© INTERNEBill Wyman ne se doutait pas que son journal intime allait devenir la bible des Rolling Stones. Lors de son entrée dans le groupe, en décembre 1962, il se mit à en rédiger les vicissitudes dans des carnets d’écolier. Et collectionna coupures de presse, lettres ou autres objets. Pensant que l’aventure durerait "quatre ans, au grand maximum", il tenait à montrer le tout plus tard à son fils Stephen. Finalement, le bail dura 31 ans, le trésor amassé faisant de lui la "mémoire du groupe". Un peu avant de quitter le navire, il s’en était déjà fortement inspiré pour son autobiographie "Stone Alone".
![]() 512 pages, 3 000 photos- |
Les "tensions" entre Jagger et Richards
Sur le fond, l'ancien bassiste confirme et infirme quelques mythes. Lors de son audition, Brian Jones et Keith Richards lui ont effectivement donné l’impression de s’intéresser à son amplificateur et non à ses qualités. Et Brian Jones et lui choisissaient bel et bien leur "beau linge" (les groupies) sur le balcon de leur chambre d’hôtel avant de faire monter les filles désignées. Il relativise également leur image de mauvais garçons. Selon lui, elle tient surtout à leur premier manager, Andrew Oldham, soucieux de les opposer aux Beatles (de "bons amis") pour mieux vendre leurs disques et remplir les salles de concert.
Plus dramatiquement, Bill Wyman n’élude rien des émeutes provoquées sur leur passage, de leurs démêlés sentimentaux (les siens compris, même s’il évite le cliché répandu de "l’homme aux 3 000 femmes"), de la déchéance de Brian Jones, du meurtre de Meredith Hunter à Altamont et des problèmes de drogue de Mick Jagger et surtout de Keith Richards. Il se souvient ainsi avoir dû une fois aller "lui chercher de l’héroïne : c’était la seule chose à faire pour calmer la torture du manque ". Usant de la litote et de l’euphémisme, il en décrit les conséquences sur le groupe, via les "tensions" entre Jagger et Richards.
"Je suis fier de faire partie des Stones"
Dix ans après avoir pris une autre direction ("Jouer avec les Stones était mon métier. On ne fait pas nécessairement le même métier toute sa vie"), il ne renie rien et ne regrette rien. Et utilise encore le présent pour dire qu’il est "fier de faire partie des Rolling Stones"…
"Rolling With The Stones, la saga d’un groupe mythique en 3 000 photos", Bill Wyman, E.P.A., 512 pages, 50,9 €
(photo d'ouverture afp : Bill Wyman)
L'exil retrouvé des Stones
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Publié le 04/06/2010
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