Sidi Bouzid, le 17 décembre 2011. © AFP
Il y a an, le "printemps arabe" débutait...
Le 17 décembre 2010, Mohammed Bouazizi, un vendeur ambulant, s'immolait après une altercation avec une policière à Sidi Bouzid, en Tunisie. L'événement allait déclencher la révolte dans le pays puis dans tout le monde arabe.
Publié le 17/12/2011
"Merci à cette terre, qui a été marginalisée durant des siècles, pour avoir rendu la dignité à tout le peuple tunisien", a lancé le président tunisien, Moncef Marzouki, en rejoignant le rassemblement dans le centre de la ville. Un monument commémoratif représentant le chariot de Bouazizi entouré de chaises vides en symbole des "dictateurs" arabes déchus, a été dévoilé sous les applaudissements d'une foule compacte. "Notre rôle est de vous rendre la joie de vivre qui vous a été volée par les despotes. Sidi Bouzid doit être au même rang que les autres régions développées du pays", a martelé le chef de l'Etat. Selon les organisateurs, l'armée devait tirer une salve de 17 coups de feu pour marquer l'évenement, retransmise en direct sur la télévision tunisienne.
Hommage aux martyrs
Des drapeaux de la Tunisie, des portraits des "victimes de la révolution", ainsi qu'une photo géante de Bouazizi ornent le centre de Sidi Bouzid où des syndicalistes, des militants de droits de l'Homme tunisiens et arabes ainsi que des membres de l'Assemblée constituante ont pris le micro pour rendre hommage à tous les "martyrs" de la révolution. Selon les chiffres officielles, les nombreuses manifestations réprimées dans le sang par la police de Ben Ali avaient fait au moins 300 morts. "Je regarde autour de moi et je vois dans la foule beaucoup de jeunes qui avaient bravé les balles de la police de Ben Ali l'an dernier pour défendre des valeurs de liberté et de dignité", a déclaré Sabrine Ammari, une militante des droits de l'homme.
D'autres participants aux cérémonies ont dit leur fierté d'être les pionniers du "Printemps arabe" mais ils ont exprimé leur frustration que les promesses de la révolution tardent à se concrétiser. "Rien n'a été réalisé jusqu'à présent, des emplois n'ont pas été créés et aucun développement économique et social n'a été enregistré. Les jeunes qui ont compris le geste de Bouazizi sont impatients", a déploré Moncef Dridi, un jeune chômeur de 28 ans.
Toute la région s'embrase
Les Egyptiens ont pris le relais de la "révolution du Jasmin" tunisienne. Pendant dix-sept tours, ils se rassemblent place Tahrir, en plein centre du Caire, pour demander le départ d'Hosni Moubarak. Le vendredi 11 février, celui-ci annonce son retrait -il sera jugé quelques mois plus tard.
Au même moment, c'est toute la région qui s'embrase contre les dirigeants ou les régimes autoritaires en place depuis des années. Fin février, c'est notamment au tour de Mouammar Kadhafi d'être contesté en Libye. Sa réplique est sanglante, au point que les Occidentaux interviennent militairement avec l'aval de l'Onu. Connaissant le personnage, beaucoup d'observateurs prédisent qu'il ne prendra ni l'avion ni démissionnera. Le 20 octobre, après une longue guerre civile, il est capturé par les rebelles et tué. En novembre, Ali Abdallah Saleh, au pouvoir au Yémen depuis 1978, accepte de passer la main -son départ effectif est prévu pour début février 2012.
L'"automne islamiste"
Quelques mois après ce "printemps arabe", des élections sont organisées en Tunisie, au Maroc et en Egypte. C'est alors la douche froide pour beaucoup d'Occidentaux et de militants démocratiques : l'"automne islamiste" prend en effet le relais. Les islamistes d'Ennahda l'emportent ainsi en Tunisie en octobre. Un mois plus tard, rebelote avec le PJD au Maroc et les Frères musulmans en Egypte.
La tendance serait probablement identique dans les autres pays en cas d'élection. La raison en est simple : les islamistes sont les seuls à s'être vraiment impliqués auprès des populations ces dernières années.
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