Yémen: Saleh prêt à abandonner le pouvoir ?

le 08 octobre 2011 à 17h46 , mis à jour le 08 octobre 2011 à 18h00

Le président contesté du Yémen, Ali Abdallah Saleh, s'est déclaré samedi disposé à abandonner le pouvoir "dans les prochains jours", mais a affirmé qu'il ne le remettrait pas à ses opposants. Ces derniers ne croient pas à ses propos.

Ali Abdallah SalehAli Abdallah Saleh, mai 2011 © TF1/LCI

"Je ne veux pas le pouvoir, et je l'abandonnerai dans les jours prochains". Dans un discours retransmis par les médias officiels, le président contesté du Yémen, Ali Abdallah Saleh, s'est déclaré samedi disposé à abandonner le pouvoir. Toutefois, cette décision n'est pas dénuée de condition puisqu'il a affirmé qu'il ne le remettrait pas à ses opposants. Cette annonce devrait malgré tout en réjouir beaucoup: le départ de Saleh est réclamé depuis fin janvier par un mouvement de contestation  populaire.

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Le chef de l'Etat s'est déchaîné dans ce discours décousu contre ses opposants, et affirmé qu'il y avait "des hommes sincères, qu'ils soient militaires ou civils", capables de gouverner le Yémen. Il a affirmé que le pays faisait "face depuis neuf mois à un complot", dans une allusion à la vague de contestation. "Le peuple yéménite résiste depuis neuf mois à ce grand complot, comme ni la Tunisie, ni l'Egypte, ni la Libye ni aucun autre pays arabe n'a résisté", a-t-il dit.
 
Dans quelles conditions pourrait se passer cette transition ? Le président yéménite a annoncé qu'il allait convoquer une réunion du Parlement dans les prochains jours, mais sans préciser si c'était dans le but de prendre une décision quelconque. "Nous nous retrouverons dans les prochains jours pour expliquer au peuple la vérité et tous les développements en toute transparence", a-t-il dit. Le président yéménite, au pouvoir depuis 33 ans, avait déjà dit dans le passé qu'il était prêt à un transfert du pouvoir et à signer un plan élaboré par les monarchies arabes du Golfe pour remettre le pouvoir à l'opposition, mais il n'avait pas agi en conséquence.

"Nous ne croyons pas cet homme"

Un premier recul qui rend méfiant ses opposants : interrogée par la chaîne arabe Al-Jazira, la militante yéménite Tawakkol Karman, qui a reçu vendredi le prix Nobel de la paix, a rejeté comme des mensonges les propos du chef de l'Etat. "Nous ne croyons pas cet homme (...) il doit remettre le pouvoir qu'il a usurpé à la révolution. Nous poursuivrons notre révolution pacifique", a ajouté la jeune femme qui campe depuis des mois sur une place de Sanaa aux côtés d'autres opposants pour réclamer la chute de M. Saleh.
 
M. Saleh est retourné le 23 septembre à Sanaa après plus de trois mois d'absence en Arabie saoudite où il était soigné pour des blessures reçues lors d'une attaque le 3 juin contre son palais à Sanaa. Les forces qui lui sont fidèles et commandées par des membres de sa famille, se sont opposées ces dernières semaines aux unités dissidentes de l'armée à Sanaa, faisant des dizaines de morts. Dans une interview au Time et au Washington Post publiée le 29 septembre, M. Saleh a affirmé qu'il ne quitterait pas le pouvoir si ses anciens alliés devenus ses opposants étaient autorisés à participer à des élections, estimant que cela mènerait à une guerre civile. Malgré les fortes pressions internationales et régionales pour partir, M. Saleh avait exclu de céder le pouvoir tant que ses adversaires et anciens alliés, le général dissident Ali Mohsen al-Ahmar et la tribu des Ahmar, auraient de l'influence.

le 08 octobre 2011 à 17:46
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