Yémen : les ex-otages sont en France

le 14 novembre 2011 à 18h04 , mis à jour le 16 novembre 2011 à 10h19

Dossier : Otages français

Un avion transportant les trois ex-otages français, libérés après avoir été aux mains d'Al-Qaïda au Yémen pendant plus de cinq mois, s'est posé lundi soir sur l'aéroport militaire de Villacoublay, près de Paris.

Ils sont sur le sol français. L'avion transportant les trois ex-otages français, libérés après avoir été aux mains d'Al-Qaïda au Yémen pendant plus de cinq mois, s'est posé lundi vers 20h30 sur l'aéroport militaire de Villacoublay, près de Paris. Ils ont été accueillis au pied de l'avion, un Falcone, par le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a indiqué le Quai d'Orsay.
  • Yémen : la Française enlevée mardi a été libérée

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  • Juppé : "la France a pour principe de ne pas payer de rançon"

    Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères, a précisé qu'il n'y avait pas non plus eu d'intervention militaire pour libérer les trois ex-otages français, libérés après avoir été aux mains d'Al-Qaïda au Yémen pendant plus de cinq mois.

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Les trois humanitaires - deux hommes et une femme -, âgés de 25 à 30 ans, appartiennent à l'ONG  française Triangle Génération Humanitaire. Le co-directeur de l'ONG, Pierre Verbruggen, a fait part de son "grand soulagement" après l'annonce de la libération, en ajoutant  qu'il n'avait aucune information sur la date de leur retour en France. Après ces libérations, il reste cinq français retenus en otage dans le  monde, l'un ayant été enlevé en Somalie, les quatre autres au Niger.

En bonne santé, les trois Français sont arrivés lundi en milieu de journée à l'aéroport militaire de Mascate. L'homme  portait la barbe, l'une des deux femmes portait une longue jupe et l'autre un pantalon. Ils sont arrivés à la base militaire d'Al-Seeb, près de Mascate, à bord d'un avion militaire omanais qui les a acheminés depuis  Salalah, à un millier de kilomètres au sud de la capitale du sultanat. "Nous sommes très heureux d'être enfin libres et de pouvoir retourner dans nos familles. Nous remercions tous les trois le sultan Qabous d'Oman pour son implication et pour tous les efforts déployés afin de nous mener vers la liberté, et nous sommes très reconnaissants pour l'hospitalité qui a été offerte au cours de notre présence à Oman", ont expliqué les ex-otages.

Ils avaient auparavant été conduits par la route jusqu'au sultanat d'Oman,  a expliqué à l'AFP un chef tribal ayant contribué à leur libération au Yémen. Il faut environ sept heures pour faire le trajet de la province sudiste yéménite de Chabwa, où ils ont été libérés, à la frontière omanaise. Un homme d'affaires yéménite, Ahmed Ben Férid al-Souraimeh, qui vit en exil  dans le sultanat d'Oman et a contribué à leur libération, se trouvait avec eux  dans l'avion. Ils ont été accueillis par l'ambassadrice de France au sultanat d'Oman, Malika Berak.

"La médiation tribale a été menée auprès de Fahd al-Qussa, un chef  d'al-Qaïda dans la Péninsule arabique (Aqpa), dont les hommes retenaient en  otage les trois Français", a précisé un responsable local. "La libération des otages français a été négociée par des dignitaires de la tribu d'Al-Awalaq auprès de Fahd al-Qussa, qui appartient à cette tribu", a indiqué le médiateur tribal, qui a requis l'anonymat. Les ex-otages étaient "retenus ces dernières semaines dans la province de Chabwa", a-t-il ajouté. Chabwa, un fief de l'Aqpa, est la province d'origine d'Anwar al-Aulaqi,  l'imam américano-yéménite tué le 30 septembre dans une frappe américaine au Yémen.
 
Rançon ?
 
Un responsable gouvernemental avait fait état dimanche d'une médiation tribale pour la libération des otages français. Dans son communiqué, la présidence française précise que "le chef de l'Etat  remercie chaleureusement le sultan d'Oman et les autorités omanaises pour leur  aide déterminante, ainsi que toutes les personnes ayant contribué à cet heureux dénouement". Fin septembre, Washington avait également remercié le sultan Qabous pour la médiation d'Oman dans la libération des deux randonneurs américains détenus  alors en Iran sous l'accusation d'espionnage. Oman avait alors payé une caution de 400.000 dollars réclamée par la justice iranienne pour chacun des randonneurs, selon l'avocat de ces Américains  en Iran. Des sources tribales avaient indiqué fin juillet que les trois otages français étaient aux mains d'éléments d'al-Qaïda qui demandaient une rançon de 12 millions de dollars pour les libérer. 

Et selon des sources tribales et de sécurité, la France s'est bien acquittée de cette rançon. "Ahmed Ben Férid al-Souraimeh, qui vit  en exil dans le sultanat d'Oman, a joué un rôle déterminant dans la libération  des otages", a expliqué la source tribale sans plus de détails. Ce que Paris a démenti. "Nous ne payons pas de rançon", a assuré lors d'un point-presse le porte-parole du ministère, Bernard Valero. Fin octobre, le ministre français de la Défense Gérard Longuet avait  indiqué que les demandes des ravisseurs étaient "assez confuses".

Les trois humanitaires avaient disparu le 28 mai à Seyoun (600 km à l'est  de Sanaa), chef-lieu du Hadramout. Ils travaillaient pour un programme de  développement agricole et notamment pour la remise en état d'infrastructures,  cette la région, dans laquelle "on est bien intégrés", selon M. Verbruggen. Après la disparition de ses trois employés, l'ONG avait suspendu ses  programmes au Yémen en proie à une vague de violences liées à un mouvement de  contestation du régime et à un regain d'activité d'al-Qaïda dans le Sud. Le Yémen est le théâtre de fréquents enlèvements d'étrangers par des  tribus. Plus de 200 d'entre eux y ont été enlevés ces 15 dernières années et la grande majorité ont été libérés sains et saufs.

le 14 novembre 2011 à 18:04
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5 Commentaires

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  • lakoredine, le 15/11/2011 à 12h47

    Et éviter la colère des Français !

  • villiersid, le 15/11/2011 à 09h04

    (franky37) Personne ne croit que l'on ne paie pas de rançon. Si on le dit c'est simplement afin d'éviter l'inflation et la muliplication des enlèvements.

  • franky37, le 15/11/2011 à 08h11

    "Plus de 200 d'entre eux y ont été enlevés ces 15 dernières années". Et malgré cela, il s'en trouve pour y aller ! Comment peut-on croire que la France n'a pas payé de rançon ? Quel serait alors le but de ces enlèvements ? Je veux bien croire que la France ne s'est pas acquitté de cette somme directement auprès des ravisseurs, mais le "médiateur" n'a pas du agir pour nos beaux yeux.

  • dameiris, le 15/11/2011 à 07h02

    Bienvenue !

  • lucien31, le 15/11/2011 à 00h29

    Bon retour chez nous à ces humanitaires

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