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Nicoletta Braschi, la Fée Bleue de Benigni

Edité par avec
le 25 mars 2003 à 14h24 , mis à jour le 26 mars 2003 à 06h17.
Temps de lecture
5min
L'actrice Nicoletta Braschi dans le film PINOCCHIO

Crédits : INTERNE

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PeopleRoberto Benigni lui a confié le rôle clé dans son adaptation de Pinocchio. Nous avons rencontré l'actrice qui nous éclaire un peu sur la vision de son époux de l'oeuvre de Collodi.

tf1.fr :Comment devient-on la Fée Bleue de Pinocchio ?

Pinocchio est une idée que nous avions, Roberto et moi, en tête depuis plusieurs années. C'est un chef d'œuvre de la littérature italienne, c'est LE conte de fée italien… A notre sens, c'était donc tout naturel de nous atteler à ce projet. Avant chaque film que nous faisions, nous y pensions… Après tant d'années d'attente, nous l'avons enfin réalisé et je suis très heureuse qu'il arrive maintenant et non avant car cela nous a demandé beaucoup de travail. Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour réaliser ce rêve : nous avons reconstruit en décor l'univers de Pinocchio, les maisons, la ville, la région… Le film a également demandé de nombreux effets spéciaux. Ce long métrage nous a demandé un énorme travail. C'est une grosse production, la plus importante d'Italie à ce que l'on m'a dit. Nous étions conscient de l'énormité du projet mais nous ne voulions pas nous freiner dans cette entreprise. Notre but était de rester le plus fidèle au livre de Collodi, il fallait respecter ce chef d'œuvre.

tf1.fr : C'est aussi un énorme succès en Italie, le plus gros pour un film italien…

Oui, les gens l'ont beaucoup aimé… Cela a été une belle récompense pour nous.

tf1.fr : Comment avez-vous approché ce personnage de la fée Bleue qui est quelqu'un à la fois simple et complexe ?

Je crois que la Fée Bleue est avant tout une formidable mère moderne… Elle va aider Pinocchio à survivre dans les dédales du monde, elle va lui apprendre les règles. Mais elle le laisse constater par lui-même quels sont les dangers, c'est très moderne comme approche de l'éducation. Il est obligé d'être confronté à sa propre expérience pour mieux comprendre ce qu'il se passe. Elle organise tout ce qui arrive à Pinocchio. En fait, c'est elle qui mène le pantin. Elle n'est pas seulement le grillon parlant, Medoro, les docteurs ou tous ceux qui viennent en aide à Pinocchio, elle est aussi le Chat et le Renard, les personnages méchants du conte. Chacune des aventures de Pinocchio est une initiation… Il peut mourir mais réussit toujours à renaître… Sa dernière mort est bien sûr celle où Pinocchio cesse d'être une marionnette et devient un enfant. Mais le cœur de Pinocchio le pantin ne meurt pas, la magie continue.
Quelque part, si la Fée Bleue fait tout cela à contre-cœur. Ce n'est pas dans sa nature d'être méchante. Au début de l'histoire, elle dit "je souhaite que l'on puisse vivre éternellement en ne mourant qu'un seul jour", mais ce n'est pas possible. Pinocchio n'est qu'un garçon dont le problème est la curiosité. Il veut explorer le monde, il est inconscient. C'est là qu'intervient la Fée, en bonne mère, elle organise les aventures de Pinocchio afin qu'il apprenne des leçons.

tf1.fr : C'est votre sixième film avec Roberto Benigni, votre mari, mais il semble que vous avez toujours la même image dans ses films, celle de la femme aimée.

Vous devriez poser cette question à Roberto… Je ne sais pas pourquoi, il me donne toujours cette image. Excepté pour la Fée Bleue, il m'a toujours inventé un personnage. Quand La Vie est belle est sorti, on m'a dit "on peut voir combien vous vous aimez !". C'est vrai mais cela me faire rire car nous sommes toujours en train de jouer dans les films. Dans tous les films de Roberto, je ne suis qu'un personnage, rien d'autre. Je ne suis plus son épouse. J'ai joué la Vierge Marie dans Tu me troubles, une diablesse dans Le Petit Diable, le femme d'un gangster sicilien dans Johnny Stecchino…

tf1.fr : Il semble que Roberto Benigni ait été prédestiné à tourner Pinocchio, il est né le lendemain de la mort de Collodi…

Peut-être… mais je pense que cette prédestination se situe ailleurs. C'est une ôde à Pinocchio… Comme on le voit dans les illustrations originales créées par Galizzi quand le livre de Collodi est sorti. C'est amusant comme le pantin dessiné ressemble à Roberto, on dirait qu'ils ont le même âge. Pinocchio n'a pas l'âge d'un bambin de huit ans sur ces illustrations. Ceci est une preuve que Roberto était parfait pour ce rôle. Il n'a pas eu besoin de se grimer avec du faux bois, il n'a pas eu besoin de se poser des prothèses sur le visage. Grâce au seul costume, il est devenu Pinocchio.

tf1.fr : Jim Jarmsuch, avec qui vous avez tourné Down By Law et Mystery Train vous définit comme un étrange ange humain…

C'est très gentil… Jim est un très cher ami… C'est l'un de ceux qui m'ont poussé à produire des films comme Pinocchio qui est mon premier film en tant que productrice. C'est un merveilleux réalisateur… Mais à savoir si je suis ce qu'il dit, je ne pourrais pas l'affirmer moi-même, mais c'est très gentil de sa part.

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