Une photo qui a fait le tour du monde, celle de David, le fils adoptif de Madonna © LCIDepuis le début de sa carrière, Madonna est habituée aux polémiques, qu'elle a souvent suscitées et qui ont servi sa célébrité. Mais il n'est pas certain qu'en se rendant au Malawi pour adopter un tout jeune enfant, elle ait anticipé le remue-ménage médiatique autour du sujet. David Banda, le petit orphelin de 13 mois qu'elle entend adopter, est arrivé mardi à Londres, où les médias internationaux l'attendaient de pied ferme, à l'aéroport de Heathrow et devant le domicile londonien de la chanteuse et de son mari, Guy Ritchie. La mère du petit Africain est morte peu après sa naissance; son père est toujours en vie. Aux journalistes, il a expliqué qu'il n'avait placé son fils à l'orphelinat que pour une durée limitée. Il s'est cependant déclaré heureux que Madonna ait décidé de l'adopter.
Mais les projets de la pop star ont relancé le débat sur l'adoption. "Ce que nous disons, c'est qu'au lieu d'emmener cet enfant à l'étranger et de l'accueillir dans un environnement qui lui est totalement étranger, il aurait peut-être fallu aider son père à s'occuper de lui au sein de sa communauté", souligne un membre de l'organisation World Vision, une ONG chrétienne qui milite pour le développement.
Un bébé, dernier accessoire à la mode ?
Sur le site internet du journal dominical The Observer, un internaute s'insurge: "L'éloigner de son père est cruel et égoïste, c'est un geste conçu pour faire de la publicité à Madonna." A l'inverse, l'éditorialiste du Guardian souligne qu'"Angelina Jolie, Meg Ryan et Mia Farrow l'ont fait également, alimentant les critiques sur les thèmes du comportement des célébrités, de l'arrogance de l'Occident, du racisme et de ces bébés très tendance. Mais ce qui compte à coup sûr le plus, n'est-ce pas le bonheur d'un enfant ?" Michael Musto, qui suit l'actualité de la jet-set pour la revue new-yorkaise Village Voice, donne les clefs d'une lecture cynique de l'événement. En adoptant, dit-il, Madonna "pense qu'elle agit bien" mais le fait qu'elle imite l'actrice Angelina Jolie autorise les cyniques à penser qu'"elle semble considérer les petits orphelins africains comme le dernier accessoire à la mode".
Autre élément à charge, Madonna a bénéficié d'une dérogation de la part des autorités du Malawi. Alors que la loi limite théoriquement le droit d'adoption aux seuls résidents du pays, la justice malawite a accordé à la chanteuse une adoption provisoire, dans un premier temps pour dix-huit mois. "Les riches ne devraient pas bénéficier de traitement de faveur. L'idée d'adoption ne me choque pas, mais je veux que tout le monde respecte le système", explique un responsable du Civil Liberties Committee.
Un enfant placé en garde, pas en adoption
Un tribunal du Malawi examinera vendredi un recours déposé par une coalition d'associations contre la garde temporaire du garçonnet. Le tribunal a accepté mardi d'examiner ce recours, a annoncé à l'AFP le président du Comité consultatif sur les droits humains. Il "veut entendre notre dossier et pourquoi nous devrions être nommés tuteurs de l'enfant (David Banda) et agir dans son intérêt", a-t-il expliqué, rapportant que la coalition avait enquêté et établi "suffisamment de raisons pour se battre afin d'obtenir des garanties sur l'ordre temporaire pour assurer la protection de l'enfant envers lequel Madonna n'a pas de droits parentaux". Il a ajouté que le père de David, un paysan de 32 ans pauvre et illettré, et ses proches pensaient que l'enfant avait été placé "en garde et non en adoption". "Nous voulons que Madonna vive ici pendant 18 mois et demande la résidence comme l'exigent les lois du pays sur l'adoption", a souligné le président du Comité consultatif sur les droits humains.
Madonna s'attendait-elle à déclencher un tel tollé ? Gageons, en tout cas, que la controverse ne porte pas préjudice à l'enfant.
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