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2003 semble être l’année des comics à Hollywood, au vu des cinq adaptations de BD qui sortent sur les écrans : Daredevil, X-Men 2, Hulk, La Ligue des gentlemen extraordinaires (LXG) et Bulletproof monk. Mais, nuance la revue spécialisée Comic Box (1), "l’année des comics aux cinéma a déjà eu lieu… l’an dernier" avec Ghost World, Blade 2, Spiderman, Men in Black 2 et Les Sentiers de la perdition, "tous à la base des concepts tirées de bandes dessinées publiées aux USA". Et ce n’est pas fini ! Les projets d’adaptations courent au moins jusqu’en 2006 (voir encadré ci-dessous).
comics au cinéma
en 2003
Si le phénomène n’est pas nouveau (Superman, Batman, Dick Tracy…), il n’a jamais été aussi massif. Les succès de X-Men et de Spider-man y sont pour beaucoup. Surtout, comme l’explique à Comic Box le scénariste de BD américain Brian Michael Bendis, "on a de bons concepts, complètement développés et déjà testés sur un public cible. Ça rend leur boulot (des producteurs, NDLR) plus facile". Construction de l’histoire et des dialogues, conception graphique et découpage sont assez proches d’un univers (papier) à l’autre (pellicule) (2). Les deux industries constituent aussi de grosses usines à produits dérivés (jouets, affiches, vêtements, tasses, etc.).
Impact
Grâce au cinéma, l’exposition des comics américains est plus forte et attire de nouveaux lecteurs. Chez Panini France, détenteur depuis 1996 de la licence Marvel — le grand éditeur de comics américains, on évoque un "effet bombe atomique" : à la sortie du film Spider-man, les ventes de la BD éponyme ont doublé. Le tome 1 de l’Intégrale Spider-man, une somptueuse réédition des premières aventures du héros, en est à sa 5e réimpression et devrait atteindre les 40.000 exemplaires. Mais "le Tisseur" a toujours été populaire, tempère Fabrice Sapolsky, le fondateur de Comic Box interrogé par tf1.fr.
Plus étonnant, Marvel a décidé d’adapter les aventures de ses super-héros en fonction de leurs adaptations cinématographiques ! Coexistant avec les séries "historiques", les collections Ultimate Spider-man et Ultimate X-Men présentent ainsi des personnages modernisés et proches de leurs incarnations cinématographiques dans des histoires immédiatement compréhensibles par les nouveaux lecteurs. Car Spider-man a plus de 40 ans d’existence : difficile d’en maîtriser l’univers à moins d’être un fan assidu.
Respect
Et pourtant, les rapports entre le cinéma et la BD n’ont pas toujours été idylliques. Les éditeurs se sont parfois fourvoyés, prêts à accepter toutes les trahisons pour voir leurs personnages adaptés sur grand écran. Aujourd’hui, la vigilance est de mise et Marvel exige un droit de regard sur l’utilisation de ses créations. "Une adaptation est toujours bénéfique quand elle est faite dans le respect de l’histoire et des personnages", estime Fabrice Sapolsky. Et d’accorder des "bons points" à Brian Singer (X-Men 1 et 2), Sam Raimi (Spider-man) et Ang Lee (Hulk). En revanche, Alan Moore, le scénariste des BD From Hell et LXG, a renié l’adaptation de cette dernière.
Reste à savoir si ce déluge d’adaptations ne lassera pas le public. Auquel cas les studios s’intéresseront à d’autres concepts. Disney a pris les devants en réalisant le premier film tiré d’une attraction d’un de ses parcs : Les Pirates de la Caraïbe, avec Johnny Depp. Mais ceci est une autre histoire.
En projet ou en production :
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(1) Comic Box annuel n°2 : Une nouvelle dimension, Editions USA, 96 pages, 18€.
(2) Comic Box explique d’ailleurs que les scénaristes américains de cinéma, télévision, BD et multimédia utilisent tous le même logiciel d’écriture de scripts : Final Draft.
photo d'ouverture : Daredevil, Wolverine des X-Men et Hulk (20th Century Fox et Universal Pictures)
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