Image d'archives © DRC'est le portrait d'un jeune homme à fleur de peau et très affectueux que laisse derrière lui Guillaume Depardieu; mort lundi d'une pneumonie foudroyante à l'âge de 37 ans seulement. Sur LCI, Claude Berri, producteur-réalisateur a réagi avec beaucoup d'émotion à la mort de "quelqu'un qu' [il a] beaucoup aimé, qu' [il a] connu avec ses parents". "Il venait souvent chez moi, s'est souvenu le réalisateur. C'est très, très affreux" (écouter).
La carrière au cinéma de Guillaume Depardieu avait décollé avec "Tous les matins du monde" d'Alain Corneau, en 1991. Ce dernier a estimé sur RTL que l'acteur était "un jeune homme vraiment rayonnant". "C'est un gros choc. Pour moi, Guillaume, ça a été un moment merveilleux de ma vie, de ma vie professionnelle. Il était solaire, il était radieux. Il m'a amené énormément de choses sur le tournage. Je garderai l'image d'un jeune homme vraiment rayonnant", a-t-il dit. Ecoutez sa réaction sur LCI, en cliquant ici.
"Il s'était recréé un nom"
La réalisatrice Josée Dayan, qui a fait tourner Guillaume Depardieu dans trois de ses fictions et est une proche de sa famille, s'est dite sur RTL "absolument laminée" et a salué la mémoire de "l'acteur le plus doué de sa génération". "C'était un ami, je l'aimais infiniment. C'était un type formidable, un immense acteur. Je l'ai eu au téléphone il y a encore trois jours, il venait de finir un film en Roumanie, on parlait de projets, de films à faire, il préparait un album", a-t-elle dit.
Jean-Pierre Mocky, réalisateur avec qui Guillaume Depardieu avait tourné dans "Alliance cherche doigt" (1997), a estimé sur RTL, que l'acteur était "un homme torturé par sa jeunesse, par les relations qu'il avait eu avec son père". "Il avait réussi à se recréer un nom. C'est un peu comme si j'avais perdu mon fils". "Il était très écorché, c'est ce qui lui a donné cette personnalité, un peu à la James Dean."
"Je ne bois pas pour toi ce soir"
Marc-Olivier Fogiel, qui a co-écrit Tout donner en 2004 avec l'acteur, a affirmé sur Europe 1 que Guillaume Depardieu était "surtout quelqu'un de très attentionné, de très attentif à l'autre". "On a écrit ce livre ensemble pendant de longues semaines, il était d'une politesse incroyable", s'est rappelé l'animateur. "Il m'avait invité au restaurant pour fêter la sortie de ce livre. Il m'avait dit : ‘tu vois je ne bois pas pour toi ce soir, pour respecter l'engagement qu'on avait pris ensemble'. C'était vraiment un type sensible, il est certainement mort de cette sensibilité", a-t-il ajouté.
Côté politique, la ministre de la Culture, Christine Albanel, a rendu hommage à une "personnalité riche et complexe" qui a "beaucoup donné à sa passion pour le cinéma". Bertrand Delanoë a évoqué un "acteur d'une exceptionnelle intensité, souvent rebelle et toujours émouvant, il laissera la trace d'une immense sensibilité et d'un charisme rare". "J'aimais en lui son intelligence créative, son sens poétique, son infinie bonté, sa tendresse et son sens de la révolte", a ajouté l'ancien ministre de la Culture Jack Lang. "Avec une sensibilité à fleur de peau, une virtuosité d'expression rare, une maîtrise absolue de son art, Guillaume avait atteint la perfection", a déclaré Jack Lang.
Guillaume Depardieu, acteur à fleur de peau

Claude Berri : "quelqu'un que j'ai beaucoup aimé"

Portrait : Guillaume Depardieu, mort d'un écorché vif
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