© INTERNEUne fois encore, David Bowie surprend son monde et n'en fait qu'à sa tête. Alors que les normes de l'industrie du disque imposent généralement aux stars un délai de trois à quatre ans entre chaque album, l'interprète de Ziggy Stardust revient quinze mois seulement après son dernier opus. Dans le contexte actuel de morosité des ventes, la démarche n'est pas banale.
En fait, on a même l'impression, qu’après la sortie de "Heathen", David Bowie n'a pas quitté le devant de la scène, avec notamment une série de concerts unanimement plébiscités. Depuis quelques mois, il est aussi à l'affiche d'une publicité vantant les mérites d’une célèbre eau minérale lorraine où il proclame "Never get old" ("Ne jamais vieillir"). A 56 ans, ce slogan lui va à merveille. Résultat : associé une nouvelle fois à Tony Visconti à la production, il livre avec "Reality" un disque dans la lignée de "Heathen", aux sonorités néanmoins plus rock.
Energie
D'entrée, le ton énergique est donné avec "New killer star". Pop-song parfaite, à la rythmique entêtante, le morceau, très commercial, a été opportunément choisi comme single de lancement. Tournant en boucle sur les radios, il pourrait devenir le premier grand tube de son auteur depuis "Let's dance" en 1983. Guitares et batterie s’imposent encore sur "Reality", "Never get old", "Fall dog bombs the moon" et "Pablo Picasso", une reprise de Jonathan Richman.
Mais le "caméléon" n’oublie pas cependant de graver une superbe voix plus posée sur quelques ballades. Il fait ainsi admirer ses vocalises sur "Days", se transforme en quasi-crooner sur "The loneliest guy" tandis que l’incursion dans le jazz ("Bring me the disco king"), une ancienne composition jamais éditée, prend l’auditeur à contre-pied. A noter qu’il se prête une seconde fois au jeu de la reprise avec le très calme "Try some, buy some" de George Harrison.
Introspection
Sur le fond, avec un opus nommé "Reality" et connaissant le personnage, il est évidemment intéressant de se pencher sur les textes. Sans surprise, ils sont plutôt introspectifs même si aucun concept ne les lie véritablement.
Sur le titre éponyme du CD, Bowie raconte par exemple sa jeunesse et sa quête de la réalité ("I sped from planet X to planet Alpha/Struggling for reality") puis aborde la mort ("Now my death is more than just a sad song"). Le disque se conclut également sur une note fataliste ("Let me disappear/Soon, there’ll be nothing left of me"). Mais, à l'opposé, avec "Never get old", il rejette donc le temps qui passe et proclame sa vitalité. Ses fans espèrent quant à eux retrouver ce dynamisme sur scène dès le mois prochain.
"Reality", David Bowie, Columbia
Promotion oblige, David Bowie se lance dans une nouvelle tournée, baptisée "A reality tour". Plus imposante que les précédentes, elle débutera le 7 octobre au Danemark. |
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