Ecartant la possibilité de garder ses morceaux pour lui, il a finalement porté son choix, comme en 1989, sur le concept de la reprise. Quatorze ans après "Counterfeit", voici donc "Counterfeit² ". Onze chansons, piochées dans sa discothèque personnelle, par lesquelles il a été "émotionnellement touché" à différents moments de sa vie -sans surprise, les thèmes abordés oscillent entre amour, spiritualité et religion. Il s’attaque notamment à plusieurs pointures de renommée internationale comme John Lennon, Iggy Pop, Lou Reed, mais aussi plus underground comme Julee Cruise. Electronique et minimaliste
Même si Depeche Mode emploie désormais guitares et batteries, Martin Gore n'oublie pas que le groupe fut l’un des pionniers de l’utilisation des machines. Ce sont elles qui font donc la loi sur le disque. Les reprises, dépouillées,
 La pochette de "Counterfeit²" Anton Corbijn- |
flirtent ainsi avec un style très électro. La rupture est parfois brutale, notamment sur "In my time of dying", un morceau traditionnel rendu célèbre par Bob Dylan, et "I cast a lonesome shadow", qui fleure bon la country sur l’original. A l’exception de "Loverman", l’ensemble est néanmoins calme et minimaliste (la berceuse "Candy says", le très crooner "Lost in the stars"), voire carrément planant ("In my other world"). Le morceau le plus surprenant est sans conteste "Das lied vom eimsamen mädchen", interprété en allemand dans le texte !Si Martin Gore s’en tire avec une mention honorable, "Counterfeit²" ne devrait cependant pas affoler les classements des ventes. Avec un single loin d’être abordable pour les radios ("Stardust"), une promotion discrète (aucune référence au groupe sur le CD), son aura ne devrait pas dépasser le cercle des fans les plus ultra de Depeche Mode.
"Counterfeit² ", Martin L. Gore, un CD, Mute/Labels.
Les "Monstres de papier" de David Gahan |
Le chanteur du groupe publiera "Paper monsters", son premier album solo, le 3 juin. Une belle occasion de découvrir ses dispositions à l'écriture et à la composition. Ces domaines ayant toujours été la chasse gardée de Martin Gore, il est resté cantonné, bon gré mal gré, sur le chant et ses qualités de bête de scène en concert. La "voix" de DM partira ensuite en tournée, passant par l'Olympia à Paris les 4 et 5 juillet et par Belfort pour les Eurockéennes le 6. A noter qu'Andrew Fletcher, le 3e membre du trio, se consacre également à un projet personnel. Pas question bien sûr pour le "meilleur joueur à un doigt de synthétiseur au monde" de faire son propre disque. Il a donc créé un label, Toast Hawaï, et manage Client, un duo féminin de techno pop.
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(photo d'ouverture d'Anton Corbijn)