Ses mimiques, tellement reconnaissables, étaient devenues sa marque de fabrique. Grimaçant et plein de tics, petit, chauve, l'oeil vif et bleu, volubile, Louis de Funès incarnait une sorte de Français moyen, râleur et colérique. Au total, sa filmographie compte plus de 120 films, du simple rôle de figurant à la star principale sur laquelle reposait le projet. A la fin de sa carrière, le seul fait d'apposer son nom sur une affiche était devenu un gage de succès, même si la qualité laissait parfois à désirer. Une sacrée revanche pour un acteur qui ne connut véritablement la gloire qu'à la cinquantaine.
 "Le gendarme de St-Tropez" AFP- |
Après ses études au lycée Condorcet de Paris, Louis de Funès doit en effet pendant de longues années se contenter de petits rôles, voire de n'effectuer que de la figuration, aussi bien au théâtre que sur le grand écran. Il s'essaye à différents métiers (étalagiste, aide-comptable, carrossier..) puis devient pianiste dans un bar pendant l'occupation allemande. Sa première apparition sur les planches a d'ailleurs lieu dans le Paris occupé. A la Libération, il continue son bonhomme de chemin, écume les studios et les scènes, mais n'est appelé au mieux que pour des seconds personnages (le Jambier du "45, rue Poliveau", dans "La traversée de Paris", face à Jean Gabin et Bourvil, c'est lui).Duo(s) inoubliable(s) avec Bourvil
31 juillet 1914 : naissance 1943 : 1re pièce, remariage avec Jeanne de Maupassant 1945 : 1er film, "La tentation de Barbizon" (figuration) 1958 : "Ni vu ni connu", 1er premier rôle 1959 : "Oscar", succès au théâtre 1964 : "Le gendarme de St-Tropez" 1965 : "Le corniaud" 1966 : "La grande vadrouille" 1971 : "La folie des grandeurs" 1973 : "Les aventures de Rabbi Jacob" 1974 : infarctus 1982 : "Le gendarme et les gendarmettes", dernier film 27 janvier 1983 : décès |
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A la fin des années 50, après déjà une centaine de films (!!!) à son actif, son comique visuel est enfin reconnu. En 1958, il décroche le premier rôle dans "Ni vu ni connu". Et, l'année suivante, il triomphe avec la pièce "Oscar", dans laquelle ses grimaces font merveille et déclenchent le rire à coup sûr. La suite est beaucoup plus connue. Après "Pouic-Pouic" en 1963, il va de succès en succès. Les producteurs et les réalisateurs se l'arrachent. En 1964, "Le gendarme de Saint-Tropez" de Jean Girault est le premier d'une série qui se termine en 1982 avec "Le gendarme et les gendarmettes", son ultime film. Entre-temps, Gérard Oury lui a offert ses trois plus grands succès. Ses duos avec Bourvil dans "Le corniaud" (1965) et "La grande vadrouille" (1966, plus grande réussite du cinéma français avec 17,2 millions d'entrées) passent à la postérité avec des répliques et des séquences inoubliables. Avec "Les aventures de Rabbi Jacob" (1973), il parvient à l'exploit de faire rire ensemble juifs, musulmans et catholiques. Rattrapé par la maladie, il tournera encore quelques films, dont "L'aile ou la cuisse", avec un débutant nommé Coluche.
Revanche sur la critique
 "La grande vadrouille" AFP- |
Le public l'adorait (il est "l'homme aux 120 millions de spectateurs"), les intellectuels le méprisaient. Si le premier continue d'adhérer à son humour -les bons scores de ses multiples rediffusions le démontrent-, Louis de Funès tient aujourd'hui sa revanche posthume sur les seconds. Ceux-là mêmes qui le critiquaient à l'époque louent désormais son talent de comique et lui rendent d'ailleurs un vibrant hommage vingt ans après sa disparition.