Paco Rabanne, au Café de la Paix, le 3 juillet 2007, à Paris © Ludmilla IntravaiaPaco Rabanne : Le futur se fera sur internet. En mode, par exemple, le web permet de vendre une marque dans le monde entier. Je voudrais créer une collection de basiques, spécifiquement pour internet, par exemple, ces petits tops en métal que je fais si bien et que tout le monde copie. En pleine mutation, nous changeons de civilisation. Je suis arrivé en France, avant la guerre. Il n'y avait pas de télé, pas de radio, pas de communications. Je faisais mes devoirs à la bougie. Je portais des sabots de bois. Aujourd'hui, tout a changé. La vitesse de communication est devenue colossale.
LCI.fr : Vous suivez l'actualité de près ?
P.R. : Je regarde la télévision, notamment des chaines d'information continue comme LCI. Je surfe également. Récemment, j'ai fait des recherches sur internet, concernant le pape et la numérologie. J'ai observé la campagne pour la présidentielle qui s'est faite sur internet et sur les blogs.
LCI.fr : Que pensez-vous de Nicolas Sarkozy ?
P.R. : Je n'ai pas voté pour lui mais je dois reconnaître que c'est un homme vraiment dynamique. Il va changer les choses, notamment sur le plan culturel, en mode, en musique, en architecture. Je suis scotché par ses discours. Nicolas Sarkozy a très bien compris l'importance du culte de l'image dans notre société. Tous les ministres qu'il a choisis ont des gueules qui passent bien dans les médias.
LCI.fr : Quel regard portez-vous sur vos confrères de la mode ?
P.R. : Lagerfeld, comme Sarkozy, est un mec qui bouge vraiment. Sa faculté de travail est énorme. Galliano, c'est le plus mauvais couturier du monde. Et le plus grand dessinateur du monde. Son imagination est prodigieuse. Sa mode est une mode de barge, de la folie sublimée. En fait, Galliano fait du spectacle, pas de la mode. On devrait lui confier la revue du Lido. Elie Saab est un boutiquier qui vend des vêtements aux bouchères enrichies de Russie et aux nouveaux riches de Dubaï et du Moyen-Orient. Azzedine Alaïa, lui, sait couper. Avec lui, il n'y a jamais une pierre ou une dentelle en trop.
LCI.fr : Vous n'avez pas votre langue dans votre poche...
P.R. : Je suis basque. Les Basques, comme les Africains, sont des gens de la parole. Jamais je n'ai regretté une de mes déclarations. Avec ma prédiction sur la station spatiale Mir, je savais que j'allais me faire assassiner par la presse et j'ai compris mon erreur. Depuis Mir, aucun voyant n'ose plus faire de prédiction. Moi, j'assume totalement.
LCI.fr : Quand le paranormal est-il entré dans votre existence ?
P.R. : A l'âge de 7 ans. Mon frère dormait et je n'arrivais pas à faire de même. J'ai donc essayé de trouver une technique pour compresser le temps et me retrouver le lendemain. J'ai réussi. Le temps s'est figé et je me suis retrouvé au ciel avec Gabriel, le gardien du seuil. A mon réveil, j'en ai parlé à ma mère qui m'a dit que j'étais fou. Par contre, ma grand-mère chaman, une paysanne basque qui connaissait toutes les recettes de bonne femme, m'a conseillé de me taire mais de continuer à m'exercer chaque soir. Depuis, l'intérêt pour le paranormal ne pas quitté. J'ai encore vu un fantôme dans ma maison, lorsque je me suis cassé la jambe, récemment.
LCI.fr : Vous avez 74 ans. Quel est le secret de votre dynamisme ?
P.R. : Le sourire et le travail. Je suis naturel et je ne truque jamais. La mort ne m'effraye pas. C'est juste un passage d'un état vibratoire à un autre. A 100 ans, je serai toujours un jeune créateur. J'ai 15 ans dans ma tête !
* Du 26 novembre au 3 décembre 2007, des portraits de people ayant participé à la soirée de lancement du nouveau parfum de Paco Rabanne Black XS for her, de même que quatre tops numérotés du couturier seront mis en vente sur internet, au profit de la lutte contre le sida. Le 1er décembre, journée internationale de lutte contre le sida, 1 euro sera reversé au Sidaction sur la vente de chaque produit Black XS. Plus d'infos sur www.blackxs.com.
* Interview réalisée dans le cadre de l'exposition Parfum(s) d'été à l'InterContinental Paris Le Grand, jusqu'au 30 juillet 2007 (infos au 01 40 07 32 32).
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