Christine Angot noie son microdrame dans un verre d'eau

Par , le 26 août 2008 à 11h40 , mis à jour le 26 août 2008 à 16h18

Chronique - La sulfureuse écrivaine se livre sur sa relation avec le rappeur Doc Gynéco, dans son dernier ouvrage, Le marché des amants.

Christine AngotPortrait de Christine Angot (à gauche), auteure du livre Le marché des amants, aux Editions Seuil (à droite) © Editions Seuil/Nan Goldin
Le marché des amants Christine Angot
 

Christine Angot
Le marché des amants
 
Editions Seuil
320 pp.
19,90 €

 
L'intention était louable. Christine Angot a voulu raconter son homme, lui faire cadeau d'un livre sincère, rempli de ses sourires éblouissants, de ses mots et de sa façon de les dire, de ses mensonges, omniprésents, de ses musiques, de ses phrases, de sa manière de marcher, de partir et d'être libre. Cet amant, c'est Bruno Beausir, plus connu du public sous le pseudonyme de Doc Gynéco, rappeur français avec lequel l'écrivaine a formé un couple qui a détonné dans le microcosme médiatique, tant leurs univers artistiques respectifs diffèrent.
 
Certains lecteurs ouvriront Le marché des amants pour cette raison: découvrir l'intimité de ces deux célébrités, n'ayant à priori rien à vivre ensemble. Rencontre du couple dans un salon du livre à Brive La Gaillarde, réactions des fans au soutien de Doc Gynéco à Nicolas Sarkozy, garde à vue de Bruno Beausir, après une altercation avec un chauffeur de taxi, poursuite des paparazzis, jusque sous les portes cochères, banderoles Gynéco collabo, lors d'un concert en Suisse ou entartages sur un plateau de télé, le curieux peut savourer, tels des secrets d'alcôves, de nombreuses anecdotes dévoilées de l'intérieur par l'un des intéressés et non plus sous le seul prisme des magazines people.
 
Un microdrame noyé dans un verre d'eau
 
Une curiosité d'autant plus attisée par la réputation sulfureuse de l'écrivaine amoureuse, laissant présager son lot d'infos croustillantes. De ses hésitations quant à la sodomie ("Il était un peu déçu mais il se trompait pas de trou"), à ses trips masturbatoires ("Comme son visage m'apparaissait, je n'y arrivais pas. Les caresses, les mouvements étaient bons, mais rien ne me faisait basculer") au troussage dans l'entrée de son immeuble ("[...] je ne me souviens plus s'il déchargeait. On entendait du bruit dans l'escalier, on se rhabillait."), la manière dont Christine Angot dévoile ses expériences sexuelles ne devrait pourtant pas détourner du propos principal de l'auteure, à savoir comment vivre une relation passionnelle, quand tout vous sépare?
 
De premier abord, l'idée semble attrayante: regarder, observer son couple, elle, la femme blanche, lui, le métis, sous l'optique "des gens comme nous ça peut pas être ensemble". Tenter de trouver sa place à deux, en explorant de nouveaux territoires affectifs. Mais très vite, la lassitude s'impose, engoncée dans un sentiment de petitesse, d'étroitesse face à la vacuité du discours, la pauvreté des interactions, l'insignifiance des dialogues. Une fois passé les chatouillis délicieux et intriguants de la poudre aux yeux, que demeure-t-il à observer? Le microdrame boit la tasse. Les émotions se noient dans un verre d'eau.
 
"Tout ça ne me tire pas vers le haut", confie Christine Angot, dans Le marché des amants. Dommage, on avait vraiment envie de lumière.

Par Ludmilla Intravaia le 26 août 2008 à 11:40
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19 Commentaires

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  • Jeanne, le 02/11/2008 à 18h10

    Très très déçue par ce roman D'ailleurs pour moi ce n'est même pas un roman, on en retire rien Cela pourrait être le carnet de notes d'une ado et encore une très jeune ado Quand je pense à l'âge de cette dame, je suis désolée de voir que visiblement la vie ne lui a rien appris Et puis tous ces textos , ces coups de fil Qu'est ce qu'elle doit être chiante avec les garçons "t'es où?, qu'est ce que tu fais," Bref une gamine complètement immature Et même les qlq détails qu'elle écrit sur sa vie sexuelle avec Doc Gynéco sont affligeants Arrêtez de dire que c'est un livre , un livre cela faire grandir Celui là ne m'a apporté que de la compassion pour cette dame qui visiblement à 13 ans d'âge mental qd il s'agit des garçons. Arrêtez de dire que c'est de la littérature

  • Quelquun, le 29/10/2008 à 14h27

    J'ai commencé à faire des recherches après avoir rencontré sa fille, hier soir, au cours d'un diner (sans sa mère, mais avec son père), et je suis affolée. eleonore est jolie, intelligente et douce, vivre avec sa mère doit etre un enfer, comme de lire ses livres sur son fantasme de viol et ses galipettes avec ce cher doc gyneco. comment une femme peut etre aussi egoiste et paumée pour ne pas se rendre compte de ce qu'elle fait? ca me donne envie de vomir.

  • Ian, le 22/09/2008 à 11h33

    Fuckin' wankers !!! she's amazing !!!!

  • Moulinot, le 19/09/2008 à 16h18

    A Olivier de Dijon. Je vais vous expliquer "la haine que chaque nouveau..." Voilà une orchestration médiatique des plus écoeurantes, en effet. Sous prétexte que Angot est directrice littéraire au Stock, elle s'est prise de l'idée qu'elle pouvait publier (c'est vrai qu'elle ne pouvait être mieux servie pour ça). Car le problème est là: que cette nullité scribouilleuse arrive à mobiliser les médias, excités par ce phénomène "auteur insignifiant réussissant à vendre". Car c'est sur la nullité de ses écrits, en gros, qu'Angot fait sa notoriété. Et les medias entretiennent la boule de neige. L'autre face du problème c'est celui-ci: pendant qu'on dépense de la salive ou de l'encre à l'évoquer, on perd des occasions de parler des vrais écrivains: elle fait un petit écran de brouillard sur la vraie littérature, en somme. Comprenez-vous mieux en quoi ça n'a donc rien d'étrange de s'insurger de toujours à entendre parler des médiocres ? Au lecteur d'avoir du discernement !

  • AuxGénies, le 19/09/2008 à 16h07

    Vous l'avez sans doute remarqué: on parle toujours beaucoup des nullités et toujours très peu des génies. C'est sans doute que le quidam moyen se rassure en gargarisant de plus nuls que lui. Alors, de grâce, laissons Angot à sa médiocité: elle a beau s'agiter, elle est vouée aux poubelles de l'histoire littéraire. Parlons des écrivains, plutôt.

  • Charles, le 17/09/2008 à 15h12

    Quand cessera-t-on de donner à Angot une place qu'elle ne mérite pas? Autopoclamée écrivain malgré la consternante nullité de sa prose, Angot se tue à tout tenter pour faire parler d'elle. Mais votre vie, on s'en fout, mme Angot! Et que les médias arrêtent de nos bassiner avec cette folle qui se prend pur une artiste et cherche à se construire un personnage tourmenté alors qu'elle ne mérite même pas d'être qualifiée de médiocre.

  • Lise, le 16/09/2008 à 16h55

    Ce n'est ni plus ni moins qu'un "torchon pornographique"!

  • Angueule, le 14/09/2008 à 17h01

    Cette nana me fait gerber elle ne vit pas : elle se construit un personnage uniquement pour exister dans le regard d'un public fantôme les autres ne sont que des pantins vides et creux dont elle se sert pour pondre des livres infâmes elle est le concentré de tout un petit monde parisien-parisianiste qui vit coupé de la réalité

  • Moi, le 13/09/2008 à 15h08

    La passante d'Asnières/Seine ne serait pas Jacqueline par hasard?

  • Jade, le 12/09/2008 à 18h45

    J'ai beaucoup aimé ce livre. Rien à dire, l'univers d'Angot vous emporte, vous tient. C'est vraiment très parlant et authentique. C'est un univers intime," live", très bien rendu. Au niveau du vécu, c'est tout à fait ça. On sent les hésitations, les interrogations, on s'étonne des réactions de certains. En fait, sous ses allures de fille costaud, Angot révèle ici sa fragilité, son énorme besoin d'être aimée. C'est courageux de se dévoiler comme ça.... Bon, j'ai beaucoup aimé....

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