© INTERNEOn pouvait s'y attendre. Monsieur le ministre est arrivé en t-shirt et sandales. La deuxième soirée brésilienne du festival Jazz à Vienne accueillait le lutin noir du "tropicalisme", son excellence le ministre de la Culture de la République du Brésil, Gilberto Gil.
"L'identité |
L'amour de Bahia
De fait, l'amitié et la complicité qui prévaut entre les deux chanteurs et amis semblaient nourrir et doper leur enthousiasme. Les gestes amples et théâtraux de Maria Bethânia, les petites danses de Gilberto Gil irradiaient d'une ferveur d'autant plus communicative un concert déjà rythmé, donné devant un public pourtant trempé par l'orage, mais où était fièrement brandi ça et là le drapeau brésilien.
Silhouette menue, dreadlocks à peine clairsemées, Gilberto Gil est un petit homme de 61 ans, dont la voix répand depuis plus de trente ans sa lumière à travers les postes de radio du monde entier. En concert, ses morceaux chantent à l'envi l'amour de Bahia, la "capitale noire" qui l'a adopté. Pour autant, on croirait que l'épithète facile d'"ambassadeur" l'agace. "L'identité brésilienne, je ne peux pas la définir parce qu'elle n'est pas figée, a-t-il précisé, c'est une accumulation quotidienne, qui apporte à chaque réveil quelque chose de nouveau."
"Comme tu fais ta musique"
" Un ministre-chanteur ou |
Lui qui a subi l'oppression de la dictature, la prison et l'exil ne voit pas de contradiction entre son ministère de Brasilia et celui des scènes du monde. Lula et lui, d'ailleurs, n'en font pas mystère. Lorsqu'il l'a nommé, le président brésilien ne lui a-t-il pas dit : "Gil, va au ministère et fais ton travail comme tu fais ta musique" ?
(Photo C.Abric / tf1.fr / 2003)
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