© INTERNEtf1.fr : Sous le soleil de Toscane est l'adaptation du livre à succès de Frances Mayes mais le film est-il fidèle à l'autobiographie ?
Diane Lane : C'est amusant car le scénario écrit par Audrey Wells (également réalisatrice du film, NDLR) est différent du livre car aussi populaire qu'il soit il n'a pas été écrit pour être adapté au cinéma. Il n'y a pas l'intensité dramatique que l'on attend d'un film. Lire ce livre est pourtant une expérience magnifique. Parcourir les pages du livre est vraiment passionnant tout comme partager la vision de cette femme sur la Toscane et surtout sa renaissance en Italie, assister à la naissance de sa nouvelle vie. J'aime beaucoup le message du film qui met en avant l'espoir dans l'amour. Il y a plusieurs personnages qui doivent faire face aux problèmes de la vie, qui doutent notamment de l'amour. C'est notamment la cas de la meilleure amie de Frances dans le film, Patti, jouée par Sandra Oh. C'est une lesbienne enceinte que sa partenaire a abandonnée. Ce ne doit pas être une situation facile à gérer...
Beaucoup de personnages que l'on croise dans le film ont foi en l'amour qu'ils sont en train de vivre. J'aime tous ces gens qui évoluent autour de Frances. Elle est tellement seule quand elle arrive en Toscane. Elle a besoin d'apprendre de ces gens-là. Ils vont en quelque sorte la soigner. Frances va peu à peu reprendre confiance en elle et surtout croire en elle. Finalement, elle va s'apercevoir que la vie continue malgré la séparation, malgré ce qu'elle a vécu dans le passé. Et puis sur la fin, ce sont les autres qui vont avoir besoin d'elle. La vie est comme ça, les gens ont besoin des autres, comme on dit aux Etats-Unis "A friend in need is a friend indeed" (un ami dans le besoin est un vrai ami).
tf1.fr : Est-ce facile de jouer quelqu'un qui est toujours en vie, même si le film ne reflète pas vraiment la vraie Frances ?
Diane Lane : Elle a aimé le scénario, elle a donné sa bénédiction au film, elle est venue sur le tournage. C'est une femme formidable qui est devenue grand-mère à présent. Elle a passé un nouveau cap dans sa vie. Je suis heureuse pour elle que son livre ait été un grand succès. Je suis aussi admirative, quelle formidable vie ! Elle a du faire des choses merveilleuses dans une autre vie pour mériter celle qu'elle vit maintenant. Vouloir partager avec le monde ces propres expériences, c'est comme un rêve qui devient réalité. Qui n'a pas envie de partager ce qu'il a vécu avec les autres ? Je suis heureuse pour elle. Mais nous avons du créer un personnage différent même si l'esprit du livre se retrouve dans le film.
tf1.fr : Vous êtes dans tous les plans du film...
Diane Lane : C'était vraiment fatiguant. Pendant le tournage, j'essayais aussi de jouer mon rôle de mère dans la vie. Je téléphonais régulièrement à ma fille, m'inquiétais de savoir si elle avait fait ses devoirs mais à des heures qui ne me convenaient. Il était une heure du matin à Rome, c'est l'heure du déjeuner à Los Angeles et personne n'est joignable. Au bout d'un moment, je me suis dit "tant pis mon personnage aura l'air fatigué"…
tf1.fr : Pensez-vous que vous pourriez agir comme Frances, tout laisser tomber pour partir vivre dans un pays qui vous est totalement étranger ?
Diane Lane : Je crois que oui et je pense que c'est le fantasme de beaucoup de gens. Mais si vous regardez de plus près, ce n'est pas facile. Nous avons tous des attaches, des parents, des enfants, des amis, un travail, quelque chose que nous ne pouvons pas laisser sans trahir. Frances n'était pas dans cette situation. Elle se sentait seule et n'a abandonné personne pour changer de vie. Elle était si dépendante à son mariage que quand le divorce est venu, elle n'avait plus rien. Cela reste tout de même un formidable challenge. Mais elle n'a quand même pas choisi la pire des destination avec la Toscane ! La différence avec le film c'est que mon personnage ne part pas avec l'intention de ne plus revenir, bien au contraire.
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