Fanny Ardant, le 24 mai 2007, à Cannes © Abacapress.comJeudi dernier, l'actrice française Fanny Ardant déclarait, dans une interview pour un magazine italien, qu'elle considérait le fondateur du groupe armé des Brigades Rouges, Renato Curcio, comme un "héros". Ces déclarations ont aussitôt déclenché une polémique en Italie, émoi médiatique qui s'aggrave maintenant d'une suite judiciaire, a-t-on appris, lundi, auprès de l'avocat de la comédienne.
En effet, la famille italienne d'une victime des Brigades Rouges a porté plainte, lundi, auprès du parquet de Padoue, dans le Nord de l'Italie, contre Fanny Ardant. Renato Curcio, le fondateur de ce mouvement armé, a été condamné à 16 ans de prison pour un double meurtre, dont celui du père du plaignant, Me Mazzola, au siège de Padoue du MSI, le parti post-fasciste, le 17 juin 1974, l'une des premières actions revendiquées par les Brigades Rouges. La plainte a été déposée au nom de la mère et des quatre enfants de la victime.
«Le prix fort de la douleur»
Selon la presse italienne, Renato Curcio a en fait été condamné dans cette affaire pour "complicité morale" pour avoir rédigé le texte de revendication de cette opération. Arrêté en 1976, il a été condamné à un total de 30 ans de prison. Renato Curcio n'a jamais commis de crime mais a toujours refusé de signer une lettre exprimant son refus moral de la lutte qu'il avait dirigée politiquement. Il est aujourd'hui en liberté. Selon Me Mazzola, il appartiendra au parquet de décider si les propos de Fanny Ardant constituent un délit.
L'actrice a demandé "pardon", vendredi soir, à ceux que ses propos sur le fondateur des Brigades Rouges ont pu blesser, lors d'une interview sur France 2 et d'une déclaration en italien sur la première chaîne de télévision Rai, pendant le journal télévisé. "J'ai toujours considéré le phénomène des Brigades Rouges comme passionnant et captivant", avait notamment déclaré l'actrice, la semaine dernière, à l'hebdomadaire féminin italien A.
"Dire pardon ne lui a rien coûté alors que ma mère a payé le prix fort par beaucoup de douleur. Elle est seule depuis 30 ans", a déclaré le fils de la victime, affirmant que son père n'était pas membre du MSI mais "employé" par le parti. "La terre de la Vénétie est imbibée du sang de ceux qu'elle considère comme animés par la passion", a accusé Me Mazzola, alors que l'actrice est attendue à Venise pour la Mostra du cinéma qui s'ouvre mercredi.
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