Henri Verneuil est mort

Par Olivier CORRIEZ, le 12 janvier 2002 à 15h27 , mis à jour le 11 janvier 2002 à 15h33

Le cinéma français porte à nouveau le deuil avec la mort d'un de ses plus populaires réalisateurs. Henri Verneuil est mort à l'âge de 81 ans. On lui doit notamment des films comme "La vache et le prisonnier", "Cent mille dollars au soleil" ou "Peur sur la ville".

Une photo du réalisateur Henri Verneuil © INTERNE

Peur sur la ville, I… comme Icare, Le Clan des Siciliens… Quelques titres de films qui rappelleront beaucoup de souvenirs à de nombreux amateurs de cinéma. Ces films, devenus indispensables avec le temps, avaient pour père Henri Verneuil. Le cinéaste vient de mourir à l'âge de 81 ans. Tout au long d'une carrière, agrémentée de plus de trente films, le réalisateur sera resté fidèle à une règle d'or, celle de ne pas mépriser le public. Dans le cercle des cinéphiles, Verneuil ne jouissait pas d'une bonne réputation. Son cinéma était jugé par trop facile, par trop populaire. Mais son respect du spectateur lui a valu de très beaux succès, voire des triomphes.

De gros succès public

En 1920, Henri Verneuil, de son vrai nom Achad Malakian, voit le jour à Rodosto en Turquie. Ses parents, des Arméniens, fuient le pays quatre ans plus tard pour échapper aux persécutions. La famille se retrouve en France. Après une petite carrière de journaliste, Henri Verneuil se lance dans le cinéma dans les années 50. Le succès sera rapidement au rendez-vous grâce notamment à ses collaborations avec Fernandel, dont tout le monde retiendra La vache et le prisonnier. De 1960 à 1980, il enchaîne succès sur succès. La plupart des films qu'il a réalisés pendant cette période sont d'ailleurs devenus des classiques : Mélodie en sous-sol avec Jean Gabin et Alain Delon, Cent mille dollars au soleil avec Jean-Paul Belmondo et Lino Ventura, Un Singe en Hiver avec Gabin et Belmondo, Le Clan des Siciliens avec Gabin, Delon et Ventura, I… comme Icare avec Yves Montand et surtout Peur sur la ville avec un Belmondo au mieux de sa forme et à l'apogée de son succès. C'est d'ailleurs pendant cette période qu'il a été surnommé le plus américain des réalisateurs français mais il a souvent été la cible de la critique et en a été blessé.

Le testament

Depuis dix ans, Henri Verneuil s'était mis à l'écart. L'un de ses deux derniers films, Mayrig restera comme son testament. Il y racontait son parcours, son enfance à Marseille, un film méconnu qu'il tirait de son propre roman paru en 1985. En 1996, le cinéaste recevait un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. Depuis peu, le réalisateur avait été admis à l'Académie des Beaux Arts. Belle reconnaissance pour cet éternel mal-aimé de la profession.

Par Olivier CORRIEZ le 12 janvier 2002 à 15:27
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