© AFPAvec George Harrison, c'est un petit bout d'Angleterre qui est parti ce jeudi. Et une grande figure de Liverpool, la ville ouvrière qui a vu naître les Beatles. A l'annonce de la nouvelle, la mairie a mis le drapeau en berne sur l'hôtel de ville et a ouvert de nombreux livres de condoléances. A Buckingham, la fanfare d'un régiment a joué un pot-pourri des meilleurs titres des Beatles au moment de la relève de la garde. La reine elle-même s'est déclarée "attristée" et le Premier ministre Tony Blair a tenu à rappeler que la musique des Beatles, "la personnalité des membres du groupe faisaient partie de notre vie".
Visiblement bouleversé, Paul McCartney a pleuré son "petit frère" : "Nous savions qu'il était malade depuis longtemps. C'était un gars adorable et un homme très courageux doté d'un fantastique sens de l'humour. Nous avons grandi ensemble. Je me souviens des moments formidables que nous avons traversé ensemble et j'aimerais me rappeler de lui comme ça, parce que je sais que c'est comme ça qu'il aimerait qu'on se souvienne de lui", a déclaré l'ancien Beatle, soulignant qu'Harrison était "un type bien, plein d'amour pour l'humanité".
Longue lutte contre le cancer
George Harrison est mort des suites d'un cancer du cerveau à Los Angeles, dans la maison d'un ami, accompagné de sa femme et de son fils. Agé de 58 ans, ancien gros fumeur, il était malade depuis longtemps. Il avait été opéré une première fois en 1997 d'une tumeur cancéreuse à la gorge, avant de subir une nouvelle intervention en mars dernier à New York pour une tumeur aux poumons.
Harrison n'avait certes pas la personnalité de Lennon et McCartney, ni leur incroyable et intarissable créativité. Il n'assumait pas aussi bien que ses deux comparses l'immense succès des Beatles. "Il était un peu le bébé des Beatles", explique le premier producteur du groupe, George Martin, "à l'inverse de Paul et John, il a eu du mal à développer ses talents d'écriture et à composer sa musique seul".
De Something à Heres comes the sun
Mais, comme l'a souligné vendredi matin le chanteur Bob Geldof, "il n'était pas un Beatle réticent. Je veux dire par là que sa place dans la culture populaire est tout à fait assurée". Car du talent, Harrison en avait, assurément. Il a écrit certaines des plus belles chansons du groupe, du délicat Something au lumineux Here comes the Sun en passant par While my guitar gently sweeps et Taxman. Il est aussi l'homme qui a permis aux Beatles de s'ouvrir à d'autres musiques, introduisant sitar et influences indiennes dans leurs morceaux.
Sa carrière solo n'eut pas la constance de celle de McCartney et ne fut pas auréolée de gloire comme celle de Lennon. Piètre homme d'affaire, homme trop réservé pour bien se vendre, il n'a su que rarement se faire une place en tant qu'artiste solo, avec notamment le célèbre My Sweet Lord, pour lequel il fut tristement accusé de plagiat, et l'album All things must pass, longtemps mésestimé et réédité cette année.
Ce matin, le Premier ministre irlandais Bertie Ahern a résumé simplement le sentiment prédominant en Grande-Bretagne : "Je suis sûr que beaucoup de monde sera très triste ce matin".
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