Le prince Albert II de Monaco, lors d'une conférence de presse, le 12 janvier © Abacapress.comL'humour est sauf : à Monaco, on peut encore faire des blagues, même si elles sont mauvaises. L'auteur monégasque d'un site Internet satirique où le prince Albert II apparaissait affublé d'un nez rouge vie a été relaxé ce mardi des poursuites d' "offense au chef de l'Etat".
Marc Giacone, dont le site Web, Monaco Politic Circus, brocardait l'ensemble de la classe politique monégasque, est également relaxé des accusations d'injure à l'encontre de la majorité des personnalités visées. Cette clémence a toutefois des limites : l'homme est en revanche condamné à 2000 euros d'amende pour ses propos sur l'archevêque de Monaco et le ministre de la Justice de la principauté.
Imitation d'un Charlie Hebdo monégasque
Le Monégasque de 53 ans, organiste dans une chapelle de Monaco au moment des faits et démis de ses fonctions depuis, risquait pour l'ensemble des faits une peine de six mois de prison ferme requise lors de l'audience du 7 août. Le procureur avait estimé que le prévenu avait "dérapé gravement et basculé dans la diffamation". "C'est la première fois qu'on va si loin dans une atteinte au souverain", avait-il affirmé.
L'auteur du site internet à l'humour assez grossier, dont l'accès direct avait été suspendu au bout de quelques jours, s'était excusé et avait tenté de justifier sa démarche : "Je n'avais l'intention de faire qu'une imitation, certes mauvaise, d'un Charlie Hebdo monégasque".
"Je suis rassuré de voir que la justice de Monaco fonctionne normalement comme dans tous les Etats de droit", a réagi Marc Giacone, soulagé, à l'énoncé du jugement. Son avocat a constaté, avec satisfaction, que "la justice monégasque s'inscrit dans l'évolution du Conseil de l'Europe" dont la principauté est membre depuis octobre 2004.
Avec agence
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