The Cure se raconte

Par , le 03 juillet 2004 à 17h05 , mis à jour le 07 juillet 2004 à 12h47

Quatre ans après "Bloodflowers", la bande à Robert Smith revient avec un album éponyme. Entre mélodies pop et titres plus difficiles d'accès, "The cure" apparaît comme un condensé de ses influences passées.

[Expiré] [Expiré] robert smith © AFP

Les albums éponymes sont généralement les premiers d'un groupe. The Cure -"Les Cure" comme on les appelle de ce côté-ci de la Manche- aura pour sa part attendu sa 14e livraison studio pour faire de même. Mine de rien, Robert Smith et son look éternel ont en effet déjà un quart de siècle derrière eux !


La pochette-
Promotion oblige, la tête pensante de la formation n'hésite pas à lancer que ce nouvel album est la "meilleure chose que nous ayons jamais faite". Même si "The cure" tient effectivement la route, il est néanmoins loin d'égaler des devanciers comme "Pornography" ou "Disintegration". Une autre petite phrase de Robert Smith semble en revanche plus appropriée: "Si vous n'aimez pas l'album, c'est que vous n'aimez pas The Cure".

Introspection

Sur la forme, "The cure", produit par Ross Robinson, connu pour ses collaborations avec des groupes de métal comme Korn ou Limp Bizkit, propose en douze titres une sorte de synthèse du travail antérieur de Robert Smith et Simon Gallup, les deux membres les plus anciens de la formation. Tout d'abord, des chansons pop (trop ?) formatées pour les radios ("The end of the world", le premier single, "Taking off", qui n'est pas sans rappeler "In between days"). A l'opposé, des morceaux beaucoup plus torturés et électriques ("Labyrinth") s'avèrent difficiles d'accès à la première écoute. La patte de Ross Robinson et sa méthode de travail - un enregistrement en live et en une seule séance- se font également sentir avec des titres très rock ("Us or them", "Never"). Enfin, comme d'habitude, une chanson à rallonge ("The promise") et une ballade ("Going nowhere") complètent l'ensemble.

Sur le fond, une petite nouveauté : pour la première fois, Robert Smith a daigné accorder un droit de regard sur les paroles à ses partenaires. La seule lecture des noms, très sombres, des chansons suffit à comprendre que l'avis ne fut que consultatif. Robert Smith continue donc d'écrire des textes très introspectifs. Le CD s'ouvre ainsi par "Lost" et la phrase "I can't find myself" ("Je n'arrive pas à me trouver") répétée à l'envi. Les "Curistes" peuvent être rassurés : même si l'album s'intitule "The cure", Robert Smith ne semble pas avoir trouvé de remède définitif à son côté sombre. Personne ne s'en plaindra.

The Cure, "The cure", Geffen Records/Universal Music-Polydor

Deux concerts en France

The Cure effectue une tournée estivale à l'occasion des festivals européens. Ils seront ainsi à Six-Fours ce samedi et à Aix-les-Bains dimanche. Une tournée classique pourrait être programmée à l'automne.

La page de The Cure sur le site d'Universal

(photo d'ouverture afp-Peter De Voecht :
Robert Smith, au festival de Werchter, le 1er juillet)

Par Fabrice Aubert le 03 juillet 2004 à 17:05
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