cependant "que" des ministres des Affaires étrangères, voire des officiels d'un grade inférieur.

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  • poilagratter01 : Une parfaite illustration de la méthode du président rondouillard "normal Moi Je", beaucoup de bla, bla, bla, bla, et d'engagements basés que sur le vide sidéral et des illusions en veut tu en voilà. Car sans la Russie et la Chine deux membres permanents du conseil de sécurité même un enfant de six ans sait parfaitement que absolument rien ne peut simplement être décidé ou même envisagé.Du parfait cirque médiatique pour la galerie comme pendant sa campagne électorale et ses promesses complètement abracadabrantesques!!!!!!

    Le 06/07/2012 à 10h49
  • riviera13 : Pour la Libye, on n'a pas trop discuté, ça a été assez rapide et, on n'en parle plus. Qui a permis cela?? Et oui, le soit disant Président sortant mais présent pour prendre seul cette décision. On y réfléchi??

    Le 06/07/2012 à 10h40
  • diktatur : Pourvu que tous les participants de la réunion fassent bonne chère aux frais du contribuable français....la réunion débouchera comme d'hab sur une impasse....

    Le 06/07/2012 à 10h37
  • 35philippe : Mais non fabuis a dit que c'était réglé il aurait menti pas possible

    Le 06/07/2012 à 10h32
  • rpjbrpjb : Voila toute l'impuissance des grandes nations à trouver un terrain d'entente. C'est bien connu les requins ne se mangent pas entre eux. Les Russes ont trop d'intérets à conserver pour ne pas laisser tomber Bachar El Assad. La Syrie ils s'en fiche. On a trop laisser les choses s'envenimer pour trouver une solution à ce problème. Mais nous européens sommes nous sur de vouloir le départ de El Assad, je n'en suis pas si sur. Il y a aussi certains accords qui demeurent avec la Syrie qui permettent à certains pays de récupérer des matières premières.

    Le 06/07/2012 à 08h07
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