© AFPBoris Becker, a admis sa "faute" au premier jour de son procès pour fraude fiscale mercredi devant le tribunal de Munich, mais a plaidé sa bonne foi, alors que plane sur lui la menace d'une peine de prison. Le procureur bavarois a en effet requis trois ans et six mois de prison ferme à l'encontre de l'ancien triple vainqueur de Wimbledon. Becker, 34 ans, est soupçonné d'avoir déclaré de 1991 à 1993 son domicile principal à Monaco, un paradis fiscal où l'on ne paye pas d'impôt sur le revenu, alors qu'il habitait en réalité la plupart du temps à Munich, où il était donc imposable. Au total, 1,7 million d'euros auraient échappé au fisc.
Costume sombre et chemise claire, le plus "people" des ex-sportifs allemands s'était d'abord longuement livré aux photographes. Il a ensuite d'emblée admis que le fait d'avoir acquis un appartement dans la capitale bavaroise constituait une "faute", dont il assumait la "responsabilité" et pour laquelle il devait "payer". "Je n'ai pas écouté les conseils", a-t-il reconnu. Mais il a clamé que ce logement "spartiate, dans lequel il n'y avait même pas un réfrigérateur" et qu'il ne fréquentait que "rarement", ne pouvait être considéré comme domicile fiscal.
Jugement jeudi
C'est conseillé par son manager de l'époque, le Roumain Ion Tiriac, que le plus jeune vainqeur de l'histoire de Wimbledon (il avait 17 ans en 1985) s'était installé à Monaco au milieu des années 1980. "A 16 ans, je ne m'intéressais pas aux histoires d'impôts. Je n'avais que le tennis en tête, et de temps en temps une fille. A Monaco, il y avait les meilleures conditions d'entraînement". "La seule chose que l'on peut me reprocher, c'est d'avoir pris cet appartement à Munich. On ne peut me reprocher d'avoir tu des revenus ou d'avoir eu des intentions criminelles", a-t-il aussi plaidé. Becker a également mis sur le compte de cette "procédure pesante" entamée en 1996 l'arrêt de sa carrière. Car "pour jouer au tennis, il faut avoir la tête libre". Et d'affirmer que son père, aujourd'hui décédé, n'avait pu se rendre à une séance de chimiothérapie en raison d'une perquisition.
Ses avocats ont alors surpris en annonçant que leur client venait de verser 3 millions d'euros au centre des impôts de Munich. Le procureur bavarois, Matthias Musiol, a certes pris acte de ce versement "avec lequel toutes les dettes sont payées", mais n'en a pas moins requis trois ans et demi de prison ferme. L'aveu et le paiement sont intervenus en dernière minute, a-t-il fait valoir, au grand dam de la défense pour qui, "tout au plus", une peine avec sursis serait envisageable. Le jugement devrait intervenir dès jeudi, alors que le procès était prévu pour durer trois jours.
(photo afp : archives)
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