
André Pousse, décédé vendredi matin à l'âge de 85 ans, à l'hôpital de Gassin (Var), était l'acteur fétiche de Michel Audiard dont il utilisait le langage fleuri dans les films et dans la vie. Homme aux multiples talents, ancien champion cycliste sur piste, il était passé de la piste au cinéma avec un premier film en 1963 D'où viens-tu Johnny avec Johnny Hallyday, qui débutait également.
Abonné aux rôles de "flingueurs" et de seconds couteaux avec sa gouaille et son argot de titi parisien, "Dédé" a joué des seconds rôles marquants dans une cinquantaine de films dont plusieurs Lautner : Ne nous fâchons pas (1965), Fleur d'oseille, et Le pacha avec Jean Gabin (1967), Quelques messieurs trop tranquilles (1972) mais aussi des polars comme Le clan des Siciliens de Verneuil (1969), Un flic de Jean-Pierre Melville (1972), Flic Story de Jacques Deray (1975).
Parti faire fortune en Haïti, il trouve "le métier d'acteur plus marrant"
Il parlait l'Audiard dans le texte, l'ayant connu avant guerre au Vel'd'Hiv, avant de devenir vedette sur piste et sur deux roues. André Pousse a joué notamment dans Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages (1968), Une veuve en or (1969), Le drapeau flotte sur la marmite (1971). Dans Elle cause plus, elle flingue (1972), il était le partenaire d'Annie Girardot et interprétait avec son flegme habituel un majordome, gilet rayé et chapeau melon vissé sur le crâne, lui qui dans la vie portait la casquette.
Pousse fut un des meilleurs spécialiste des Six jours cyclistes, avant de devenir imprésario de Joséphine Baker, Eddie Constantine. A cette époque, il eut une liaison avec Edith Piaf, qui décela ses talents de comédien, devint directeur artistique pour le Moulin-Rouge, créa La Locomotive, place Blanche. Parti faire fortune en Haïti, il a finalement trouvé "le métier d'acteur plus marrant", avant de se reconvertir dans la restauration, dans le XVème à Paris, pendant plus de vingt ans. Le comédien, marié avec Jocelyne, s'était ensuite retiré à la Garde-Freinet (Var), à quelques kilomètres de Saint-Tropez, où il vivait depuis plusieurs années. Il est l'auteur de "Touchez pas aux souvenirs", préfacé par Alphonse Boudard (Laffont), et de ses mémoires "Je balance pas, je raconte", publiées en avril dernier. Interviewé l'an dernier par France Soir, il disait n'avoir pas peur de la mort, étant "persuadé d'aller au paradis".
Photo d'ouverture : André Pousse - archives
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