"Let It Be" mis à nu

Par , le 24 novembre 2003 à 17h45 , mis à jour le 06 décembre 2003 à 17h40

Trente-trois ans après sa publication, l'album des Beatles ressort dans une nouvelle version dépouillée des arrangements orchestrés par Phil Spector. "Let It Be… Naked" séduira essentiellement les fans purs et durs.

let it be naked © INTERNE

Tout d'abord, un petit rappel historique. Janvier 1969, les Beatles répètent de nouvelles chansons destinées à un concert télévisé. Les séances sont également filmées pour un documentaire. La ligne directrice du projet : un son brut et live, sans les artifices habituels du travail en studio. Malgré les tensions, le show se déroule le 30 janvier. Mais les "Get Back sessions", rejetées par le quatuor, ne sont pas publiées.

Un an et "Abbey Road" plus tard, c'est la séparation. Entre-temps, Phil Spector, le producteur du groupe, a récupéré les bandes de janvier 1969. Il les remixe, en ajoutant notamment un ensemble de cordes de 27 musiciens et de 14 choristes. En mai 1970, "Let It Be", accompagné du film du même nom, sort dans sa version "Spectorisée".

Quatre titres significatifs

En 2002, Paul McCartney, toujours furieux contre les overdubs de post-production, retravaille le disque, en le débarrassant de la patte de Phil Spector. Premières décisions : suppression des bribes de dialogue entre les pistes, mise au placard de "Dig It" et "Maggie Mae" et apparition de "Don't Let Me Down", simple face B à l'origine. Onze titres figurent donc sur "Let It Be… Naked". Techniques modernes aidant, le son y est évidemment plus clair et plus pur.

Au petit jeu inévitable de la comparaison, les différents changements ne sont réellement significatifs que sur quatre titres. Les voix de "Get Back" sonnent logiquement beaucoup plus live. "Across The Universe" apparaît désormais dans une version beaucoup plus acoustique. La rupture est plus marquée sur "The Long And Winding Road", avec notamment la disparition des violons, et sur "Let it be", aussi libérée de ses orchestrations et avec la voix de Paul McCartney beaucoup plus mise en avant. A noter enfin la présence d'un CD Bonus, "Fly On The Wall", constitué de dialogues entre les quatre Scarabées lors des répétitions de 1969.

"Biographie non autorisée"

Si l'intérêt de cet extra est limité par l'absence d'images, c'est tout le contraire du coffret 3 DVD


"Non autorisé"
par les Beatles et Apple Corp-
TF1 Vidéo 
intitulé "A Long And Winding Road". Présenté comme la "biographie non autorisée" des "Fab Four", il renferme plus de sept heures de programme en retraçant l'histoire de 1940 à aujourd'hui. Question de droits oblige, les extraits musicaux sont réduits.

Mais ce documentaire très complet fourmille d'images d'archives et d'anciennes interviews, parfois inédites. Une quarantaine de personnes -dont plusieurs proches, comme la sœur de John Lennon ou le premier manager de la formation- ont été interrogées. Elles distillent anecdotes savoureuses (comme John Lennon repeignant une pièce tout en rouge avec son chauffeur), décrivent la personnalité de chaque membre, aussi bien dans leur caractère excessif que dans leur aspect terre-à-terre. Bref, une plongée dans les succès et le mode de vie des "sixties".

          Quatre garçons presque dans le vent

Un documentaire de 1978, désormais disponible en DVD, revient sur l’épopée du groupe qui inspira les Beatles : les Rutles. Ron, Dirk, Stig et Barry sont remarqués dans les années 60 par leur futur manager, Leggy Mountbatten, "qui détestait leur musique mais adorait leurs pantalons moulants". Leurs chansons ("Can’t buy me lunch", "A Hard day’s rut", "Ouch!", "Sargeant Rutter"…) font pourtant écrire au London Times que les Rutles sont "les meilleurs depuis Schubert". La Rutlemania déferle sur la planète. Le groupe n’y survit pas. Nasty épouse "une Allemande dont le père a inventé la 2e guerre mondiale", Barry ouvre un salon de coiffure, Dirk crée les Punk Floyd et Stig devient hôtesse de l’air. Un documentaire digne des Monthy Python, et pour cause : il a été écrit, co-réalisé et co-interprété par l’un d’entre eux, Eric Idle. Ont participé à cette parodie hilarante : Mick Jagger, Paul Simon, Bill Murray et même George Harrison. "Let it rut !"
"The Rutles" de Gary Weis et Eric Idle (75 mn), Carlotta films

M. D.

"Let It Be… Naked", The Beatles, 2 CD, EMI-Apple
"The Beatles, A Long And Winding Road", 3 DVD, TF1 Vidéo

Par Fabrice Aubert le 24 novembre 2003 à 17:45
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