Cathy Guetta: "Merci la nuit"

Par Propos recueillis par Ludmilla INTRAVAIA, le 28 mai 2008 à 10h52 , mis à jour le 28 mai 2008 à 11h53

Interview - Cathy Guetta confie à LCI.fr les origines de sa passion pour le monde de la nuit qui l'a sacrée reine incontestée des noctambules.

Cathy GuettaCouverture du livre de Cathy Guetta, "Bains de nuit" chez Fayard et portrait de la jeune femme, pendant la promotion de son ouvrage © DR

LCI.fr: Dans votre livre, vous évoquez vos souvenirs d'enfance, notamment avec votre père dont vous vous dites "le portrait" craché. Dans quel sens?
 
Cathy Guetta, organisatrice d'événements : J'ai toujours vu mon père, travailleur dans la restauration, se décarcasser pour que les gens soient contents. Il fallait qu'il soit un employé modèle, un vrai bourreau de travail et cela, toujours avec le sourire, pas par soumission mais parce qu'il était mû par un sens inné du service à autrui. Il m'a transmis cette satisfaction à fabriquer des moments heureux, la base de mon métier. Et j'ai toujours été comme ça, que je sois vendeuse de pralines sur la plage, employée en boulangerie ou organisatrice de soirées comme Unighted by Cathy Guetta, le 5 juillet, au Stade de France avec les cinq plus grands DJs du moment, j'ai toujours voulu faire le maximum pour que les gens soient comblés.
 
LCI.fr : Votre père voyageant beaucoup pour raisons professionnelles, vous étiez souvent seule avec votre mère. Quelle influence son éducation a-elle eu sur votre personnalité?
 
C.G. : Ma mère est, pour moi, un modèle de dignité. J'ai hérité de son maintien, elle qui était toujours tirée à quatre épingles, maquillée et bien coiffée, les ongles vernis, dans ses petites robes impeccables, même dans les pires moments. J'ai vu et compris, avec compassion, ses difficultés à joindre les deux bouts, seule avec trois enfants, sans le soutien d'une famille.
 
LCI.fr : Votre mère a vécu dans un orphelinat, jusqu'à l'âge de 18 ans...
 
C. G. : Lorsqu'elle en est sortie, il y a plus de 70 ans, elle était comme un nouveau-né. Personne ne lui a jamais appris à devenir une femme. Parfois, je voyais ma mère réagir comme une enfant, parce qu'elle n'avait pas reçu les clés qui permettent d'avancer dans la vie. Elle se débrouillait comme elle pouvait, alors qu'il n'y avait pas beaucoup d'argent dans le couple. J'ai toujours considéré la droiture de son comportement comme héroïque. Elle n'a jamais flanché. 
 

Cathy Guetta
245 pages, 18 euros, chez Fayard
LCI.fr : En cela, êtes-vous comme elle?
 
C. G. : Oui, je suis comme ma mère, pudique et réservé, malgré le personnage public que les gens connaissent de moi. Contrairement aux apparences de mon métier, où il faut être très disponible, je suis une personne secrète. Personne ne connaît la couleur de mes rideaux, à la maison. J'ai bâti une carapace autour de moi. Avec ce livre, je me livre un peu.
 
LCI.fr : Votre père est camerounais et vous êtes métis. Comment avez-vous vécu cette différence?
 
C. G. : La différence était très forte dans la cour de récré, où mes cheveux crépus et ma couleur de peau ne passaient pas inaperçus. A l'adolescence, je n'avais pas de fiancé mais cela ne m'attristait pas, parce que j'avais le rôle de bonne copine et de confidente. Je ne me suis jamais sentie diminuée par ma couleur de peau. Par contre, le racisme vécu par ma mère m'a blessé. C'est pour cela que j'aime le monde de la nuit qui fut ma première expérience d'égalité sociale et ethnique.
 
LCI.fr : La nuit fut-elle une révélation pour vous?
 
C. G. : La première fois que j'ai été en discothèque, j'ai été marquée par la lumière tamisée qui y régnait et les regards agréables sur moi car je dansais bien. Riche, noir, pauvre, métis... la nuit, il n'y a plus de frontières. On peut s'inventer un personnage. Impossible de dire qui est qui. La nuit homogénéise les différences et met tout le monde sur le même pied, celui de l'amusement. Cette mixité et cette tolérance m'ont toujours plu.
 
LCI.fr : Peut-on dire que la nuit vous a tout donné?
 
C. G. : Sans aucun doute. J'aurais voulu titrer mon livre "Merci la nuit", car grâce à elle, j'ai rencontré un mari merveilleux qui m'a donné des enfants magnifiques. Grâce à elle, j'ai trouvé ma place et ma position sociale dans la vie. Tous les chemins mènent à la réussite personnelle, même les plus sinueux et qui que vous soyez, tel est le message que j'ai voulu faire passer dans mon livre. Moi, j'ai commencé au vestiaire et j'en suis fière. Je n'ai jamais traîné les pieds parce que j'étais au vestiaire. Il faut travailler et tout devient possible. Oui, "La nuit m'a tout donné", c'est vraiment aussi le titre que j'aurais pu donner à mon livre. 
 

Par Propos recueillis par Ludmilla INTRAVAIA le 28 mai 2008 à 10:52
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2 Commentaires

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  • Rouaxe, le 29/05/2008 à 15h56

    Ok merci la nuit mais n'oublions pas que la nuit detruit certaines personnes qui boivent justement pour oublier la journée precedente.

  • Denis, le 28/05/2008 à 16h04

    Personne ne peut oublier les grandes soirées organisées par Cathy Guetta dans les plus grands lieux mythiques de Paris... merci à elle pour tous ces bons souvenirs !

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