
A 21h00, les premières notes de Vogue retentissent dans un palais omnisports chauffé à blanc, où l'on aperçoit Pascal Obispo, Patrick Bruel, Jean-Paul Belmondo ou Jean-Paul Gaultier. La salle est bondée, comme elle le sera jeudi, samedi et dimanche pour les trois autres concerts de l'Américaine. Car l'événement est de taille : les quatre dates parisiennes de Madonna font partie du "Re-Invention tour", sa première tournée mondiale depuis 2001. Les deux écrans géants qui masquent la scène s'écartent et laissent apparaître la star. Bustier argenté, short et cuissardes noirs, Madonna interprète Vogue et Frozen, deux tubes acclamés par le public.
Entre deux chansons, pas de répit. Puis la "Madone" sort la grosse artillerie. Bérêt et treillis verts, elle entonne American Life et s'avance sur une passerelle tendue au-dessus du public. Des danseurs l'entourent, habillés en nonne, en soldat ou en femme afghane recouverte d'une burqa. Derrière elle défilent des images d'hélicoptères, de tanks, d'explosions atomiques et d'enfants blessés, pas toujours du meilleur goût. Puis on aperçoit sur les écrans géants les sosies de George Bush et de Saddam Hussein, le premier posant la tête sur l'épaule du second.
Le "Re-Invention tour" porte bien son nom : à 46 ans, Madonna a changé. Elle est devenue adepte de la Kabbale, un courant ésotérique juif, et loin de ses provocations sexuelles des années 90, elle prêche maintenant la paix dans le monde. Symbole de ses nouvelles obsessions mystiques, des mots en hébreu défilent derrière elle, ainsi que des images de Jésus et de la Vierge Marie. Sur un de ses T-Shirts, qu'elle lancera au public, on lit cette phrase au double sens pas très orthodoxe : "Kabbalists do it better" ("Les Kabbalistes font ça mieux").
Convaincante en bête de scène, Madonna l'est moins en "mère la morale". Ainsi cette reprise ampoulée de la chanson Imagine de John Lennon, devant des images d'enfants africains affamés. Une reprise qu'elle introduit avec une phrase standard déjà entendue en août à Manchester, Londres et Dublin, ses précédentes dates européennes : "Cette chanson a été écrite il y a 35 ans mais elle aurait pu l'être hier. L'histoire tend à se répéter". Elle achève Imagine devant l'image de deux enfants, un Israélien et un Palestinien, bras dessus bras dessous.
Puis, retour au grand spectacle. Elle chante Into the groove accompagnée de musiciens habillés en Ecossais, kilt et cornemuse, devant l'image de son amie, la rappeuse américaine Missy Elliott. Tournant sur elle-même comme un derviche, Madonna enchaîne les titres. Une heure quarante après "Vogue", le spectacle s'achève, sans rappels.
Photo : Madonna sur la scène de Paris-Bercy le 1er septembre (LCI)
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