Stéphane Collaro, complice de Jacques Martin, dans le Petit Rapporteur © TF1/LCI
Stéphane Collaro, animateur au Petit Rapporteur
"Jacques a été l'une des rencontres les plus importantes de ma vie. Malgré l'affection de ses proches, sa vie était devenue un calvaire et il ne le méritait pas (...) On est parti de l'amitié et de ce goût commun pour la farce et la dérision et cela a donné naissance au ‘Petit rapporteur'. On y retrouvait cet esprit bon enfant, l'envie de rire de tout. C'était sa nature qui contrebalançait un déchirement profond. Il était très introspectif et inquiet. Jacques avait un talent extravagant. C'était un être complexe et attachant. ‘Le Petit rapporteur' a été l'invention d'un ton nouveau à la télévision".
L'ancienne animatrice Danièle Gilbert
"A la télé, nous sommes tous des enfants de Jacques Martin (...) J'ai été connue avec et grâce lui. Il m'a tout appris: il improvisait et il fallait réagir au quart de tour (...) Il avait le sens du mot ‘populaire'. J'aime les êtres hors du commun et il en était un (...) Il était incroyablement culotté. La télé l'est beaucoup moins aujourd'hui. Il osait tout alors qu'aujourd'hui la soi-disant audace devient formatée".
L'animateur des "Grosses têtes" Philippe Bouvard (sur France 2)
"Jacques Martin, c'était une impertinence totale, une grande imagination. Il a inventé des concepts d'émissions. C'est très rare. La preuve, aujourd'hui, on va chercher nos concepts à l'étranger (...) C'était un artiste complet. Il savait tout faire et avait tous les dons: il savait danser, faire des claquettes, jouer la comédie, chanter, écrire... C'était le roi de l'improvisation. Je me demande ce qu'il ne savait pas faire. Il ne savait pas être heureux".
L'animateur Jean-Pierre Foucault (à l'AFP), partenaire de Jacques Martin au Théâtre de l'Empire pour "L'Académie des 9": "Jacques Martin était une référence. Il savait tout faire. C'était un showman idéal doté d'une culture exceptionnelle. Quels que soient les domaines, il excellait (...) Jacques Martin était l'incarnation de la télévision, avec l'impertinence en plus, à une époque où elle n'avait pas lieu d'être sur la télévision d'Etat (...) Il avait un pouvoir et un culot immense. Il est toujours resté un artisan".
Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions, (sur Europe 1) - "C'était un homme exceptionnel de télévision. Il a écrit quelques unes des plus belles pages du service public. C'était un homme orchestre. Il avait compris que la télévision publique devait s'adresser à tous les publics. Il pouvait passer de l'impertinence du "Petit rapporteur" à la tendresse de "L'école des fans". Les générations qui ont grandi avec la télévision ont grandi avec Jacques Martin".
L'animateur de M6 Marc-Olivier Fogiel (à l'AFP): "Jacques Martin faisait partie des gens qui m'ont donné envie de faire de la télé, avec Yves Mourousi. Jacques Martin était irrévérencieux. Il a construit le moule du politiquement incorrect à la télé. J'aimerais lui arriver à la cheville. Il savait être corrosif tout en étant rond dans le style. Il s'offrait des grands écarts incroyables avec des émissions populaires et d'autres impertinentes. Il était un puits de culture et en même temps savait rester très léger".
- L'ancien animateur Bernard Montiel, évincé de la télévision (à l'AFP) : "Jacques Martin était un formidable animateur que j'ai admiré et qui m'a donné envie de faire de la télé. Jacques Martin a été maltraité par la télévision qui l'a évincé comme tant d'autres. Depuis, il regardait avec amertume cette télévision dont il a été un pionnier et qui se faisait sans lui. Je n'oublie pas non plus le merveilleux comédien qu'il était. Il m'a bouleversé dans 'La Passante du Sans-soucis' avec Romy Schneider. Il avait aussi une culture et un humour sans limites".
- Piem, dessinateur, animateur au Petit Rapporteur aux côtés de Jacques Martin (à l'AFP): "C'est triste comme tous les départs. C'était moi l'ancêtre de l'émission, j'avais dix ans de plus que lui et c'est lui qui part en premier. (...) Il a su utiliser la télévision de manière brillante. Il a eu l'audace de faire cette émission avec des gens différents et cela a bien pris. C'était passionnant..."
- Pierre Tchernia (à l'AFP) : "Jacques Martin était un personnage exceptionnel qui devait trouver sur son chemin la télévision. Ses qualités et talents étaient incroyablement multiples, avec le goût du spectacle, jusqu'à ce que la télévision lui donne l'occasion d'éclater. C'était une époque où, en plus, on commençait à se libérer et à manifester un certain culot. Il maniait la provocation avec une facilité et un charme certain et c'était formidable. Je l'ai découvert à l'occasion d'une retransmission de Télé-Strasbourg sous le pseudonyme de Ducerf. Il avait déjà une sacrée présence. Je me suis dit que c'était un sacré phénomène en me demandant qui était ce zèbre-là. J'ai parlé de lui dans les couloirs les jours qui ont suivi et il a débarqué à Paris. Il a démarré avec Jean Yanne dans l'émission +1=3+".
- Laurent Gerra (sur RTL) : "Jacques Martin était mon +papa+ de télévision. C'est Virginie Lemoine qui nous a présentés pour l'émission +Ainsi font, font, font...+. J'ai passé une audition et il m'a dit : +Revenez la semaine prochaine. Vous êtes ici chez vous+. Jacques était un artiste complet. N'oublions pas qu'il a fait la première partie de Jacques Brel. Je me souviens de nos fous-rires. Il avait un sens de la dérision incroyable et était précurseur. Il m'a désinhibé sur des choses que je n'osais pas dire".
(D'après agence)
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