Lady Diana, à Gloucestershire, le 1er mai 1983 © Abacapress.com![]() |
| Les explications d'Hélène Lecomte |
Un jury populaire britannique de onze personnes et un magistrat sont présents, lundi et mardi, à Paris, pour une nouvelle enquête sur l'accident qui a coûté la vie, dans la nuit du 30 au 31 août 1997, à la princesse Diana et son compagnon Dodi al Fayed. Les jurés doivent refaire, lundi, en bus et à pied, d'abord de jour puis de nuit, le parcours fatal de la voiture du couple entre l'hôtel Ritz, propriété de Mohammed al Fayed située place Vendôme, et le tunnel de l'Alma, près de la tour Eiffel, où le véhicule avait heurté un pilier. Il est également prévu de refaire le trajet vers l'hôpital de la Salpêtrière, où Diana est décédée. La journée de mardi sera consacrée à d'autres déplacements, notamment à l'hôtel Ritz.
Ce transport de justice a donné lieu à d'importantes tractations entre les autorités françaises et britanniques, qui ont dû gérer la présence annoncée sur les lieux de centaines de journalistes et d'un dispositif de sécurité. A la fin de cette enquête, qui devrait prendre environ six mois, le coût des diverses enquêtes supportées par les contribuables britanniques pourrait atteindre 14,4 millions d'euros.
La théorie du complot
Cette enquête pénale qui s'apparente à la procédure française de "recherches des causes de la mort" a été engagée, la semaine dernière, à Londres à la demande de Mohamed al Fayed, homme d'affaires milliardaire et père de Dodi. Il soutient que le couple a été victime d'un complot mené par les services secrets britanniques et ourdi par le prince Philip, époux de la reine Elizabeth. Il s'agissait, avance-t-il, d'empêcher un hypothétique mariage Dodi-Diana. Cette thèse a déjà été rejetée en 1999 par la justice française, puis par Scotland Yard, dans un rapport remis l'an dernier. Toutes deux ont conclu à un accident de la circulation.
Ces conclusions ont été confirmées en 2000 en appel et la Cour de cassation a rejeté les derniers pourvois en 2002. Une campagne de presse des journaux "tabloïd" britanniques en faveur de la thèse du complot a relancé les procédures en Grande-Bretagne. Mohammed al Fayed s'appuie notamment sur le fait que la Fiat Uno que la Mercedes a heurtée dans sa course folle, juste avant d'entrer dans le tunnel du pont de l'Alma, n'a jamais été retrouvée, malgré des recherches approfondies.
"Au mépris des faits"
En ouvrant officiellement, mardi dernier, la procédure, le juge qui préside les débats a appelé les jurés à la prudence sur les théories du complot. "Il s'agit d'un sujet sur lequel l'ensemble de l'opinion britannique et beaucoup d'étrangers ont un avis souvent étayé par aucune preuve ou, au mieux, par une image partielle", a-t-il dit. Il a invité son auditoire à ignorer la littérature générée par l'accident, dont la majeure partie a été rédigée, a-t-il affirmé, "au mépris des faits".
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