Affaire Polanski: la victime demande l'abandon des poursuites

Par L.I. (d'après agence), le 13 janvier 2009 à 18h38 , mis à jour le 13 janvier 2009 à 19h06

La victime dans l'affaire qui a conduit Roman Polanski à fuir les Etats-Unis a demandé, lundi, l'abandon des poursuites contre le cinéaste.

Roman Polanski Roman Polanski, le 9 novembre 2005, au Brésil © Abacapress.com

La victime dans l'affaire qui a conduit Roman Polanski à fuir les Etats-Unis a demandé, lundi, l'abandon des poursuites  contre le cinéaste, qui risque la prison pour avoir eu des relations sexuelles avec elle, lorsqu'elle avait 13 ans, selon des documents judiciaires. Le 2 décembre, le metteur en scène français aujourd'hui âgé de 75 ans avait déposé, via ses avocats, un recours auprès d'un tribunal de Los Angeles, lui demandant d'abandonner la procédure courant contre lui depuis plus de 31 ans.

Les défenseurs de Roman Polanski avaient affirmé avoir mis au jour de nouvelles  preuves montrant que le réalisateur n'avait pas bénéficié, à l'époque, d'une procédure pénale équitable. Dans sa réponse le 6 janvier, le parquet avait demandé au magistrat de rejeter cette demande, tant que le justiciable ne se présentait pas lui-même au  tribunal. Ce dernier est officiellement "fugitif" et recherché par la justice  américaine, depuis qu'il a quitté le pays pour éviter d'être emprisonné début 1978.

Pas la première fois

Mais la victime, aujourd'hui âgée de 45 ans et mère de trois enfants, a déposé une demande, lundi, devant le juge, réclamant à son tour l'abandon des  poursuites. "J'étais la jeune fille de 13 ans dont Roman Polanski a abusé le 10 mars  1977 (...) j'ai demandé que cette affaire se termine sur le plan judiciaire. J'ai pressé le procureur et le tribunal d'abandonner ces poursuites", écrit  Samantha Geimer. Elle affirme que "aussi vrais qu'ils soient, la publication des détails (de  l'agression) font mal à moi, à mon mari, à mes trois enfants et à ma mère" et confie être "devenue une victime des actes entrepris par le procureur". Ce n'est pas la première fois que Mme Geimer réclame à la justice l'abandon  des poursuites contre Roman Polanski; cela avait déjà été le cas, sans succès, en 1995 et 1997.

Roman Polanski, né en France de parents polonais puis élevé en Pologne, avait plaidé coupable de "relations sexuelles illégales", après avoir été arrêté, à la suite de la plainte des parents de Mme Geimer. Les faits s'étaient déroulés dans la demeure de Jack Nicholson à Hollywood.  Selon la police, le réalisateur de Chinatown avait fait consommer de la drogue  et de l'alcool à sa victime, avec laquelle il effectuait une séance de photos pour un magazine, avant de la violer.

Condamné à une "évaluation" de trois mois dans une prison, Polanski y avait  passé 47 jours. Le 31 janvier 1978, au lendemain d'une réunion entre ses avocats et un juge, lors de laquelle ce dernier avait laissé entendre qu'il allait le  renvoyer sous les verrous, Roman Polanski avait pris un avion pour l'Europe. La procédure courant contre lui à Los Angeles n'a jamais été annulée et le  cinéaste n'a pas remis les pieds, depuis plus de 30 ans, sur le sol américain, ni pour recevoir l'Oscar du meilleur réalisateur qui lui a été décerné en 2003 pour  Le pianiste, ni se recueillir sur la tombe de son épouse Sharon Tate,  sauvagement assassinée par des adeptes du gourou psychopathe Charles Manson en 1969, alors qu'elle était enceinte de huit mois.

Par L.I. (d'après agence) le 13 janvier 2009 à 18:38
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3 Commentaires

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  • Gaston, le 27/09/2009 à 15h45

    Entièrement de ton avis, Isabelle.

  • Albert 48, le 14/01/2009 à 15h23

    C'est un exemple des aberrations du système judiciaire américain qui ignore la prescription pour certains crimes.

  • Isabelle, le 14/01/2009 à 11h49

    Desolee, mais ce n'est pas parce qu'on s'appelle Polanski et qu'on est celebre qu'on peut acheter sa justice. Il doit subir la prison s'il la merite (et j'ai bien l'impression qu'il la merite) comme le commun des mortels. D'ailleurs je ne comprends pas que la France (ou autre pays ou il se prelasse) ne l'ai pas renvoye aux US pour faire face a la justice comme cela se serait produit pour vous et moi. Et monsieur Polanski, 30 annees ou plus n'effaceront jamais ce que vous avez fait subir a cette enfant de treize ans. Donc plaider le lapse de temps ne sert a rien et tant mieux. Je suis bien sure desolee pour la jeune femme qu'est maintenant devenue cette enfant mais justice doit etre faite. Ce serait trop facile autrement. Faites les crimes que vous voulez, evadez-vous a l'etranger et d'ici quelques annees tout est pardonne??? Quel example!!! Polanski ou pas, devant les juges!

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