Depeche Mode se risque à Bercy

Par Fabrice AUBERT, à Bercy, le 11 octobre 2001 à 09h56 , mis à jour le 15 septembre 2003 à 20h50

Dans le cadre de son «Exciter tour», le groupe anglais était à Paris mardi et mercredi. Toujours aussi énergique sur scène et malgré l’oubli volontairement risqué de plusieurs tubes, il a livré une prestation de bonne facture. tf1.fr assistait au second concert.

dm live 5 © INTERNE

Un show rôdé après quatre mois de tournée, un public parisien généralement considéré comme l’un des meilleurs d’Europe, une salle comble et appréciée d’un groupe qui lui réserve tous ses passages dans la capitale depuis 1984 et une prestation filmée pour les besoins d’un futur DVD. Tous les ingrédients étaient réunis pour que les concerts de Depeche Mode au Palais Omnisports de Paris-Bercy soient aboutis. Même si tout n’a pas été parfait, les kids de Basildon ont réussi leur pari.

Renforcés comme en 1998 lors du "Singles tour" par un batteur, un clavier et deux choristes, ils se produisent sur une scène plutôt minimaliste. Dessinée par Anton Corbijn, le photographe-réalisateur de rock, elle est composée d’un écran géant qui recevra des projections par intermittence.

Contre-pied

Martin Gore, David Gahan et Andrew Fletcher commencent tout d’abord par prendre les 17 000


La voix de David Gahan
toujours au top
AFP-
spectateurs du POPB à contre-pied. Dans une tenue kitsch à souhait, Martin Gore, bardé d’une guitare qu’il ne quittera quasiment pas, joue les premiers accords de "Dream on" en acoustique. On s’attend alors à ce que le premier single issu d’Exciter ouvre le concert. Mais l’arrivée de David Gahan, saluée par une foule en délire, est accompagnée de la sirène stridente de "The dead of night". Véritable déluge sonique, ce morceau démontre une nouvelle fois les évolutions d’un groupe bien loin du tout-synthétiseurs de ses débuts.

Mené par un David Gahan débordant d’énergie à l’approche de la quarantaine, le trio ne tombe pas ensuite dans le piège tentant de délivrer un "Greatest hits tour" agrémenté d’une ou deux chansons du nouvel album. Evidemment, les grands classiques repris en chœur ("Personal Jesus" ou "I feel you", dans une version que ne renierait pas les hardos) alternent avec les extraits d’Exciter ("The sweetest condition", "When the body speaks"…).

Le single du moment à la trappe !

Mais, avec une partie lente qui laisse la part belle à la prestation vocale de son chanteur (tout en refroidissant les ardeurs des moins ultra des fans), Depeche Mode n’hésite pas également à remettre en selle des anciens titres comme "Waiting for the night" ou "Condemnation". Et quand Martin Gore passe comme d’habitude derrière le micro principal, c’est pour interpréter "Sister of night", chantée par Gahan dans sa version studio –certains soirs, il reprend même "Surrender", une obscure face B. Cette prise de risque se traduit par le passage à la trappe de "I feel loved", morceau le plus dansant d’Exciter, actuellement diffusé sur les radios !

L’attitude est artistiquement louable. Mais elle est loin de plaire à une grande partie d’un public venu justement pour entendre les tubes des années 80. Un malentendu partiellement oublié lorsque le célèbre "Never let me down again" conclut une prestation de deux heures en transformant Bercy en un véritable champ de blé. Et on se dit finalement que l’"Exciter tour" ne porte peut-être pas si mal son nom.

A VOIR
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POUR ALLER PLUS LOIN
Le site officiel de Depeche Mode
Le site de Labels, la maison de disque française du groupe
Un site de fans français

Par Fabrice AUBERT, à Bercy le 11 octobre 2001 à 09:56
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