
tf1.fr : Dans le premier single Je me sens si seul extrait de votre nouvel album L’heure d’été, vous abordez le thème de la solitude…
Marc Lavoine : Si on met un thermomètre dans la bouche de notre société, on s’aperçoit que beaucoup de gens ressentent cette solitude. On vient d’aborder cette question avec le handicap, on pourrait en parler au sujet de la prostitution, on pourrait en parler par cette solitude nourrie aux tranquillisants, aux anxiolytiques. On sait que notre société est une société de solitude : on a construit une société comme cela et aujourd’hui, l’important c'est de vivre ensemble.De temps en temps aussi, on se sent seul et on a envie d’écrire une chanson là-dessus… aussi pour s’amuser. J’aime bien créer des chants de solitude, de mélancolie sur le chemin de l’amour. C’est plutôt un disque sur l’espérance.
tf1.fr : Vous venez de monter sur scène à l’occasion du Hit’s and Co Show et vous allez entamer une série de concerts…
M.L. : Oui, à partir du 15 novembre au Casino de Paris.C’est toujours une émotion particulière : les gens viennent me voir, ils prennent un billet, applaudissent.
tf1.fr : Côté cinéma, vous serez à l’affiche de Toute la beauté du Monde le 12 octobre, où vous retrouvez Marc Esposito, le metteur en scène du Cœur des hommes
M.L. : Le tournage du film s’est fait en quatre parties, quasiment en temps réel, en même temps que la réalisation de l’album. C’est un road movie, une histoire d’amour sur fond de voyages. Ces voyages vont réunir les deux personnages, les rapprocher et les mettre parfois aussi dans des situations conflictuelles. C’est une belle histoire, très originale. Le film a été tourné dans des endroits de rêve, mais c’est un rêve qui peut se réaliser pour tout un chacun en allant dans ces endroits magiques : Arles, Bali…C’était également un grand plaisir de retrouver Zoé Felix, qui est une actrice très touchante, et de tourner de nouveau avec Jean-Pierre Daroussin. Nous avons très hâte de tous nous retrouver : Zoé, Jean-Pierre, Gérard Darmon, Bernard Campan, Marc Esposito et moi pour le tournage du Cœur des hommes 2 en janvier.
tf1.fr : Un aspect moins connu de votre personnalité : votre engagement aux côtés d'associations sur l'autisme. Pouvez-vous nous en dire plus ?
M.L. : Je travaille avec deux associations qui ont fusionné : Sésame autisme et Autisme France. Les interventions des jeunes se sont multipliées et les plus hautes marches de l’Etat ont été sollicitées sur ce sujet. Mais certains départements français envoient encore les enfants autistes en Belgique, il y a donc encore beaucoup à faire à ce niveau. Il faut lutter contre les discriminations d’une manière générale : le handicap n’est pas uniquement une question de classe sociale. Il y a un vrai problème général dans notre société pour arriver à vivre avec des gens dits différents. Travailler avec ces associations m’a beaucoup apporté, et j’apprécie énormément cette collaboration.
tf1.fr : Ce sujet vous tient à cœur mais paradoxalement, vous communiquez peu dessus…
M.L. : Je n’ai pas tellement envie de communiquer à travers les médias sur ce sujet. Nous le faisons plus par le biais artistique : Il est difficile d’aller sur un plateau télé pour parler santé publique. Je préfère parler de la vie et de l’artistique. C’est la passerelle la plus adéquate… en montrant les gens ensemble. L’autisme est une pathologie très difficile à expliquer. Il faut vivre ensemble pour comprendre le truc. Beaucoup d’artistes se sentent concernés, comme par exemple Sandrine Bonnaire (ndlr : marraine de l’opération les journées de l’autisme 2005, les 21 et 22 mai).
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