© AFPElle aurait pu remplir Bercy, la plus grande salle de Paris. Mais c’est le Palais des Congrès que Norah Jones a choisi pour sa halte dans la capitale. L’enceinte feutrée de la Porte Maillot est, il est vrai, beaucoup plus adaptée à sa musique et à ses vocalises que les arènes comme le POPB. Et avec ses 4 000 fauteuils, l'auditorium, à l'acoustique irréprochable, paraît encore trop grand pour les soirées intimistes auxquelles la nouvelle star de la chanson mondiale conviait le public parisien. Un public venu essentiellement pour une unique raison : entendre en "live" cette voix profonde et grave.
Bannissant les artifices techniques -les projections et jeux de lumière sont limités au strict nécessaire-, la chanteuse, âgée à peine de 25 ans, se concentre donc sur ce qui fait sa réputation : le chant et la musique. Installée au piano, soutenue par ses quatre musiciens et par une choriste, la fille de Ravi Shankar alterne les titres de ses deux premiers albums et des reprises de grands noms du jazz (Tom Waits, The Everley Brothers).
Ecoute religieuse
Une ballade par-ci ("What am I to you"), un titre country ("Creepin’In") par-là, le tout distillé entre ses tubes ("Don't know why", "Sunrise"), Norah Jones captive sans peine son auditoire, qui écoute calmement, voire religieusement. Le pari n’était pas gagné d’avance avec une musique douce et rassurante, que l’on a plutôt l’habitude d’entendre en vaquant à ses occupations. Et quand la qualité de sa voix tend paradoxalement à ne reproduire sur scène que l’enregistrement studio, les membres du Handsome Band prennent le relais avec un solo de guitare ou de batterie.
Alors qu’on la pensait timide et réservée, Norah Jones, toute frêle et chétive derrière ses piano et micro, se montre également très à l'aise et communicatrice avec les spectateurs, à qui elle essaye de s'adresser avec maladresse en français. Elle arrive même à retourner la situation en sa faveur après avoir pourtant oublié les paroles d’une chanson. "On vient d'avoir une semaine de repos" explique-t-elle, hilare, au moment de reprendre en garantissant que "cela ne se reproduira plus". Cette nouvelle assurance se traduit sur les morceaux électriques ("Life is a carnival") où elle quitte son "piano refuge" pour arpenter la scène. Et au moment de la traditionnelle "standing ovation", on n'aura qu'un regret : ne pas l'avoir entendue prendre le risque de chanter a capella.
Après son arrêt parisien, Norah Jones jouera de nouveau à trois reprises dans l'Hexagone. Elle sera à Rennes mercredi (Liberté), Clermont-Ferrand jeudi (Zénith) puis Toulouse le 10 (Zénith). |
(photo afp-Bertrand Guay :
Norah Jones au Palais des Congrès)
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