Luciano Pavarotti © TF1/LCILa mort jeudi de l'Italien Luciano Pavarotti, le plus populaire des ténors de son temps, a suscité de nombreux hommages dans le monde lyrique et au-delà, artistes et hommes politiques s'inclinant devant cette voix hors du commun et ce chanteur capable de soulever les foules. Ceux qui l'ont côtoyé sur scène et dans les studios d'enregistrement n'ont pas tardé à faire part de leur vive émotion.
Le metteur en scène italien Franco Zeffirelli a résumé le phénomène d'une formule: "Il y avait des ténors et il y avait Pavarotti". "Son plus grand mérite est d'avoir abordé la musique dans sa globalité, de la chansonnette au lyrique en passant par l'opérette", a-t-il déclaré. Née comme Pavarotti à Modène, en 1935 elle aussi, la soprano italienne Mirella Freni a perdu "un grand ami" et son partenaire le plus marquant dans "La Bohème" de Puccini.
Autre soprano ayant gravé d'émouvants duos avec le ténor, la colorature australienne Joan Sutherland, grande dame du bel canto, s'est rappelée qu'"il était incroyable d'apparaître et de chanter à ses côtés". "La qualité du son était assez différente, vous saviez immédiatement que c'est Luciano qui chantait", a souligné celle que l'on surnomme "la Stupenda".
« Grand joueur de poker »
L'Espagnol José Carreras, l'un des "Trois ténors" avec son compatriote Placido Domingo et Pavarotti, a dit vouloir "se souvenir de lui comme le grand artiste qu'il était, un homme avec un extraordinaire charisme". "Il était aussi expert dans le domaine gastronomique qu'il aimait tant. Il était un très bon ami pour ses amis et un grand joueur de poker", a-t-il ajouté. Le Japonais Seiji Ozawa, l'un des grands chefs d'orchestre à avoir dirigé Pavarotti, s'est dit "sous le choc et très triste".
"C'était un ami de plusieurs décennies. Son timbre était si distinct que je pouvais immédiatement le reconnaître, chaque fois que j'entendais ses chansons dans des restaurants, par exemple", a souligné ce maestro qui a fait ses débuts à la Scala de Milan, dans "Tosca" de Puccini, grâce à Pavarotti. Plusieurs des grands théâtres lyriques qui ont accompagné les succès de "Big P" se sont joints à cet éloge. Le Covent Garden de Londres a salué "l'un de ces rares artistes qui touchaient la vie de gens de tous horizons dans le monde entier". L'Opéra de Vienne (Staatsoper) a même hissé le drapeau noir à la demande de son directeur Ioan Holender, qui a déploré l'extinction de "la plus belle voix de ténor" de notre temps.
Hommage de Ban Ki-moon
Preuve d'un rayonnement excédant largement la planète lyrique, le décès du "tenorissimo" a suscité plusieurs réactions d'hommes d'Etat, notamment à Rome et Paris. Le chef du gouvernement italien Romano Prodi a déploré "la disparition d'une très grande voix de la musique et de l'Italie", tandis que le président français Nicolas Sarkozy retenait l'image du "grand ténor populaire", dont Pavarotti fut selon lui la meilleure incarnation depuis Enrico Caruso.
Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a salué jeudi la mémoire du ténor italien, un "vrai ami de l'ONU", selon un communiqué d'un porte-parole."En organisant des concerts et en incitant des amis talentueux à contribuer à réunir des fonds, il a obtenu des millions de dollars d'aide humanitaire", rappelle le communiqué, qui le qualifie de "vrai ami de l'ONU".
Les funérailles de Luciano Pavarotti, auront lieu samedi à 13 heures à Modène, sa ville natale dans le nord de l'Italie. La chapelle ardente qui permettra au public de rendre un dernier hommage au ténor ouvrira ses portes au public jeudi soir à 18H00 GMT, vendredi à partir de 04H00 GMT et pour toute la journée, samedi de 04H00 GMT à 11H00 GMT. Luciano Pavarotti s'est éteint jeudi à l'aube, à l'âge de 71 ans.
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