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DOSSIER : Révolte en Syrie

Turquie : que transportait vraiment l'avion syrien ?


le 11 octobre 2012 à 08h44 , mis à jour le 11 octobre 2012 à 10h35.
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4min
Avion de ligne syrien lors d'une escale forcée à Ankara (11 octobre 2012)
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Moyen-orientLa Turquie a laissé redécoller jeudi matin un avion de ligne syrien en provenance de Moscou et à destination de Damas, après l'avoir contraint à rester plusieurs heures à Ankara, et avoir saisi une partie de sa cargaison soupçonnée de contenir des armes.

L'escale forcée à Ankara aura duré neuf heures pour l'A-320 syrien. Et c'est finalement aux premières heures de jeudi, vers 1h30, heure française, que cet avion de ligne en provenance de Moscou et à destination de Damas a pu redécoller. Avec sa trentaine de passagers, mais allégé au passage d'une cargaison qualifiée de "d'illégale" par les autorités turques. Que contenait au juste cette cargaison ? Le ministre turc des Affaires étrangères ne s'est guère avancé. Tout au plus a-t-il indiqué : "Il y a des éléments à bord qu'on peut qualifier de douteux", en soulignant que ce que transportait l'appareil "aurait dû être signalée" en conformité avec la réglementation de l'aviation civile.

L'appareil syrien avait été escorté mercredi soir par deux avions F4 de l'armée de l'air turque puis forcé d'atterrir à l'aéroport d'Ankara-Esenboga pour des contrôles de sécurité, les autorités turques soupçonnant la présence d'armes et de munitions à son bord. Il pourrait s'agir de pièces de missile selon la chaîne d'information NTV, ou de matériel de communication destiné au régime de Bachar al-Assad selon la télévision publique TRT.

Trafic aérien interrompu entre la Turquie et la Syrie

"Il n'y avait ni armes ni composants pour des armements à bord de l'appareil", a de son côté déclaré une source russe dans les services d'exportation d'armes jeudi à l'agence Interfax. "S'il avait fallu livrer à la Syrie des équipements militaires ou des armes, cela aurait été fait en bonne et due forme, et non pas par une voie illégale, d'autant plus avec des civils à bord de l'appareil", a ajouté ce responsable. L'incident a fait sourciller la Russie, certains de ses ressortissants se trouvant à bord de l'avion immobilisé. "Selon de premières informations qui sont encore à vérifier, il y a 17 citoyens russes, y compris des enfants, à bord de l'avion", avait indiqué mercredi soir une source au ministère russe des Affaires étrangères. "L'ambassade de Russie en Turquie s'est immédiatement adressée au ministère turc des Affaires étrangères pour exiger des explications, et a posé la question de l'accès aux citoyens russes pouvant se trouver à bord de ce vol régulier Moscou-Damas". Mais aux yeux du chef de la diplomatie turque, "en l'état actuel des choses, l'incident ne devrait pas affecter les relations turco-russes".

On ne peut pas en dire autant des relations turco-syriennes. Après l'interception de l'Airbus syrien, Ankara avait demandé aux compagnies aériennes turques d'éviter l'espace aérien syrien dans la crainte de possibles représailles, selon la chaîne NTV. Cet avertissement a entraîné une courte interruption du trafic aérien et des changements de cap. Des avions turcs qui s'apprêtaient à franchir la frontière syrienne ont été vus rebroussant chemin vers la Turquie.

La Syrie a interrompu ses achats d'électricité turque

Autant d'éléments témoignant de la tension qui règne entre la Turquie et la Syrie. Depuis le bombardement du village d'Akçakale le 3 octobre, l'armée turque répond coup pour coup aux tirs syriens atteignant le territoire turc en visant des positions tenues par les troupes fidèles au président Bachar al-Assad. La Turquie, membre de l'Otan, a rompu avec le régime de Damas, soutient les rebelles syriens et accueille sur son sol 100.000 réfugiés syriens. Elle a renforcé sa présence militaire sur la frontière longue de 900 km avec la Syrie, déployant des batteries d'artillerie et des chars notamment. La Syrie a suspendu il y a une semaine ses importations d'énergie électrique en provenance de la Turquie, qui a riposté à plusieurs reprises depuis une semaine à des tirs d'obus venus du territorie syrien, a annoncé jeudi le ministre turc de l'Energie Taner Yildiz. "La Syrie a arrêté ses achats d'électricité à la Turquie il y a une semaine", a déclaré M. Yildiz devant la presse, ajoutant que son pays était près à reprendre ses livraisons si son voisin le demandait.

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