
"Je veux que les gens bondissent hors de leur siège ! Mon disque est fait pour s'éclater à fond", prévient Madonna dans le dossier de presse de "Confessions on a dance floor" (Warner), qui sort lundi dans le monde entier (exceptés les Etats-Unis, où il paraîtra mardi). Tout à la fois vamp, mère, comédienne, chanteuse adulée, femme d'affaires avertie et, désormais, adepte de la Kabbale, un courant mystique juif, Madonna, 47 ans, a construit sa longue carrière sur son flair et sa capacité à s'inscrire dans l'air du temps.
Les ventes d'"American Life", son précédent album, avaient déçu, avec quelque 5 millions d'unités écoulées dans le monde. Ces chiffres confirmaient une érosion des ventes de la Ciccone (qui a vendu quelque 200 millions d'albums dans sa carrière) au fil des ans: 10 millions d'unités écoulées aux Etats-Unis pour "Like A Virgin" (1984), 3,7 millions pour "Ray Of Light" (1998), 2,9 millions pour "Music" (2000). De plus, dans "American Life", sur la pochette duquel elle apparaissait avec un béret à la Che Guevara, Madonna dénonçait la guerre et la superficialité du monde. Elle avait d renoncer à sortir le clip du single "American Life", tourné avant le début des opérations américaines en Irak et jugé trop antiguerre.
Une formule plus basique et festive
Sans doute consciente que ce brouillage entre sa musique et l'actualité avait pu être préjudiciable à ses ventes, Madonna est revenue pour son dernier album à une formule plus basique et festive. "Confessions on a dance floor" dénote une nouvelle fois sa capacité à s'adapter à l'air du temps. Alors que le son années 80 revient en force dans le paysage musical, elle a fait appel, pour la co-production et l'écriture de l'essentiel des douze morceaux de l'album, au Britannique Stuart Price. Price, 28 ans, connu sous le pseudonyme de Jacques Lu Cont, recycle depuis bientôt dix ans les sonorités années 80 à travers son projet électro Les Rythmes Digitales. Le Français Mirwais Ahmadzai, qui était aux commandes des deux précédents albums de la Madone, n'est intervenu que sur deux chansons.
L'esprit "néo-disco" et les sons années 80 imprègnent donc tout le disque, entièrement axé sur la danse (les chansons sont mixées les unes aux autres sans aucun blanc entre elles). Le premier single, "Hung up", qui est aussi le morceau d'ouverture de l'album, annonce la couleur : il est basé sur un "sample" du tube du groupe disco suédois Abba "Gimme! Gimme! Gimme! (A man after midnight)" (1980). Comme toujours, Madonna accorde une grande importance à l'image : conformément à l'esprit de l'album, elle apparaît en body rose très années 80 dans le clip de "Hung up" et sur la pochette du disque, où le "o" de son nom est figuré par une boule à facettes disco.
Photo d'ouverture : la couverture de l'album "Confessions on a dance floor" de Madonna
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