Annie Cordy, le 13 janvier 2006, à Paris © Abacapress.com"Aidez-nous à sauver la Belgique !": ce cri du coeur figure mercredi à la une du journal belge La Dernière Heure, qui, avec l'appui de gloires nationales comme Annie Cordy et Eddy Merckx, lance sa propre campagne pour désamorcer les risques de scission du royaume. Invitant ses lecteurs à "témoigner" leur "attachement" à la Belgique unie et leur "refus du séparatisme", le quotidien francophone populaire publie un autocollant mêlant français et néerlandais et rappelant la formule des Trois mousquetaires : "Un pour tous, tous pour Een!".
Dans ses pages intérieures, La Dernière Heuredonne la parole à une vingtaine de célébrités belges, néerlandophones comme francophones : Annie Cordy rappelle ainsi qu'elle est "née à Bruxelles de parents flamands, bilingue", et explique dans le style familier qui a fait sa notoriété que cette crise lui "casse les pieds". Elle appelle ses compatriotes "à aller de l'avant tous ensemble", en évoquant la Marche blanche de 1996, qui avait vu des centaines de milliers de Belges manifester leur énorme émotion face à l'affaire Dutroux. Eddy Merckx, le champion cycliste le plus titré de l'histoire, exprime lui son "ras le bol" face au "séparatisme" qu'il qualifie d'"erreur monumentale". "Je me sens encore et toujours belge. Que je sache les séparatistes ne constituent pas encore la majorité de la population, tant en Flandre qu'en Wallonie", souligne le coureur flamand.
Toujours pas d'accord entre Flamands et Wallons
Quatre cents personnalités ont également signé une pétition pour "sauver la solidarité" entre les Belges et contre le séparatisme, dont de nombreux Flamands. On y trouve notamment Axelle Red, les quatre relayeuses belges qui ont remporté la médaille de bronze du 4 x 100 mètres lors des Mondiaux d'athlétisme de Tokyo et aussi l'écrivain Hugo Claus (auteur du Chagrin des Belges). "Nous sommes Wallons, Bruxellois ou Flamands, nous sommes citoyens du monde. Nous ne voulons pas qu'on érige de nouveaux murs entre des gens, entre des régions et entre des pays", dit le texte de la pétition. L'initiative émane des deux principaux syndicats du pays, la FGTB et la CSC, qui craignent que la plus grande décentralisation du pays réclamée par la Flandre ne se fasse au préjudice des salariés flamands, bruxellois et wallons, qui pourraient être mis en concurrence.
Plus de trois mois après les législatives du 10 juin, les partis représentant les Flamands néerlandophones d'une part, les francophones de Wallonie et de Bruxelles, de l'autre, n'ont toujours pas trouvé d'accord sur une nouvelle décentralisation des institutions du pays que réclame la Flandre. Ils n'ont pas trouvé non plus de compromis sur les droits politiques des francophones de la périphérie flamande de la capitale, que la Flandre entend encadrer. Un sondage récent a montré une progression de l'indépendantisme dans la majorité flamande du pays - 60% des 10,5 millions de Belges -, quelque 46% des habitants de la Flandre optant pour la séparation et les deux tiers se disant convaincu que la Belgique exploserait un jour.
D'après agence
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