Capture d'écran d'une vidéo sur Wat.tv montrant Tatiana, finaliste de Secret Story, lors de sa participation au casting de la Star Academy © DRUn producteur de musique a été condamné, mardi, par le tribunal correctionnel de Paris, à 2 ans et demi de prison ferme pour avoir manipulé et agressé sexuellement plusieurs aspirantes chanteuses, dont Tatiana, la finaliste du jeu de téléréalité de TF1 Secret Story. La 10e chambre a reconnu Jean-Michel Tengang-Bogogam coupable d'"abus de faiblesse", d'"agressions sexuelles" et de "menaces de mort" sur quatre de ses anciennes élèves et l'a condamné à 5 ans d'emprisonnement, dont 30 mois avec sursis, assortis d'une mise à l'épreuve de 3 ans avec obligation de se soigner. Le parquet n'avait requis que 2 ans ferme.
Le tribunal ayant prononcé un mandat de dépôt, le prévenu, qui comparaissait libre, a été immédiatement incarcéré. Par ailleurs, le tribunal lui a "interdit d'exercer toute activité liée à un enseignement quel qu'il soit pendant cinq ans" et l'a condamné à payer des dommages et intérêts aux victimes, dont le préjudice devra être évalué par des experts psychiatres.
Du chant aux attouchements
Après avoir porté plainte, Tatiana ne s'est pas présentée à l'audience du 16 janvier. Son absence n'avait pas empêché le tribunal, ainsi que la procureure, d'évoquer sa situation, au même titre que celle des trois autres victimes présentes à l'audience. Sans nouvelle de sa part, le tribunal en a déduit, mardi, qu'elle s'était finalement désistée de son action.
Créateur de la société Noise of Rose, M. Tengang-Bogogam, un quinquagénaire d'origine camerounaise, y attirait des jeunes filles afin, promettait-il, d'en faire "les meilleures chanteuses du monde". Il se disait l'inventeur d'un nouveau concept, le "jazz sexy". Le problème, avait dénoncé l'avocate de deux victimes, c'est qu'il est passé "du chant aux photos, des photos habillées aux photos nues, puis aux vidéos et aux attouchements sexuels".
"Devenez Tatiana"
Selon un rapport d'expertise versé à l'instruction, "les méthodes sectaires ont toutes été employées dans le cadre de cette école": coupure du milieu familial, thématique sexuelle pour former les élèves, menaces de mort, mise à disponibilité complète de leur vie à leur "gourou".
L'avocat du prévenu avait plaidé que ces jeunes femmes avaient été victimes non pas de son client, mais "de la société française" qui ne donne plus qu'une ambition aux jeunes filles: "devenez une star, devenez Tatiana". Selon lui, ce message les avait préparées à "adhérer aux principes d'un homme qui leur promettait d'être star".
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