Couverture du livre Marilyn et JFK de François Forestier, chez Albin Michel © DRLCI.fr: Tout a été dit sur le couple formé par Marilyn Monroe et John Fitzgerald Kennedy. En quoi votre approche est-elle différente?
Que s'est-il passé à bord d'Air Force One juste après la mort de JFK ?
Les enregistrements des conversations qui se sont déroulées à bord de l'appareil présidentiel qui a ramené le corps à Washington ont été rendus publics.
Publié le 01/02/2012
La dernière demeure de Marilyn est à vendre
La maison est décrite comme "vaste et très spéciale", qualifiée de "bijou" de ce quartier de Los Angeles. Prix: 3,6 millions de dollars.
Publié le 14/07/2010
François Forestier, journaliste: Les informations sur Marilyn et JFK sont souvent parcellaires dans les biographies publiées sur eux. J'ai rassemblé ces éléments tronqués pour raconter l'histoire de la relation entre un homme politique montant vers la présidence et une actrice chutant dans les ténèbres. Je parle de faits jamais évoqués auparavant, telle la superposition grotesque des voyeurismes, en raison de l'espionnage incessant dont le couple faisait l'objet. Il y avait des micros dans tous les sens, posés par plein de gens différents.
LCI.fr : Qui, d'après vous, avait intérêt à espionner le couple ?
F.F. : Edgard Hoover, directeur du FBI; James Hoffa, leader du syndicat des transports américains; Sam Giancana, parrain de la mafia de Chicago; James J. Angleton, fondateur du département de contre-espionnage de la CIA; le KGB, service de renseignements soviétiques; Jo DiMaggio, ex-mari de Marilyn ou encore son psychanalyste qui enregistrait leurs séances de thérapie... , chacun espionnait tout le monde, jusqu'à l'absurde : puisque aucun ne communiquant avec les autres, toutes ces informations s'annulaient.
LCI.fr : Vous qualifiez Marilyn, de "reine du monde, sous les projecteurs" et de "pauvresse, dans le clair-obscur"...
F.F. : Elle-même était pleinement consciente de ce contraste. Elle le montrait à ses amis, dans la rue, lorsqu'elle marchait simplement, chaussée de lunettes noires, un fichu sur les cheveux, personne ne la voyant. Mais quand elle décidait d'être Marilyn, elle retirait ses accessoires et devenait quelqu'un d'autre, comme si on allumait la lumière, tout le monde s'attroupant autour d'elle.
C'est un trait courant chez les acteurs. Mais chez Marilyn, il était poussé à l'extrême car, chez elle, en privé, elle s'éteignait complètement. La seconde fêlure de Marilyn, c'est que si la caméra l'adorait, elle, elle la détestait, ce qui explique tous ses retards, ses absences qui lui ont valus de la haine sur les plateaux de cinéma. Déséquilibrée, schizophrène, elle possédait plusieurs personnalités dont certaines entraient en conflit.
Je dresse le portrait de deux solitudes, celle d'une femme vide, n'existant que sous les feux des projecteurs et celle d'un homme égoïste, dénué de morale. C'est la géographie d'un désert sentimental. Il y a quelque chose de pathétique dans ces deux être qui se rencontrent et vont peut-être s'aimer. Dans cette noirceur, il y a une humanité, une étincelle qui m'ont touché.
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| Albin Michel, 298 pages, 19,50 euros |
LCI.fr : Un tel fossé existait-il entre la vie publique et privée de John Fitzgerald Kennedy?
F. F. : Normal, c'est un politique, non? Beau et charismatique, il avait une image publique positive, soigneusement construite à coups de dollars, en muselant la presse, image dont la légende persiste de nos jours. Avec lui, on a changé de siècle, par rapport au président précédent. Mais c'était un homme immoral. Sa seule religion: la gagne. Il a été élevé par son père, dans cette optique-là. Il ne s'est jamais préoccupé, ni des sentiments des autres, ni du plaisir des autres.
LCI.fr : Vous n'hésitez pas à le taxer de "Speedy Gonzalez de l'érotisme"...
F. F. : Le sexe, pour lui, était un plaisir momentané, rapide, dont on jouit à la manière d'un enfant qui voit des bonbons, les prend et les consomme, sans rien demander à personne. La femme, était une tasse de café qu'on avale et puis, au revoir.
LCI.fr : Marilyn était-elle dépendante du sexe?
F. F.: Non. Le sexe, pour elle, était une manière d'exister et d'acquérir du pouvoir, sa force de séduction étant telle qu'elle rendait les hommes impuissants. Marilyn était frigide, elle l'avait dit à son psychanalyste. Le sexe, était un moyen, pas un but, un moyen d'exister par rapport à son vide intérieur.
LCI.fr : Cette solitude sexuelle et affective a-elle joué un rôle dans la fin tragique de Marilyn?
F. F. : La célébrité rend fou. Si le monde entier vous regardait comme un objet sexuel, vous deviendriez folle. Elle était également fragile, en raison de son hérédité, sa mère et sa grand-mère ayant été internées et de ses blessures d'enfance. Elle était, de plus, dépendante aux médicaments à haute dose et, sans qu'elle soit alcoolique, l'alcool avait un effet multiplicateur sur son état mental et physique. La plupart du temps, elle était dans un marécage psychique. Elle ne réfléchissait plus. Mais elle souffrait de tout cela. Elle s'est battue contre ses démons mais pas avec les bonnes armes. A la fin, elle n'était plus totalement avec nous.
LCI.fr : Vous ne soutenez donc pas la thèse de l'assassinat ourdi par le clan Kennedy?
F. F.: Je ne vois pas pourquoi on l'aurait tuée. Il était tellement plus simple de la coller dans une cellule capitonnée, si elle faisait du tapage. D'ailleurs, jusqu'en 1974, personne n'a parlé de cette thèse de l'assassinat par les Kennedy. Pas besoin d'aller chercher midi à 14 heures. Elle est morte d'abus de médicaments. Parfois, les gens meurent bêtement.
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