L'héroïne de Seconde Chance, Alice (Caroline Veyt), en compagnie de ses enfants, Hadrien (Jonathan Demurger) et Natacha (Lilly-Fleur Pointeaux) © TF1/Etienne ChognardUne maison comme tant d'autres, chaude et conviviale, pas loin de Paris. Un endroit où les habitants aiment lire, en témoigne l'ouvrage Un Instant d'Abandon de Philippe Besson dans la bibliothèque. Dans la chambre d'ado, des collages s'agrippent au mur, à côté d'un flyer du groupe Justice, tandis que le baby-foot s'ennuie de son propriétaire, probablement celui qui a laissé trainer ce ticket de la coupe du monde de rugby, sur une table. La maitresse des lieux, elle, a déserté la cuisine pour aller faire des courses. Comme gribouillé, à la craie, sur le tableau noir, il n'y a, en effet, plus de craquottes et de lait. On picorerait bien quelques pistaches, en attendant son retour. On croquerait bien une pomme. On aurait tort, elles sont en plastique.
Cette maison, un brin bordélique, si vivante, si vraie en somme, est un plateau de tournage. Celui de la nouvelle série quotidienne de TF1, Seconde Chance, dont LCI.fr a pu visiter les infrastructures de production, à Bry-sur-Marne, dans la banlieue parisienne. Seconde Chance, c'est l'histoire d'Alice, une maman de deux enfants, Hadrien et Natacha, qui, plaquée par son mari, va devoir trouver un travail. A 35 ans, sans aucune expérience professionnelle, les portes se ferment devant elle. Toutes, sauf celle de l'agence de publicité Broman & Barow dont la directrice générale, Laëtitia, décide de l'engager par pur désir de vengeance, pour lui en faire baver et assister à sa dégringolade.
Découvrez les premières images de Seconde Chance ici.
"Des claques, elle s'en prend beaucoup au début de la série", s'amuse Caroline Veyt, la Belge mutine qui prête sa spontanéité, son dynamisme et sa jolie frimousse à Alice : "Mais, très vite, elle va apprendre à se démerder dans l'univers de l'entreprise. Faites-lui confiance, elle va rebondir!" Rebondir, un mot qui fait particulièrement écho à l'expérience de la comédienne de 33 ans, puisque pour les besoins de la série, elle vient de s'installer en mars, à Paris, avec sa petite fille, quittant le plat pays où elle anime toujours un programme court, Questions d'Argent, sur la RTBF, la télé nationale du royaume. "Seconde Chance représentait une occasion à ne pas manquer et j'avais enfin une bonne raison de monter à la capitale", explique Caroline Veyt qui rentre régulièrement, en Belgique, pour se ressourcer, après des tournages de quelque 12 heures par jour.
Caroline Veyt en dit plus sur le personnage d'Alice, ici.
Du pain sur la planche, donc, pour la jeune actrice incarnant Alice, même si d'autres personnages vont être amenés à se développer, par la suite, dans la série comprenant 180 épisodes. Ainsi, Sébastien Courivaud, l'acteur qui incarnait Sébastien, le petit ami de Laly, dans la sitcom Hélène et les Garçons, au début des années 90, considère comme une réelle opportunité "d'inscrire son personnage dans la durée". Son personnage, c'est Marc Broman, directeur de la création chez B&B, la société de pub où travaille également sa petite amie, la "méchante" Laëtitia (Isabelle Vitari) avec laquelle il hésite à s'engager.
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| Laëtitia (Isabelle Vitari) et Marc (Sébastien Courivaud) |
Découvrez une interview de Sébastien Courivaud ci-dessous.
Se lâcher, certes mais toujours en justesse. Pratique inédite sur le tournage d'une série télé française, des coachs, présents sur le plateau, soutiennent les acteurs dans leur jeu, en continu. Pour Jonathan Demurger, alias Hadrien, le fils d'Alice, "ces répétiteurs nous apportent une aide précieuse, en nous aidant à travailler nos textes, avant le tournage et en nous donnant des indications de jeu en permanence". "Quand le ton n'est pas bon, pendant une prise, les comédiens sont corrigés par le coach", confirme Gilles Thery, le conseiller technique de l'émission : "C'est bien pour eux, ainsi ils se sentent moins seuls."
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| Plateau de tournage de l'agence de publicité B&B |
Il est vrai, qu'avec les quelque 2700 mètres carrés de décors et les 150 personnes présentes chaque jour sur le tournage de Seconde Chance, on pourrait vite se sentir perdu dans la grosse machinerie que sont les studios de la SFP, dans le Val-de-Marne. La société de production Alma (filiale du groupe TF1) a reconstitué avec un soin minutieux, outre la maison d'Alice, l'agence de publicité B&B, où se déroule, sur deux étages, l'essentiel de l'action, de même qu'une rame de métro. On y découvre également une épicerie italienne et un restaurant branché qui servent de cadre aux épisodes de 22 minutes chacun.
A l'écran, les spectateurs trouveront une série pétillante, à l'humour décalé et aux dialogues enlevés mettant en scène une trentaine de personnages récurrents. Montage rythmé, split-screen, voix off, faces caméra, générique égrenant ses petites notes de musique entêtantes, tous les ingrédients sont réunis pour créer un rendez-vous "fédérateur", dédié à un public "multi générationnel" assure André Béraud, directeur de la fiction à TF1: "Nous ne voulons pas nécessairement toucher la ménagère mais toute personne ayant envie de s'accorder une pause de plaisir, après une journée de travail." "Si nous sommes tout à fait conscients que la quotidienne est un format difficile à installer, parce que les gens doivent changer leurs habitudes pour devenir fidèle à un nouveau programme", conclut-il : "nous savons qu'avec Seconde Chance, nous n'avons copié personne et que nous avons vraiment trouvé un ton original." Un ton qui devrait faire ses preuves sur TF1 qui diffuse deux épisodes, à 17 heures 20 et 17 heures 50, du lundi au vendredi.
| Tournage en "flux tendu" |
L'efficacité est au rendez-vous de ce projet ambitieux, imaginé par une quinzaine d'auteurs, ayant accès au plateau, si le besoin s'en fait sentir. Seconde Chance est mis en images par huit réalisateurs, travaillant avec trois caméras haute définition, en "flux tendu". Ici, plus de bandes et de cassettes mais des fichiers. Tout est numérique, les rushes étant directement envoyés sur un serveur qui les répartit, en temps réel, dans les salles de montage. Pendant que les comédiens jouent, les monteurs sont donc aussi au travail, de même que les graphistes qui assurent les transitions numériques entre les plans ou les ingénieurs son qui ajoutent des bruitages sur les fichiers, également mixés et étalonnés sur place. |
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