L'âme de Depeche Mode et ses "contrefaçons"

Par , le 01 mai 2003 à 12h11 , mis à jour le 17 octobre 2003 à 20h57

Profitant d’une pause avec le groupe, Martin Gore, le compositeur du trio anglais, publie "Counterfeit²", un album de reprises, et effectue une mini-tournée.

martin gore © INTERNE

Deux ans après "Exciter" et la tournée du même nom, les Depeche Mode reviennent, mais chacun de leur côté. A la suite du "break" habituel décidé par le groupe, David Gahan, le chanteur, s’est en effet lancé dans la confection de son premier opus solo (voir encadré). Pour ne pas rester en plan, Martin Gore, la tête pensante, a également décidé de travailler sur son propre projet.

Intimité à La Cigale

Promotion oblige, Martin Gore effectue une courte tournée -sa première en solo- dans des petites salles. Bien qu’interprétant seul deux à trois morceaux à chaque concert de Depeche Mode, il n'a jamais vraiment goûté d'être derrière le micro principal. Assurer la tête d'affiche relevait donc du pari.
Il était ainsi à Paris lundi. Bien loin de l’arène de Bercy, qui a accueilli tous les passages de la formation dans la capitale depuis 1984, il se produisait à La Cigale et ses 1 500 places. Dans une ambiance intimiste, devant de nombreux fans, il a délivré une performance très satisfaisante, notamment au plan vocal, prenant visiblement beaucoup de plaisir.
Au programme d’une prestation mi-électrique, mi-acoustique : la majeure partie de "Counterfeit²", mais également plusieurs titres de DM, dont certains assez "obscurs", qui ont déclenché l'enthousiasme de la foule.

Ecartant la possibilité de garder ses morceaux pour lui, il a finalement porté son choix, comme en 1989, sur le concept de la reprise. Quatorze ans après "Counterfeit", voici donc "Counterfeit² ". Onze chansons, piochées dans sa discothèque personnelle, par lesquelles il a été "émotionnellement touché" à différents moments de sa vie -sans surprise, les thèmes abordés oscillent entre amour, spiritualité et religion. Il s’attaque notamment à plusieurs pointures de renommée internationale comme John Lennon, Iggy Pop, Lou Reed, mais aussi plus underground comme Julee Cruise.

Electronique et minimaliste

Même si Depeche Mode emploie désormais guitares et batteries, Martin Gore n'oublie pas que le groupe fut l’un des pionniers de l’utilisation des machines. Ce sont elles qui font donc la loi sur le disque. Les reprises, dépouillées,


La pochette de "Counterfeit²"
Anton Corbijn-
flirtent ainsi avec un style très électro. La rupture est parfois brutale, notamment sur "In my time of dying", un morceau traditionnel rendu célèbre par Bob Dylan, et "I cast a lonesome shadow", qui fleure bon la country sur l’original. A l’exception de "Loverman", l’ensemble est néanmoins calme et minimaliste (la berceuse "Candy says", le très crooner "Lost in the stars"), voire carrément planant ("In my other world"). Le morceau le plus surprenant est sans conteste "Das lied vom eimsamen mädchen", interprété en allemand dans le texte !

Si Martin Gore s’en tire avec une mention honorable, "Counterfeit²" ne devrait cependant pas affoler les classements des ventes. Avec un single loin d’être abordable pour les radios ("Stardust"), une promotion discrète (aucune référence au groupe sur le CD), son aura ne devrait pas dépasser le cercle des fans les plus ultra de Depeche Mode.

"Counterfeit² ", Martin L. Gore, un CD, Mute/Labels.

Les "Monstres de papier" de David Gahan


Le chanteur du groupe publiera "Paper monsters", son premier album solo, le 3 juin. Une belle occasion de découvrir ses dispositions à l'écriture et à la composition. Ces domaines ayant toujours été la chasse gardée de Martin Gore, il est resté cantonné, bon gré mal gré, sur le chant et ses qualités de bête de scène en concert. La "voix" de DM partira ensuite en tournée, passant par l'Olympia à Paris les 4 et 5 juillet et par Belfort pour les Eurockéennes le 6.
A noter qu'Andrew Fletcher, le 3e membre du trio, se consacre également à un projet personnel. Pas question bien sûr pour le "meilleur joueur à un doigt de synthétiseur au monde" de faire son propre disque. Il a donc créé un label, Toast Hawaï, et manage Client, un duo féminin de techno pop.

(photo d'ouverture d'Anton Corbijn)

Par Fabrice Aubert le 01 mai 2003 à 12:11
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles People
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience