Jean-Claude Brialy, mort d'un éternel dandy

le 31 mai 2007 à 06h28 , mis à jour le 31 mai 2007 à 19h31

"Lorsqu'on sourit à la vie, elle vous rend ses sourires", disait-il: acteur aux 185 films, au succès jamais démenti, Jean-Claude Brialy s'est éteint mercredi.

TF1/LCI : Jean-Claude BrialyDans le "Ruisseau des singes", Jean-Claude Brialy évoque son enfance malheureuse en Algérie, marquée par la violence familiale. © TF1/LCI

Eternel dandy et d'une aisance remarquable devant la caméra, celui qui disait toujours vouloir "sourire à la vie" s'est éteint mercredi à son domicile parisien de l'île Saint-Louis, à 74 ans, des suites d'une longue maladie. Révélé en 1958 par Le beau Serge de Claude Chabrol, il était aussi une grande figure du théâtre et de la vie mondaine parisienne. 

Apparu pour la première fois au cinéma en 1956 dans Elena et les hommes de Jean Renoir, il fut notamment l'interprète de Louis Malle (Ascenseur pour l'échafaud, 1957, Les amants, 1958), Claude Chabrol (Le beau Serge, mais aussi Les cousins, 1959), François Truffaut (Les quatre cents coups, 1959) et Eric Rohmer (Le genou de Claire, 1970). Il était aussi le propriétaire depuis 1986 d'un théâtre de la capitale, Les Bouffes parisiens, après avoir dirigé le théâtre Hébertot à partir de 1977. Réalisateur, à la télévision et pour le grand écran, il signa également une dizaine de films. Il avait tourné son dernier film pour la télévision en 2006, Monsieur Max de Gabriel Aghion. Ecrivain à ses heures, Brialy a publié plusieurs livres de souvenirs à succès : Le ruisseau des singes (Robert Laffont, 2000) et J'ai oublié de vous dire en 2004 (XO éditions).

La révélation du Beau Serge et la bande des Cahiers du Cinéma

Né le 30 mars 1933 à Aumale, en Algérie, ce fils de colonel avait vécu son enfance au rythme des mutations paternelles. Après son baccalauréat, il s'était inscrit d'abord au Conservatoire de Strasbourg où il devait obtenir un premier prix de comédie, puis au Centre d'art dramatique de l'Est. Au cours de son service militaire à Baden-Baden, il fut affecté au service cinéma des armées, qui lui donna entre autres l'occasion de tourner dans son premier court métrage, Chiffonard et Bon Aloi. Il sympathisa aussi à cette époque avec plusieurs comédiens en tournée théâtrale, dont Jean Marais, qui l'encouragèrent dans sa vocation.

Débarqué à Paris en 1954, il se mit très vite à fréquenter "la bande des Cahiers du Cinéma". C'est Jacques Rivette qui l'engagea le premier dans son court métrage Le Coup du berger en 1956. Après Elena et les hommes, il tourna la même année dans L'Ami de la famille de Jacques Pinoteau. La célébrité venue, la Nouvelle Vague ne le lâcha plus et Brialy tourna avec Jean-Luc Godard (1960, Une femme est une femme) ou encore François Truffaut (1967, La Mariée était en noir). En 1971, il réalisa son premier film, Eglantine, une évocation nostalgique de ses souvenirs d'enfance. Attaché à cette période de la vie, Jean-Claude Brialy décida de mettre également en images pour la télévision Les Malheurs de Sophie (1981) et surtout Un bon petit diable (1983), avec Alice Sapritch en marâtre.

Boulimique de travail, tournant plusieurs films par an à moins qu'il ne soit au théâtre, Jean-Claude Brialy aura touché à tous les genres. Bon copain dans Christine (1958, Pierre Gaspard-Huit) ou débordé par les femmes dans La Chasse à l'homme (1964, Edouard Molinaro) et Julie pot de colle (1977, Philippe de Broca), il sut cultiver une image d'amuseur élégant. Mais la gravité faisait tout aussi bien partie de son jeu, qu'il exploita notamment dans les films noirs à la française comme Mortelle randonnée (1982, Claude Miller). Préférant la retenue à l'extravagance, Jean-Claude Brialy incarna souvent des personnages tendres devenant avec l'âge de plus en plus paternels, voire patriarches, à l'exemple de L'Effrontée (1986, Claude Miller) et La Reine Margot (1994, Patrice Chéreau). Ses obsèques se dérouleront lundi à 15h30 à Paris, en l'église de Saint-Louis en l'Ile.

D'après agence

Julien ArnaudSuivez en direct à 11 heures l'édition spéciale de Question d'actu 
consacrée à la disparition de Jean-Claude Brialy
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79 Commentaires

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  • Brouillard jean-marie, le 31/05/2007 à 11h44

    Le king est mort ! . mais il nous a lèguer toute son oeuvre qui au demeurant restera éternelle à jamais...

  • Etienne, le 31/05/2007 à 11h31

    A Dieu Monsieur BRIALY, nous vous aimions, vous allez nous manquer votre humour, vos connaissances, votre charme, votre élégance, tout vous étiez tout cela et bien plus encore .

  • Christine, le 31/05/2007 à 11h24

    Adieu monsieur Brialy vous vous êtes toujours montré simple, courtois , vous êtes et resterez un grand monsieur qu'on regrettera. Mes condoléances à vos proches, tous vos proches...

  • Fenet andre, le 31/05/2007 à 11h20

    Lamort de jean claude et une grande perte pour le theatre et le cinema je suit vraiment toucher

  • Viot, le 31/05/2007 à 11h13

    Un grand MERCI MR BRIALY pour tout ce que vous avez fait de bon et de beau sur cette terre.Je sais que là ou vous etes vous continuez à distraire,amuser,enseigner...

  • Pierre, le 31/05/2007 à 11h02

    Encore un Monsieur d'une grande élégance qui nous quitte. Bon voyage la-haut, Monsieur Brialy. Vous allez nous manquer.

  • Catherine, le 31/05/2007 à 11h01

    Bonjour c'est avec stupéfaction que je viens d'apprendre la Disparition de Monsieur Jean Claude Brialy. un souvenir restera (lorsque j'étais petites) celui quand je me rendais le dimanche avec mes parents chez mes grands parents qui demeuraient à Monthyon lieu de résidence de l'artiste, et l'orsque je j'apercevai les fenetres de son chateau ouvertes je me disais "tiens Monsieur Brialy est la " J'aimais bien cet artiste, cultivé et simple à la fois. toujours distingué. Catherine de Saint-Denis

  • Denis, le 31/05/2007 à 11h00

    Merci monsieur brialy,vous etes eternel

  • ThurizaZ, le 31/05/2007 à 10h55

    DISCORDANCE Des années dans le milieu théatral m'ont permis d'approcher souvent Brialy. Vraiment pas sympathique le bonhomme! L'insulte facile, méprisant , coléreux, impoli et prétentieux, chantant laudes aux puissants et pouilles aux petits! Directeur de théatre excécrable, je reconnais qu'il a su, néanmoins, rénover la merveilleuse salle des Bouffes Parisiens. Mais le répertoire n'a pas suivi... Ah oui, l'image publique était différente... Tant pis si je suis un iconoclaste mais de temps à autre il faut savoir déboulonner les idoles mortes ou vivantes.

  • AUBERT Karine, le 31/05/2007 à 10h51

    Un être s'éteint, une étoile naît. Jean Claude était un passionné de théâtre que j'admirais mais aussi un homme admirable qui possédait une sagesse infinie. Passant de temps en temps devant la caméra en tant qu'acteur il est devenu réalisateur. Là il dirait: ne me pleurez pas, voyez surtout ce que j'ai fait. Karine A.

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