Il y a 30 ans, Jim Morrison...

Par , le 03 juillet 2001 à 07h42 , mis à jour le 09 octobre 2003 à 21h14

Le monde du rock commémore aujourd’hui le 30e anniversaire de la mort du chanteur des Doors. Décédé à Paris, le 3 juillet 1971, dans des conditions troubles, il repose au Père Lachaise, où sa tombe est devenue un lieu de pèlerinage.

doors Morrison © INTERNE

Faut-il mourir à 27 ans pour devenir une légende du rock ? Comme Brian Jones en 1969, comme Jimmy Hendrix et Janis Joplin en 1970, comme Kurt Cobain en 1994 ? Et comme Jim Morrison en 1971 ? Toujours est-il que tous les cinq possèdent la particularité d’être décédé à 27 ans d’une mort troublante - noyade dans une piscine pour Brian Jones, overdose pour Hendrix et Joplin et suicide par balle pour Cobain.

De son côté, Jim Morrison a officiellement succombé à une "mort naturelle". Le matin du 3 juillet 1971, prévenus par un appel anonyme, les pompiers parisiens arrivent au 17 de la rue Beautreillis, dans le 4e arrondissement. Le chanteur des Doors y vit alors depuis quelques mois pour tenter d’échapper à la célébrité. Le légiste conclut à une mort naturelle, suite à des troubles coronariens, apparemment aggravés par l'abus d’alcool. Il est vrai que la rock-star avait passé une soirée très arrosée au "Rock and roll Circus", le célèbre club aujourd’hui disparu. Le 7 juillet, l’inhumation se déroule dans le plus grand secret au Père Lachaise. C’est seulement le lendemain que la mort est rendue publique.

Overdose, FBI, Afrique…

Très rapidement, des rumeurs contredisant la thèse officielle se mettent à circuler. On parle d’une overdose survenue au "Rock and roll Circus". Ses amis auraient ensuite transporté le corps à son domicile et l'auraient placé dans la baignoire pour faire croire à une crise cardiaque. Certains évoquent également un complot du FBI, prêt à tout pour faire taire le héros de la génération qui s’oppose à la guerre du Vietnam. Encore plus fou : Jim Morrison aurait tout manigancé lui-même, pour aller vivre incognito en Afrique sur les traces de Rimbaud.

Il n’en fallait pas plus pour transformer Jim Morrison en véritable mythe. Sa tombe devient vite un lieu de visite très fréquenté. Ses fans s’y recueillent régulièrement. En 1991, pour la commémoration du 20e anniversaire de sa mort, l’affluence est telle que le cimetière doit être fermé après l’intervention de la police. Depuis, deux caméras-vidéo sont installées pour surveiller la sépulture, également gardée par plusieurs maîtres-chiens. Un comble pour ce rebelle à toute autorité…

Le business Morrison

Le 30e anniversaire de la mort de Jim Morrison sert de prétexte pour la sortie de toutes sortes de disques et de livres. Sur le plan éditorial, paraissent "Jim Morrison et les Doors" de Jean-Yves Reuzeau (Librio), et, au Castor Astral, "Le tragique roman de Pamela et Jim Morrison" de Patricia Butler, ainsi que "Morrison, un festin entre amis", réédition d'un livre de Frank Lisciandro, initialement paru en 1993, sous le titre de "Feast of Friends". Un livre distribué par la librairie parisienne Parallèles : "The Doors : On Stage" (éditions Moving Sound Books), de Fulvio Fiore et Gilles Yepremian, complète cette série.

Côté disques, est paru le 27 mai chez Elektra/eastwest "The Best Of The Doors", un florilège de 37 chansons avec l'essentiel de leurs classiques ("L.A. Woman", "Light My Fire", "When The Music's Over", "Riders On The Storm"...). Cette compilation, qui a déjà été éditée, est enrichie cette fois par une composition ("Mosquito") tirée du disque "Other Voices", enregistré après le décès de Morrison, toujours sous le nom des Doors, par ses trois camarades, Ray Manzarek, Robbie Krieger et John Densmore. Bright Midnight Records (le label qui gère le patrimoine discographique des Doors), en association avec Elektra/Warner, a sorti le 16 juin "Bright Midnight/Live In America", florilège d'extraits de concerts datant de 1969/1970, disponible jusqu'ici seulement sur internet. Le disque comprend deux inédits ("Baby Please Don't Go", classique du répertoire des Them, et "St James Infirmary", standard blues immortalisé notamment par The Animals). 

Plus d'infos
Par Fabrice Aubert le 03 juillet 2001 à 07:42
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